Felines, François, Louis, Justin
Biographie
Né le 16 mars 1797 à Alès (Gard), fils du président de la Société populaire d’Alès. Employé des finances, destitué en 1825, « sous le déplorable ministère Villèle […] encore sans place lorsqu’éclata la glorieuse révolution de 1830 ». Il fut admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité de cent vingt francs. En 1832, suite à l’épidémie de choléra, il fut nommé inspecteur des inhumations, fonctions qui cessèrent avec la fin de l’épidémie. Employé à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement en 1848. Il réclama dans ces termes à la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février : « […] Il participa activement aux mémorables journées de Juillet et y fut blessé à l’affaire des Tuileries (de telle sorte qu’il en est resté boiteux). […] Les réclamations qu’il fit à cette époque auprès de la Commission des récompenses nationales pour obtenir son remplacement, la décoration de Juillet et la pension, ayant eu lieu trop tardivement de sa part, pour cause d’empêchement légitime et justifié, il ne fut point porté sur la liste des personnes proposées et n’obtint qu’une indemnité de cent vingt francs. […] Mais en 1832, lors de l’invasion du choléra, ayant été très utile à la Ville de Paris, […], le citoyen de Bondy, alors préfet de la Seine, nomma l’exposant à la place d’ordonnateur des pompes funèbres, pour le récompenser de ses services. […] Il occupait cet emploi depuis neuf ans, à la satisfaction générale, lorsqu’en 1841, l’ex-préfet Rambuteau, auquel l’exposant déplaisait à cause de ses opinions réformistes, le fit descendre (sous le spécieux et ridicule prétexte d’avoir fait des convois en chapeau rond au lieu du tricorne obligé dans le service) d’un emploi de quatre mille francs à un de mille quatre cents, au bureau de bienfaisance, où il l’a laissé végéter pendant sept ans nonobstant les plus vives instances du citoyen Teulon, alors député aujourd’hui commissaire du gouvernement à Nîmes, pour l’amélioration du sort du soussigné, son compatriote, en sorte que par cet arbitraire et despotique procédé, l’ex-préfet Rambuteau causa la ruine entière de la modique fortune de l’exposant. […] Il a participé [aux journées de Février, N.D.A.] et concouru de tous ses moyens en travaillant aux barricades et en combattant avec le peuple pour le triomphe de la réforme. » Il sollicita de la nouvelle Commission « […] la décoration de juillet 1830, qui aurait dû lui être donnée ; une indemnité en dédommagement de la pension dont il a été privé et à laquelle il avait droit comme blessé ; de le proposer au citoyen maire de Paris, pour un emploi de directeur ou d’économe d’hôpital ou d’hospice, à titre d’avancement et en réparation de l’injustice dont il fut victime sous le gouvernement déchu ». Il joignait à sa demande deux certificats. Le premier, ainsi rédigé et présenté comme une copie (mais qui semble différente de la première in Felines, Etienne, François) : « Pour rendre hommage à la vérité, les soussignés certifient avoir vu M. Felines, ex-employé des finances, destitué sous Charles X, dans les groupes des citoyens armés pour le triomphe de la liberté et de la charte les 28 et 29 juillet dernier ; et certifions en outre être parfaitement informés que ledit Felines a combattu lesdits jours sur divers points et principalement à l’affaire des Tuileries, où il s’est comporté d’une manière distinguée et y a été blessé. » Signé, le 10 août 1830 : Tourreil, jeune, artiste dramatique, demeurant 47, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Lagarde, ex-employé des Finances, demeurant 41, rue de la Lune ; Villas, marchand tailleur, demeurant 12, rue de Chartres ; Hetet Joseph, lieutenant de vaisseau en retraite, chevalier de saint Louis, demeurant 25, rue de la Folie-Méricourt ; Lamarre fils, artiste, sergent dans la garde nationale. Le deuxième, ainsi rédigé : « Les soussignés, pour rendre hommage à la vérité, attestent avoir vu le sieur Felines, employé au bureau de bienfaisance au (ancien) IIIe arrondissement, les 23 et 24 de ce mois, dans les rangs du peuple armé pour le triomphe de la réforme. Certifions en outre être parfaitement informés que lesdits jours 23 et 24 février, ledit Felines a combattu sur divers points de Paris et principalement rue Saint-Honoré affaire du Palais-Royal, où il s’est comporté en bon citoyen. » Signé, le 28 février 1848 : Guinot, apprêteur de châles, demeurant 2, rue de Tracy ; Albert, artiste du cirque national, demeurant 15, rue Poissonnière ; Dugrosprez, Ch., ébéniste, demeurant 19, rue Rochechouart ; Gitter, pianiste, demeurant 17, rue des Gardes à La Chapelle ; Dumas, demeurant 19, rue Bellefond ; Audisio, employé. La Commission des récompenses nationales écrivit l’apostille suivante sur son dossier : « Il prétend avoir travaillé aux barricades en février et combattu avec le peuple pour le triomphe de la réforme. Pièces d’où il résulte qu’il aurait été victime des gouvernements précédents. Proposé pour le signe honorifique par l’ex-comité. » Il était marié et père de deux enfants, un de dix ans et un autre de vingt-trois ans mais sans état ni emploi, en 1848. Archives nationales F/1dIII/88. Il s’agit-il presque sûrement du même que le précédent, et il aurait changé ses prénoms… mais les deux dates de naissance sont différentes et bonnes pour les deux… il y a donc un problème…