Fay, Jean
Biographie
Né le 25 prairial an II à Paris. Employé garçon de bureau aux appointements de mille francs par an. Au moment où il barricadait la porte, pour assurer la sûreté des bureaux des contributions directes, le 28 juillet, il fut atteint aux yeux par un éclat de verre provenant d’une balle qui avait cassé le carreau. Il fut atteint d’une cécité complète des deux yeux. Trois certificats permirent d’établir sa blessure et les circonstances dans lesquelles il avait été blessé. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, docteurs en médecine de la faculté de Paris, certifions que le nommé Jean Fay, demeurant place de l’Hôtel-de-Ville n° 8, a été blessé à sa porte par une balle ayant traversé une vitre, s’est dirigée sur l’œil gauche, d’où il est résulté paralysie du droit et cécité complète ; l’œil gauche est perdu totalement. » Signé, le 11 août 1830 : Barenton ; Berteaud. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Faye, garçon de bureau à la Commission des contributions directes de la Ville de Paris, où il domicile place de Grève n° 8, qui s’est dernièrement présenté chez moi pour me consulter, est aveugle par suite des effets qu’a produits la poudre qu’il a reçue dans les yeux pendant les glorieuses journées de Juillet. Après l’avoir examiné, je lui ai promis de lui donner mes soins sans aucune rétribution pendant quatre mois pourvu cependant que je reste encore tout ce temps à Paris, et comme il est une des victimes de la révolution, je lui promis de plus de faire tout ce qui dépendrait de moi pour qu’il recouvre la vue de l’œil droit ; je dis de l’œil droit car le gauche est perdu sans ressources. » Signé, le 14 septembre 1830 : ..., oculiste anglais et ancien oculiste du feu roi Louis XVIII. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, membres de la Commission des contributions directes de la Ville de Paris, certifions que le nommé Jean Fay, faisant les fonctions de garçon de bureau en remplacement de son père, âgé de quatre-vingt-quatre ans, a été blessé le 28 juillet dernier en veillant à la sûreté des bureaux et au moment où il barricadait les portes, par une balle qui l’a atteint à l’œil gauche et l’a frappé d’une cécité complète. » Signé, le 12 août 1830 : Gorjon ; Laffon de Ladibat illisible ; chevalier de Maupas ; Lendre. Il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il fut admis dans la 7e classe des blessés et pensionné de huit cents francs. Il lui fut accordé, en tant que blessé de la 7e classe, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il demeurait 8, place de l’Hôtel-de-Ville en 1813-1831 mais 49, rue de la Calandre in Archives nationales F/1dIII/36. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 60 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 55 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la VIIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 7e classe.