Fichon, Joseph, Julien
Biographie
Né au Mans (Sarthe). Bachelier ès lettres, ancien professeur, il contribua, le 26 juillet, au soir, à incendier le corps de garde de gendarmerie sur la place de la Bourse et, le 27, ne cessa de lire en public et à haute voix les journaux le Constitutionnel, le Patriote et le National, puis combattit dans la rue Saint-Martin, d’où il rentra légèrement blessé. Il aida aussi à dépaver la rue de la Fontaine-au-Roi pour construire la barricade, construction au cours de laquelle il fut légèrement blessé par la chute d’un pavé. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de la rue de la Fontaine-au-Roi à Paris, certifions à qui il appartiendra que M. Joseph, Julien Fichon, natif du Mans, domicilié à Limoges maintenant dans notre capitale s’est montré pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 comme soutien de la liberté ; qu’il est rentré chez lui, contre son ordinaire très tardivement le 27, légèrement blessé. Nous attestons en outre que pendant ces trois jours il n’a cessé de lire en public à haute voix les journaux patriotiques tels que le Constitutionnel, le Patriote et le National, qu’il s’efforçait d’inculquer dans l’âme de ses auditeurs les sentiments dont lui-même paraissait animé. Il est aussi à notre connaissance qu’il a travaillé à dépaver notre rue et à former des barricades ; que dans cet enthousiasme d’être favorable à la nation, un jeune homme lui a laissé tomber un pavé sur la jambe, qui l’a privé d’un de ses vêtements par la déchirure qui s’en est suivie. » Signé, le 10 septembre 1830 : Grolhier, demeurant 48, rue de la Fontaine-au-Roi ; Dainvelle illisible, demeurant 48, rue de la Fontaine-au-Roi ; Allain, ancien ingénieur, demeurant rue de la Fontaine-au-Roi ; Godard, demeurant rue de la Fontaine-au-Roi ; Chrétien, demeurant 26, rue de la Fontaine-au-Roi ; Lenoir, ébéniste, demeurant 37, rue de la Fontaine-au-Roi. En 1831, il était père de famille, et dirigeait le pensionnat de Chambon (Creuse) ; il sollicita d’être sur les listes des braves qui avaient mérité la médaille. Il demeurait rue de la Fontaine-au-Roi en juillet 1830 ; à Chambon, où il était directeur d’un pensionnat, en 1831. Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Creuse (où son dossier est apostillé Décoration spéciale).