Favre, Louis, Ferdinand
Biographie
Ancien fourrier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier : « Je certifie moi, Gustave Provenchère, rue Cardinal n° 6 l’ numéro n’est pas sûr), que le nommé Louis Favre, de la compagnie (dite Bauvais) était avec nous les 27, 28 et 29, qu’il ne nous a pas quittés, que nous l’avons nommé notre chef que d’après la bravoure qu’il a démontrée, surtout le 28, qu’il ne nous a pas quittés d’un seul instant au moment de l’action au péril de sa vie, qu’il s’est montré à Saint-Cloud et à Rambouillet de la même manière. » Signé, le 8 août 1830 : Provenchère, Gustave ; Fontanier Lagar…, ayant fait partie de ladite compagnie. Le deuxième : « Je, soussigné, Larroire, sergent à la 1re compagnie de grenadiers au 3e régiment d’infanterie de l’ex-garde, certifie que le nommé Louis Favre, chef d’une compagnie (dite Bauvais) s’est précipité le 28 juillet sur moi au moment d’une action arrivée au poste du Palais-Royal ; me trouvant détaché et placé au coin du Théâtre-Français avec douze hommes pour garantir l’enlèvement des armes du sieur Lepage, arquebusier ; me sommant aussitôt de lui rendre nos armes, je lui ai répondu que je n’avais point d’ordre à cet égard, que je défendis aux soldats que je commandais de tirer sur eux malgré les ordres précis que j’avais reçus, qu’à cet instant il s’éloigna à peu de distance, se préparant à tirer sur nous. Réfléchissant subitement que je ne devais me défendre que contre les ennemis véritables de la France, je me suis tourné vers lui et suivit la cause commune de la défense de notre glorieuse patrie. » Signé : Larroire, sergent, ex-garde, demeurant 2, rue de Grétry. Le troisième : « Je certifie que le nommé Louis Favre était le 30 juillet à la tête d’une compagnie. » Signé, le 2 septembre 1830 : Levacher. Le quatrième : « Je certifie que Louis Favre était le 29 juillet à la tête d’une compagnie. » Signé, le 2 septembre 1830 : Bonsergent. Le cinquième : « Je certifie que le nommé Louis Favre est arrivé à la tête de la compagnie de Bauvais, au moment où j’étais de service l’Hôtel de ville, porteur d’ordonnance pour le général Lafayette. » Signé, le 4 septembre 1830 : Mignan, sergent de grenadiers au 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale ; Chantepuis, grenadier au 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Favre partit ensuite en Belgique pour aider les révolutionnaires belges ; on trouve, en effet, dans son dossier une lettre, datée du 7 octobre 1830 et adressée par Erhard à Hooghvorst, et ainsi rédigée : « Permettez-moi de vous recommander un brave qui a combattu dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, à la tête de deux cent cinquante hommes, pour notre belle cause, et, en attendant la récompense nationale que la France doit lui décerner, il désire offrir ses services aux braves Belges qui font notre admiration, lesquels sauront aussi bien que nous vaincre pour leur liberté ; et nous tous, bons Français, nous faisons des vœux pour le salut de vos chers compatriotes et de votre belle patrie. Je ne connais le sieur Favre que depuis que j’ai été nommé délégué pour le (ancien) Ier arrondissement municipal de Paris pour recueillir les faits mémorables mais j’ai tout lieu de croire qu’il se distinguera en bonne conduite comme en bravoure. Il espère pouvoir emmener avec lui beaucoup de ses camarades et moi je regrette de ne pouvoir être de ce nombre. Daignez, etc. » Signé : Erhard, ancien capitaine d’artillerie, demeurant rue de la Paix, hôtel de Hollande. Ses droits furent méconnus par la Commission des récompenses nationales puisque, en août 1831, il faisait parvenir son dossier à la nouvelle Commission, dite des réclamants de Juillet, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, expliquant ainsi ses griefs : « […] L’ancienne Commission ne m’a jamais ni appelé ni écrit, quoiqu’ils savaient fort bien ce que j’avais fait et l’argent que j’ai déboursé. Et je vois des décorés, qui n’ont pas fait le dixième de moi. Quand j’ai fait mes réclamations, ils m’ont dit qu’ils ne savaient pas si j’étais mort ou vivant et jugez que je leur ai dit que je partais pour aller combattre en Belgique pour la liberté, n’était-ce pas une raison de plus pour ne pas m’oublier. Mais non ! ces messieurs, prétendus patriotes, avaient leurs créatures, des héros de cave, et les vrais combattants auraient eu honte d’aller mendier une protection ou suffrage car ils comptaient sur la Commission pour les avertir et les récompenser. Mais c’est une tache dont ils ne pourront jamais s’effacer. J’espère que la nouvelle saura récompenser le vrai brave et non l’intrigant. Je suis, etc. » Favre demeurait 44, rue du Mont-Blanc puis 1, rue des Mathurins à la Chaussée d’Antin en 1830. Archives nationales F/1dIII/88.