Fichet, Alexandre
Biographie
Serrurier-mécanicien. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin de faire valoir ses droits à la décoration : « Le 28 juillet dernier étant sur la place de la Bourse, un groupe très nombreux, qui demandait des armes, s’écria qu’il y en avait à la Bibliothèque royale, dans les caves et les greniers. […] On accusait l’administration de la Bibliothèque […] de ne pas vouloir en donner. L’on se disposait à l’assiéger. […] Craignant de l’effervescence de cette multitude quelques dégâts, […] j’ai demandé la faveur de les aller demander seul. Je me suis transporté à la bibliothèque, en demandant le chef de l’administration, qui se nommait M. Van Praet. Je lui ai dit que s’il avait des armes, qu’il me les donne et que je me chargeais de les distribuer, ensuite de faire poser un factionnaire des nôtres à la porte cochère. […] L’on me livra environ trois cents lances ; j’ai armé une partie de mon quartier, j’ai porté l’autre partie à la Bourse. […] J’ai sauvé également les deux bureaux de l’architecte de la chapelle de l’ancien opéra et celui du maître maçon et j’ai posé un des premiers le drapeau tricolore sur cette même chapelle. Je suis allé à la Banque en troupe avec M. Igonet (voir Higonnet, Guillaume, Philippe ?) et partout où je croyais être utile (J’ai suivi M. Degousée et M. Igonnet à la caserne des Petits-Pères et à la Banque et rue Saint-Honoré, partout où ils se sont trouvés, dans une autre lettre N.D.A.). Pendant que je défendais la cause des libertés publiques en vrai Français, mon épouse, animée des mêmes sentiments, donnait aux malheureux blessés tous les soins qui pouvaient dépendre d’elle. La première journée, j’ai forgé des piques pour donner à ceux qui n’avaient que des bâtons. Sa lettre était apostillée par Van Praet et Jomard, conservateurs de la Bibliothèque, qui certifiaient les faits avancés par Fichet ; Malpièce, architecte du gouvernement et architecte du monument funéraire de la rue de Richelieu, qui certifiait que Fichet avait « empêché de commettre aucun dégât à ce monument et aux bâtiments qui en sont la dépendance ». Degousée, François, Joseph (voir ce nom) apostillait ainsi la demande : « Je connais depuis longtemps le patriotisme de M. Fichet et peut attester ce qu’il énonce. De plus qu’il a été un des plus ardents à soutenir les efforts de ses camarades et encourageait tout son quartier en leur donnant des armes. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il délivra, en novembre 1830, un certificat en faveur de Vielle, Charles, François mais incompréhensible : « Je certifie que le sieur Vieille était avec moi lorsque je délibérais le leure (le gras est incompréhensible) de la bibliothèque. » En 1830, il était grenadier au 4e bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Il demeurait 5, rue Rameau en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 in dossier Vielle, Charles, François ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille, IIe arrondissement.