Favre, Jean-Louis
Biographie
Né le 23 mars 1775 à Paris. Ancien militaire, blessé au siège de Toulon, devenu cordonnier. Il présenta devant la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février l’exposé suivant de combats en faveur de la république (le texte étant très difficilement lisible) : « […] Depuis 1833, je n’ai cessé de conspirer contre le gouvernement oppresseur et parjure. Savoir : 1°) avoir tenu dans mon domicile des assemblées secrètes et j’ai assisté dans différentes assemblées tantôt dans mon quartier tantôt dans un autre, partout où j’étais convoqué. 2°) d’avoir refusé la décoration de Juillet parce que je prévoyais les funestes suites du gouvernement placé sous la souveraineté des barricades et dont je prévoyais qu’il fallait qu’il retombe par les barricades, heureusement donc que j’avais prévu et refusé. 3°) J’ai pris part aux différents banquets qui ont eu lieu à Châtillon et autres. 4°) J’ai pris part à l’affaire du 12 mai 1839 et le 13 nous tînmes assemblée chez moi le matin. Il fut délibéré de renoncer, voyant l’impossibilité d’une victoire pour le moment. 5°) J’ai fait partie des rassemblements du boulevard Bonne-Nouvelle, avec le citoyen Jules Bourson (illisible), concernant l’abolition de la peine de mort pour le brave citoyen Barbès, où j’ai manqué de périr, sur le pont de la Concorde, par un sergent de ville et après par un garde municipal, dont un imprudent de mes collègues vint annoncer ma mort à mon épouse. 6°) Jai signé les pétitions contre les forts et sur la réforme électorale et parlementaire. 7°) Le premier comité de réforme électorale a été formé chez moi, instituée par le citoyen Delaitre, où je fus nommé président et de là nous avons nommé le comité du (ancien) XIIe et les trois autres comités d’arrondissement, que j’ai présidé le quatrième pendant cinq fois et où j’ai été remplacé par le citoyen illisible. 8°) La révolution du 24 février vint d’avoir lieu. J’ai pris part dans les affaires, autant que mon courage et mon âge m’ont permis de le faire. Je me suis trouvé avec le citoyen Grégoire et le citoyen Brandon, rue de l’Arche… et le citoyen Quenel, rue des Barres, n° 18. 9°) Plus le 10 décembre 1843, j’étais dans toutes les charges pour le citoyen Marchau… à l’Institut de France pour l’achat des fusils nécessaires à une attaque… illisible… et j’avais loué un local situé dans les deux vieux moulins pour la fabrication de la poudre, dont j’ai donné congé au moment où je fus prévenu par le citoyen Brouze, demeurant faubourg Saint-Antoine et par suite de ces événements et par le manque de travail, je me trouve avoir congé avec un commandement en dettes de trois termes et tous mes effets au mont-de-piété, sans appui que l’espoir de votre bienveillante protection auprès de ce bon citoyen attaché auprès du gouvernement, sur lequel est fondé toute mon espérance. Veuillez agréer, etc. » Il fut recommandé par la Commission pour une pension de 1re classe. Il signa, le 1er avril 1848, le certificat suivant en faveur de Brandon, Léon, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, certifions avoir vu le citoyen Brandon, dans les journées des 23 et 24 février, armé d’un fusil et défendant les barricades des rues Saint-Germain-l’Auxerrois, de l’Arche-Pepin, de la Monnaie et des rues de l’Arbre-Sec et du Roule. Nous attestons en outre l’avoir vu également à la prise du Palais-Royal, essuyant le feu de la troupe. » Il était marié en 1848. Il demeurait 17, rue des Lyonnais en 1848. Archives nationales F/1dIII/88 ; Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Brandon, Léon.