Farigoulle, Ambroise, Constantin
Biographie
Né le 4 floréal an IX (mais le 4 prairial an IX in Archives de Paris VK3 37 sur le registre de la mairie ; vers 1801 in Archives nationales F/1dIII/33) à Paris. Ancien canonnier de 1re classe au 2e régiment d’artillerie à cheval de Metz, congédié le 31 décembre 1827, « ayant eu l’honneur de servir l’empereur Napoléon Ier pendant les dernières années de l’Empire » précisait-il, devenu compagnon maçon. Il se battit à la Grève, prit le poste des Suisses de la place Saint-Thomas-d’Aquin, avec Baduel, élève de l’Ecole polytechnique, servit une pièce de canon à la prise de la caserne de Babylone, puis s’empara du poste du parc aux Moutons, qu’il tint pendant dix jours. Il était porteur de plusieurs certificats qui retraçaient sa participation à ces différents combats. Le premier était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Ambroise Farigoul, ex-canonnier de 1re classe du 2e régiment d’artillerie à cheval, était de mon détachement à la Grève, entre le Pont-Neuf et le pont Rouge, que, le lendemain, après s’être emparé du poste de Saint-Thomas-d’Aquin, comme l’attestent ses certificats, je l’ai vu à la prise de la caserne des Suisses se distinguer comme un des plus braves citoyens. Il faisait le service de la pièce et, n’ayant plus de munition, il s’est défendu vigoureusement avec son fusil, qu’il n’a pas quitté le général (?) de toute la journée que pour venir avec moi prendre le poste du parc aux Moutons, qui était le plus urgent puisque l’ennemi devait redoubler (?) ailleurs sur Paris et qu’il ne pouvait déboucher suivant ces positions il a occupé ce poste avec ses braves camarades, qui ne m’ont pas quitté pendant dix jours consécutifs. » Signé, le 15 août 1830 : Ledru, (voir Ledru, Louis, Charles, Marie), chef du poste du parc aux Moutons, entrepreneur de maçonnerie, demeurant 10, rue du Petit-Vaugirard ; Massot, élève de l’Ecole polytechnique (pas trouvé sur les listes) ; Constant-Georges (voir Constant, Georges, Jean, Louis), chef de poste, demeurant 24, rue de la Chaise ; Delaruelle, Jean-Jacques Rousseau (voir ce nom), demeurant 22, rue de Verneuil, qui ajoutait avoir été blessé à la prise de la caserne et avoir servi avec lui la pièce de canon qui était pointée contre la caserne ; Perrasset, Jean, Georges (voir ce nom), demeurant 96, rue de Sèvres ; Auvray (voir Auvray, Louis, Antoine, Gratien), demeurant 49, rue Notre-Dame-des-Champs : Arnaud, A. (voir Arnaud, Jean-Joseph, André), médecin, « qui a pansé les blessés à Babylone », demeurant 30, rue du Regard ; Lobniel illisible chef de bataillon provisoire dans la Xe légion. Le deuxième était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, propriétaires et habitants du quartier Saint-Thomas-d’Aquin, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Farigoul (sic), Ambroise, Constantin, ex-canonnier de 1re classe du 2e régiment d’artillerie à cheval congédié à Metz, le 31 décembre 1827 et depuis exerçant la profession de compagnon maçon, est le premier, avec un élève de l’Ecole polytechnique, qui se soit présenté au poste de la place Saint-Thomas-d’Aquin, où, après avoir sommé les Suisses de se rendre et n’en ayant reçu aucune satisfaction, a fait feu, en a tué un, a fermé les portes, est entré à la baïonnette, a fait poser les armes aux autres, qu’il a conduits, prisonniers, au passage Dauphine, ce qui a facilité une grande partie des habitants de Paris de se procurer des armes qui ont servi à la prise de la caserne de Babylone (sic). » Signé, le 5 août 1830 : Millard ; Blot, J., J., H., électeur du 6e collège ; Hamies ; Haseine ; Arnaud, A., médecin, demeurant 30, rue du Regard. Le troisième était ainsi rédigé : « Il est à notre connaissance que le sieur Farigoul, Ambroise, Constantin a constamment été au service depuis le jour de la prise de la place Saint-Thomas-d’Aquin au poste du parc aux Moutons, pendant dix jours consécutifs, que sa conduite, jointe à sa belle action et à l’intrépidité qu’il a déployée d’après les certificats dont il est porteur lui méritent des droits au grade dans les corps qu’il lui plaira, que son intention est d’être admis dans l’une des colonnes mobiles qui s’organisent à Paris aujourd’hui. » Signé le 7 août 1830 : Wirtz, chef de bataillon provisoire de la Xe légion. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux (sous le seul nom de Farigoulle sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, en août 1830, le certificat suivant en faveur de Gigout, Frédéric : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Gigout, Frédéric, demeurant rue de Beaune n° 37, s’est conduit d’une manière digne d’éloges dans les jours de notre révolution et principalement le 28 juillet 1830. Il est sorti de chez lui, armé d’un fusil et chargé de munitions. S’étant embusqué sur le toit de la maison neuve rue de Beaune n° 2, il dirigea ses coups de fusil sur les assaillants postés aux Tuileries, pavillon de Flore, qui tiraient sur le peuple placé à l’extrémité du pont Royal. Le 29 au matin, il sortit de chez lui et se dirigea vers la caserne de Babylone, où il fit le coup de feu jusqu’à la prise de cette caserne. Durant l’action, une balle perça au bras droit sa chemise et son bourgeron. Sa présence étant inutile à la caserne, il se rendit dans sa famille et le même soir il monta la garde aux abattoirs de Sèvres et les jours suivants il fit son service en bon citoyen. » Il signa, le 26 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Hubert, Martin, Pierre, Claude et de Jean-François, Michel, Marie Lebouc, quand ces derniers tentèrent de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie, d’après les renseignements qui m’ont été donnés par plusieurs voisins, notamment par les personnes habitant la maison n° 7 rue Traverse, que les sieurs Martin, Pierre, Claude Hubert et Jean-François, Michel, Marie Lebouc se sont comportés d’une manière digne de bons patriotes dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, et qu’ils méritent tous deux les marques d’honneur de tous bons Français. Ces deux braves ont déposé des certificats à l’ancienne commission, qui ont été égarés, ne pouvant les reproduire à celle-ci pour pouvoir obtenir ce que leur dévouement leur ont incontestablement mérité ; ils étaient armés tous les deux et ont été blessés. » On trouve la trace de Farigoulle dans le certificat suivant, signé, le 21 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Landoin, Laurent, Etienne, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les soussignés certifient que le sieur Laurent, Etienne Landoin, demeurant à Vaugirard, rue de Sèvres n° 80, a combattu dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier à la défense de nos libertés et s’y est comporté avec bravoure. Il lui fut délivré, dans les temps, un certificat de ces faits signé par MM. Ambroise Farigoul (voir Farigoulle, Ambroise, Constantin), Deletré (rechercher le nom), Chatain (rechercher le nom), Menadier (rechercher le nom), Chanu (voir Chanut, Jean-Louis), Haudebert (voir sans doute Haudebert, François ?), Coindet (voir sans doute Coindit, Pierre, Civé ) et Levron (voir ce nom il est donc décoré de Juillet ?), tous décorés de Juillet, lequel certificat a été remis à la Commission des récompenses nationales et qu’elle a égaré. » Il prêta son serment le 24 juin 1831 et reçut sa croix le 24 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 58e de ligne. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Favigoulle, Ambroise, Constant), auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il est sur une liste de décorés parmi lesquels le préfet de la Seine devait choisir quarante-huit décorés, pour composer la délégation de décorés qui devaient assister, le 27 juillet 1831, aux cérémonies commémoratives de la révolution, qui eurent lieu à la Bastille puis au Panthéon. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné (il signe la liste d’émargement du nom de Farigoul). En 1838, son père infirme à charge, « manquant du nécessaire », il sollicita un secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier carreleur. Il vit en concubinage avec une femme, qu’il est sur le point, dit-on, d’épouser. On ne lui connaît point d’autres ressources que son travail. Il passe pour très laborieux mais sa position n’est pas aisée attendu qu’il a été sans ouvrage pendant l’hiver. Il tient une conduite tranquille. » Il reçut, cette année-là, un secours de quarante francs. Il reçut un secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs en 1841. En 1842, la police rapportait sur son compte : « […] Célibataire, ouvrier maçon, n’a pas travaillé pendant une partie de l’hiver à cause d’une longue maladie qu’il a faite. Les renseignements ne lui sont pas défavorables. