Felines, Etienne, François

Biographie


Né le 16 février 1788 à Alès (Gard), fils d’un « zélé patriote de 89, ayant fait la campagne de la Savoie en 1792 en qualité de grenadier volontaire dans le bataillon du Gard » puis président durant six mois de la Société populaire d’Alès, décédé en 1826 garde-magasin du timbre, et dont la veuve se vit refuser la pension de veuve, son mari n’ayant pas atteint, à un mois près, la période trentenaire de services pour l’admission à la retraite. Lui-même était un ancien employé des Finances, destitué à cause de ses « opinions libérales », et chargé d’une famille de sept personnes. Le 28 juillet 1830 le trouva détenu pour dettes à la prison de Sainte-Pélagie, et il en fut libéré vers midi. Il fut blessé d’un coup de baïonnette reçu à la cuisse droite (ça ne doit pas être lui…, l’autre Felines ?). En septembre 1830, il adressait la lettre suivante à Beaufrère, Narcisse (voir ce nom), délégué auprès de la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, pour relater la part qu’il avait prise aux combats : « N’étant arrivé qu’à midi de la campagne, où la crainte de la rigueur de mon créancier me force depuis quelque temps à rester, je n’ai pu me présenter ce matin chez vous. […] Comme le même motif m’oblige à m’abstenir encore demain, avant l’aurore, et qu’il me sera par conséquent impossible de me trouver à votre nouvelle invitation, je viens vous donner par écrit les détails qu’exige ma réclamation à la Commission des récompenses nationales. En sortant le 28 juillet de Sainte-Pélagie, où j’étais détenu par l’usure, je me suis joint avec plusieurs de mes compagnons d’infortune aux braves armés pour la liberté, dont j’ai toujours fait profession d’être un des plus zélés partisans. N’ayant d’abord qu’un bâton pour toute arme, je n’ai pu, quoique dans la mêlée, à la Grève, qu’exciter le zèle et l’ardeur des citoyens. Mais, ensuite, ayant trouvé moyen de me procurer un fusil et des cartouches, j’ai combattu de mon mieux dans la rue du Coq-Saint-Honoré et à l’affaire des Tuileries, où je suis entré avec le peuple. Je n’ai aucun certificat de ces faits mais je puis néanmoins facilement l’établir s’il est nécessaire, au moyen de personnes dignes de foi, qui attesteront volontiers m’avoir vu ainsi qu’il est vrai. » Il joignait le certificat suivant : « Nous, soussignés, attestons à tous qu’il appartiendra (sic) avoir vu le sieur Felines, Etienne, François, ex-employé, destitué sous le gouvernement déchu, combattre avec les citoyens armés pour la liberté dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet 1830. » Signé le 10 novembre 1830 : Marque ; Tourreil, C. ou P., demeurant 47, rue du Faubourg-Saint-Denis, qui ajoutait que Felines s’était « particulièrement distingué à l’affaire des Tuileries » ; Batt… illisible, demeurant 11, rue des Petites-Ecuries, qui attestait avoir vu Felines à l’Hôtel de ville ; Villas, marchand tailleur, demeurant 12, rue de Chartres, qui attestait avoir vu Felines « combattre avec les citoyens les 27, 28 et 29 juillet » ; Hetet, lieutenant de vaisseau en retraite du corps royal de la marine, chevalier de saint Louis, demeurant 25, rue de la Folie-Méricourt ; Imbert (peut-être chevalier ?), attaché à l’état-major de la place Vendôme, qui certifiait « véritable que M. Felines a pris part aux belles journées […] et qu’il a dévoué à sa personne pour notre belle liberté ». Il sollicitait la décoration et un emploi dans les Finances, comme l’occupant auparavant soit à l’administration des postes : percepteur, contrôleur des contributions directes, inspecteur ou contrôleur de loteries, vérificateur ou contrôleur des théâtres royaux, contrôleur des douanes ou d’impôts indirects, garde général des forêts, commissaire de police, sous-directeur des vivres, économe d’hôpitaux militaires, un emploi dans les subsistances ou dans la trésorerie des divers corps d’armée. Il reçut (sous le nom de Felings) un secours de vingt francs, le 4 octobre 1830 