Favre, Adolphe
Biographie
On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « [Dans les combats en face de l’Hôtel de ville, le 28 juillet] Au nombre des citoyens qui se distinguèrent, sont MM. Victor Chevallier, commis négociant et Massot, avocat ; les jeunes Etienne Boulin, de Rouen, et Adolphe Favre, de Lille, M. Fumeran peintre paysagiste, Durocher (de Lyon), Victor Baltar, Raveau fils, MM. Murat et Montessuy, élèves de l’Ecole des Beaux-Arts, Harvé, graveur, furent blessés, le premier en combattant vaillamment sur le pont d’Arcole. On vit un étudiant en médecine, M. Hippolyte Daniel, se précipiter, au milieu d’une grêle de balles, au secours des braves atteints par le feu des royalistes. » « Dans la matinée du mercredi 28 juillet, les nommés Etienne Boulin, de Rouen, et Adolphe Favre, de Lille, étaient sur le quai qui est entre celui aux Fleurs et le pont conduisant à la place de Grève, près d’un groupe de peuple armé de bâtons, cannes, sabres, pistolets ou fusils, et qui commençait à se débander par le feu d’une compagnie de la garde qui s’était séparée de son bataillon pour venir la disperser. Le jeune Fabre saisit le fusil de l’un de ces braves citoyens qui venait de tomber à ses côtés, et perçant leurs rangs, il s’écrie : “Mes amis, en avant ! c’est la Charte qui nous défendons ; mourons, s’il le faut, mourons pour elle ! en avant !” Il s’élance, le peuple se précipite, comme entrainé, sous le feu de la fusillade de cette compagnie de la garde, qui est bientôt obligée de se replier sous le bataillon qu’elle venait de quitter. Et Boulin, que l’action héroïque de son généreux ami avait enthousiasmé autant que rempli d’admiration, s’empara du fusil de l’un de ces sublimes citoyens qui venait de payer sa dette à la patrie, et vola sur ses pas. Les balles sifflaient de toutes parts ; aucune ne le toucha : une seule traversa le pantalon du jeune Favre, sur le côté droit du genou gauche. Tous deux se trouvaient aussi dans la même journée, en tête d’une dizaine de citoyens, à l’affaire du poste vis-à-vis Saint-Sulpice, qui a été obligé de fuir après avoir brûlé quelques cartouches. On les vit encore le lendemain à l’attaque de l’Archevêché, où ils s’attachèrent à maintenir l’ordre ; ils furent des premiers à exprimer le désir que le linge et l’argenterie fussent portés à l’Hôtel-Dieu. On sait que leur vœu généreux fut accompli. » Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 342 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 305-306.