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs puis un secours de quarante francs en 1842. En 1843, il sollicita des secours et reçut un secours de vingt-cinq francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1844, un secours de quarante francs en 1845. En 1846, il sollicita un secours et reçut vingt-cinq francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1846, un secours de vingt-cinq francs en 1847. En 1848, il sollicita un secours. Il reçut un secours de quarante francs en 1849. Il reçut une allocation de quarante francs en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1850, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Célibataire, est un ancien militaire qui a été maréchal des logis dans la garde municipale. Il est concierge de la maison qu’il habite rue de Sèvres n° 128. Il a avec lui une femme qui travaille de son état de blanchisseuse de fin. Le sieur Farigoule n’est pas heureux. Il ne s’occupe pas de politique. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, deux secours de soixante-quinze francs en 1851, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1852, il sollicita un secours. La police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ancien militaire, qui, n’ayant point de profession réelle, utilise son temps à des travaux de terrassement de maçonnerie ou de menuiserie, qui, à cause des chômages assez fréquents, lui rapportent peu de chose. Célibataire, il vit maritalement avec une ouvrière qui travaille de temps à autre chez des blanchisseuses de gros, où ses journées sont fort peu payées. Ils ont un enfant à leur charge et sont dans une position assez difficile. On n’entend jamais le sieur Farigoule s’entretenir de matières politiques et l’on ne recueille que des renseignements favorables sur son compte. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1852, un secours de soixante-quinze francs en 1853, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1854, se disant « dévoué sincèrement » à l’empereur Napoléon III, il sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1855, il sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1856, « affligé depuis plusieurs mois d’une maladie qui lui a rendu tout travail impossible et par conséquent le réduit à une position tellement précaire », il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier maçon, il travaille actuellement chez M. Gibert, son propriétaire, où il gagne trois francs par jour. Il habite depuis vingt ans rue de Sèvres n° 114, paie régulièrement son loyer qui est de cent francs par an. […] Célibataire, son intérieur annonce un ouvrier dans l’aisance. Les renseignements obtenus sur sa conduite et sa moralité le font considérer comme un honnête homme. On le dit loin d’être dans le besoin. Il est médaillé de Juillet. Il n’est nullement malade et ne l’a pas été. » En 1858, il sollicita des secours. Il demeurait 128, rue de Sèvres à Paris en 1831 ; 40, rue de Varennes en 1836 ; 41, rue Blomet puis 59, rue de Sèvres en 1838 ; 114, rue de Sèvres (ancien 128, rue de Sèvres), au coin de l’avenue de Breteuil, en 1836-1856 (en 1842, la police le disait demeurant 1, passage Saint-Charles à Vaugirard) ; 80, rue de la Procession à Vaugirard en 1858. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VK3 37, idem Décorés de Juillet pour la députation, liste de quarante-huit citoyens qui ont été désignés par le sort pour les cérémonies du Panthéon et de la Bastille, idem état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 44 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom de Farrigoulle, Ambroise, Constantin) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 80, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 (sous le nom de Farigoule, Ambroise), idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852 (sous le nom de Farigoule, Ambroise) ; Archives de la préfecture de police AA 389 in dossier Gigout, Frédéric ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Hubert, Martin, Pierre, Claude ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Landoin, Laurent, Etienne.