et (sous le seul nom de Felines), un secours de vingt-cinq francs le 15 décembre 1830, un secours de vingt-cinq francs le 15 janvier 1831, un secours de vingt-cinq francs le 15 février 1831, un secours de vingt-cinq francs le 15 mars 1831 auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830 (peut-être que c’est le suivant en fait… presque sûrement puisque lui ne dit avoir reçu que cent francs). Il déposa un dossier (le dossier est au nom de Felines, Etienne, François, Casimir mais lui-même se présente comme Felines, Etienne, François) devant la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un emploi dans les Finances. En septembre 1831, il protesta de n’avoir été ni décoré, ni pourvu d’un emploi, ni reçu une indemnité suffisante : « […] Malgré que j’en aie justifié à la Commission, il ne m’a été accordé qu’une modique indemnité de cent francs et […] ma demande en obtention d’emploi n’a pas été accueillie (suivant ce qui a été dit à l’honorable M. Delessert, député qui m’honore de sa bienveillance) à cause de ma position envers des créanciers et attendu la circonstance que je n’ai pas été blessé dans les mémorables journées ». En effet, Ternaux jeune, l’un des délégués pour le IIIe arrondissement, avait ajouté verbalement « qu’attendu la circonstance que l’exposant a déclaré avoir des dettes, la Commission n’avait pu le désigner pour aucune place. Felines objectait qu’il ne devait en tout que deux cent dix francs et qu’il n’avait pas demandé spécifiquement un emploi de comptable et qu’on pouvait lui confier des fonctions « non susceptibles de maniement d’espèces ». Il disait ne pas avoir été blessé. Felines apostilla ainsi la lettre que fit parvenir Vaisset, François à la Commission des Réclamants afin de faire valoir ses droits à une récompense honorifique : « Je certifie avoir vu M. Vaisset à la place Vendôme le 28 juillet 1830 après-midi, essuyant le feu du 5e de ligne dans le groupe des combattants pour la liberté. » Il demeurait 8, rue Sainte-Etienne-Bonne-Nouvelle en juillet 1830 ; 30, rue Poissonnière (mais une fois 27, rue Poissonnière in F/1dIII/88… et une autre fois bien 30, rue Poissonnière) en 1830-1831 ; sa mère, la veuve Felines, 11, rue des Petites-Ecuries en 1830 (lui-même donne parfois aussi cette adresse). Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 70 ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/88 (sous le nom et prénoms de Felines, Etienne, François, Casimir) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom et prénoms de Felines, Etienne, François) ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vaisset, François. In Archives de Paris VD6 277, dossier Bailly, Louis, Antoine, dans l’exposé de la conduite qu’il avait tenue pendant les journées de Juillet, intitulé Journées des 29, 30 et 31 juillet 1830, Bailly, Louis, Antoine parle d’un combattant qui participait avec lui à la prise du Louvre et qui pourrait être Felines, Etienne, François, ou Chignard, Louis, David, tous deux en effet détenus pour dettes à la prison de Sainte-Pélagie et libérés le 28 juillet. Bailly relate à son sujet : [A la prise du Louvre et des Tuileries, le 29 juillet] Je descends dans le Louvre, du côté du pont des Arts. J’engageai à faire une perquisition, tout le monde y consent, je place des factionnaires aux portes et à la grille. Je harangue de mon mieux les braves qui m’accompagnent ; tous me répondent que je peux compter sur eux et qu’ils ne quitteront pas leur place que je ne sois venu les remplacer. Un corps de garde est formé dans l’ancien. Tout le monde m’écoutait, j’étais moi-même étonné de commander. Un homme pris de vin dit d’un ton assez drôle : Sois tranquille, je ne bougerai pas de là. Je suis sorti ce matin de Sainte-Pélagie, où j’étais détenu pour dettes mais je n’en suis sorti que pour venger mon pays de toute cette canaille-là. Il était en habit marron et un fusil de chasse sur l’épaule […]. »

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