Ferrès

Biographie


Il rappelait en ces termes sa participation aux combats de juillet : « Le 26 juillet au Palais-Royal avec mes confrères. Le 27. Sur les 11 heures du matin, rue Saint-Honoré et de Richelieu, avoir formé les premières barricades avec les voitures omnibus et citadines ; à 3 heures après-midi, entre les rues Pierre-Lescot et Bibliothèque, avoir reçu les premiers coups de feu et les charges de la gendarmerie, qui d’un coup de sabre coupèrent le cou à un jeune homme présumé élève en Droit, l’avoir enlevé avec mon camarade Cottat, aujourd’hui officier au 23e de ligne, l’avoir porté le long de la rue Saint-Honoré-Saint-Denis et être revenus sur les 7 heures à la Bourse. Avoir chassé les gendarmes de leur corps de garde, qui avaient refusé d’y recevoir un vieillard qui avait été tué d’un coup de fusil par le poste de la Banque. Le 28 au matin. Avoir parcouru la rue Saint-Antoine, avoir distribué des écrits contre le ministère Polignac chez M. Rigolot, n° 165, à MM. Pomera, Henry, marchands ébénistes du quartier et autres qui s’y trouvaient. Etre ensuite allé avec M. Rigolot dans la rue Popincourt, chez un armurier entre la caserne et la rue Saint-Ambroise où nous y savions des armes. Avec l’agrément du propriétaire, nous en prîmes et en donnâmes aux personnes qui se trouvaient à la porte. Nous fûmes ensuite à la place de Grève, il était midi. Nous nous divisâmes sur plusieurs points. Je fus posté rue du Mouton avec plusieurs autres dont je citerai M. Saboury rue du Temple, n° 36, le seul dont je me rappelle le nom. Après avoir fait une sortie sur la place, nous reçûmes une décharge de feux de peloton, qui nous fut faite par la garde du coin du quai de la Grève. Cette détonation épouvanta mes compagnons parmi lesquels se trouvèrent plusieurs blessés et occasionna leur retraite dans leur première embuscade. Je restai seul au milieu de la place et ne me retirai qu’après avoir essuyé une grêle de balles, qui me força de me replier. Je revins à la charge en encourageant mes camarades de me suivre. Aucun n’osa et c’est d’après leur refus que j’eus quelques difficultés avec eux. Je les quittai et, en me dirigeant sur un autre point, je fus pris par la garde royale, qui me conduisit au marché des Innocents, où les officiers du 6e régiment firent aussitôt mon procès. Je devais être fusillé. Si le général qui commandait n’en avait ordonné autrement ; il me fit garder par deux sous-officiers dont un sergent-major et un sergent, et lorsque le bataillon fit un mouvement sur le soir pour se diriger vers le pont des Arts, je fus placé au milieu et mes gardiens ne lâchèrent pas un instant mon collet d’habit (j’étais en habit noir et un crêpe au chapeau). Arrivés au pont nous trouvâmes les Suisses couchés le long du quai du Louvre. Les officiers se demandaient ce qu’on allait faire de moi. On en référa au général, qui me fit conduire par son aide de camp à l’état-major de la garde royale, place du Carrousel où par mon adresse j’eus le bonheur de m’échapper. Le 29. Rue Fromenteau avec les Suisses, après-midi rue de la Bibliothèque et rue du Coq jusqu’à notre entrée au Louvre où le régiment de la Charte avait conservé un poste qu’il avait pris aux Suisses. Le 2 août, nous avions deux pièces de canon et un caisson. Nous fûmes à Rambouillet sous les ordres d’un officier de chasseurs à cheval qui commandait le bataillon. Arrivés à Sèvres, il fut fait une distribution de vin à toute la troupe qui avait fait halte devant la grille du parc de Saint-Cloud par les soins des habitants. Nous nous remîmes en route et arrivâmes au camp. Il était 11 heures du soir. » Ferrès fut ensuite placé comme capitaine au 1er régiment de la Charte, décision confirmée en date du 4 septembre 1830 par le ministère de la Guerre. Ce régiment dissous quelques jours plus tard, les sous-officiers et soldats furent envoyés dans divers régiments et les officiers restèrent sous les ordres du général Fabvier, qui nomma une commission, dont le colonel Arnaud fut nommé président, afin de constater les faits de chacun pendant la révolution. Un travail fut envoyé au ministère de la Guerre afin de placer les soldats d’après les désirs que chacun manifesterait. Presque tous furent placés dans l’armée, et Ferrès fut nommé sous-lieutenant au 38e de ligne. Du fait de ce travail, la commission se trouva dissoute et ne put plus s’occuper des officiers du régiment de la Charte et faire un travail particulier qui aurait été envoyé à la Commission des récompenses nationales pour faire obtenir à ceux qui le méritait la décoration de Juillet. Ferrès n’obtint donc pas la décoration qu’il pensait avoir méritée. En 1831, il la sollicita auprès du président du Conseil. Il avait reçu (sous le nom de Ferret) trois cents francs auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, comme secours et somme à valoir sur son indemnité de première mise d’équipements. Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/55. Voir sans doute Ferret, Jean-Claude ?

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