Floriot, Symphorien, François
Biographie
Né le 27 septembre 1801 à Pouilly (Haute-Marne). Marchand de vin. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il apostilla, le 13 octobre 1830, le certificat suivant délivré par Lebœuf (voir Lebœuf, Edmond), en faveur de Thévenay, François : « Je, soussigné, certifie que le sieur Théveny, François (sic) se trouvait à la prise des armes du dépôt du 1er régiment de l’ex-garde et à l’attaque de la caserne de Babylone. » Ajoutant : « Je soussigné, certifie que le sieur Théveny, François (sic) se trouvait à l’attaque de la caserne de Babylone. Il paraît ne pas avoir quitté le fusil pendant nos grandes journées. » Il apostilla la réclamation de Nicolle, qui, non compris sur les listes des décorés parues au Moniteur, réclamait, en date du 11 septembre 1831 dans une lettre adressée au roi, la Croix de Juillet. Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il fut arrêté, le 25 février 1834, avec : Petitjean ; Guernon ; Efrahem ; Poyé, Jean, Augustin, demeurant 19, rue de Cléry ; Torrès. Tous, prévenus de complot et incarcérés à la prison de La Force, demandèrent, le 2 mars 1834, leur transfert à la prison de Sainte-Pélagie. Ils adressèrent la lettre suivante au préfet de police : « Nous ne voulons point rechercher les causes qui vous ont déterminé à nous faire enlever du sein de nos familles dans la matinée du 25 février dernier. Nous ne venons réclamer de vous qu’un acte de justice. Tous pères de famille, séparés de nos femmes et de nos enfants, avec lesquels nous ne pouvons avoir ici que des relations trop pénibles, traités d’après le régime rigoureux établi dans une maison qui ne devrait être destinée à des prisonniers politiques en prévention surtout, nous avons le droit d’attendre de votre équité que vous ordonnerez notre transfèrement en la maison de Sainte-Pélagie avec l’un de nos compatriotes Efrahem, qui depuis trois jours est ici à l’infirmerie. » De son côté, Poyé, adressa la lettre particulière suivante au préfet de police : « Le sieur Poyé, Jean, Augustin, marchand de vin, rue de Cléry n° 19, arrêté à domicile le 25 février, a l’honneur de vous exposer ses réclamations. De vous seul M. le préfet dépend son élargissement de La Force. Je vous jure sur l’honneur que je ne me suis mêlé de rien, même ne pas avoir sorti que le dimanche pour l’achat d’une pièce de vin, que j’ai achetée cent trente-cinq francs à un sieur Duvilain, boucher rue de Londres (ou de Lande illisible). J’attends de votre bonté, monsieur le préfet, en raison de ma soumission et de mon innocence, que vous vouliez avoir égard à ma position de commerçant et d’une mère aveugle, de ma femme, d’une belle-sœur de vingt-huit ans qui est imbécile, une autre de quatorze ans qui est en apprentissage. Je suis le seul soutien de ma famille. Je peux espérer que tant de considérations vous feront décider à avoir quelque considération pour toutes ces victimes. Malgré toutes les choses qu’on puisse dire de vous j’ose espérer que vous prendrez ma demande en considération et que vous m’accorderez cette grâce que je sollicite de votre bonté. Vous serez béni par toute ma famille et par moi, qui n’oubliera jamais tant de bonté de votre part. Le nom de Floriot réapparaît dans l’affaire Fieschi. Il était alors limonadier. Pepin lui rendit visite, le matin du 28 juillet 1835. Il en fit l’aveu au procès : « Je fus chez un nommé Lyon, à qui j’ai prêté de l’argent pour travailler de son état ; il est assigné. J’y restai à peine deux minutes. Je fus de là chez un sieur... je ne me rappelle pas son nom, un homme que j’ai établi aussi, et qui me doit environ cent écus. Il demeure dans la rue Neuve-Sainte-Geneviève [peut-être Neuve-Guillemin en fait]. Il est parti pour l’Angleterre avec cette créance, et je ne sais même pas s’il ne m’a pas désobligé dans une maison où je l’avais recommandé. C’est un ancien détenu politique ; il a voulu s’établir en sortant de prison ; je lui ai prêté de l’argent ; il m’a fait de grandes promesses de ne pas me faire perdre ; je l’ai de plus recommandé chez un négociant pour avoir des marchandises à crédit, et je ne sais s’il n’a pas laissé des dettes dans cette maison. Je crois qu’il est parti le 25 ou le 27. J’avais dans mon portefeuille un effet qu’il avait laissé protester, et j’allais en réclamer le montant. » Il avoua, le lendemain, que l’homme en question était Floriot et le confirma dans ses révélations faites quelques heures avant d’être exécuté : « En ce qui concerne la course que j’ai faite au faubourg Saint-Jacques, le 28 juillet au matin, je n’y ai vu que les personnes que j’ai désignées, au nombre de quatre, entre lesquelles se trouve Floriot, alors marchand de vin ; c’était moi qui avais contribué, pour la plus grande part, à son établissement. Je lui ai dit qu’il pourrait bien y avoir du bruit ; il me dit que, si cela arrivait, il y avait un lieu de rendez-vous où devaient se réunir ses amis et ses connaissances, mais il ne m’a pas dit où ni comment la réunion devait avoir lieu, et je n’en ai pas su davantage. » Il fut de nouveau arrêté dans l’affaire Meunier, parce que soupçonné d’appartenir à la Société des Familles. Grison dit qu’il savait qu’il avait appartenu à cette société et qu’il se tenait dans son estaminet des réunions de sociétaires. Floriot démentit ces réunions : « Je n’ai jamais vu qu’ils se soient réunis en grand nombre chez moi ; mon établissement ne serait d’ailleurs pas favorable pour cela ; car mon principal commerce est de vendre du vin en ville. » L’instruction ne put rien établir qui fut contraire à ses dénégations. Son livre de crédit fut saisi mais n’offrait aucune autre particularité que de réunir un grand nombre de noms d’individus affiliés à la Société des Familles et qui se fournissaient chez lui. Il expliqua : « Les noms que vous voyez sur mon livre sont pour la plupart ceux de personnes qui habitent le quartier et qui naturellement viennent chez moi. D’autres n’habitent pas le même quartier, mais ce sont des personnes que j’ai connues pour la plupart en prison et auxquelles j’ai cherché à fournir du vin [...]. Je n’aurais pas souffert qu’on parlât politique chez moi, j’avais autre chose à faire. » Il reconnut avoir fait partie de la Société des Droits de l’Homme dès sa naissance mais dit n’en avoir plus fait partie depuis la loi contre les associations et depuis « ne plus s’être occupé de politique ne aucune manière ». Quetin le connaissait ; il dit de lui : « Je l’ai connu parce qu’il m’a vendu du vin, à cette époque-là. Floriot est parti pour Londres à l’époque où je fus arrêté pour l’affaire Fieschi, et depuis je ne l’ai plus revu. » Floriot nia connaître Numa Dufraisse. On trouva dans ses livres de crédit les noms des personnes suivantes, comme celles des habitués à qui il faisait ordinairement crédit : Guernon, Henry, Lamatre, Lambert, Campenon, Lamin, Wasmuth, Albert, Borlié, Damiens, Lacombe, Nicolas, Ledoux, Lucas, Marchand, Cuinet, Lombard, Dovieux, Offman, Colon, Bourée, Collet, Riom, Piet, Léonard, Berberot, Krantz, Marie jeune, Lhéritier, Vainquesme, Léon ami de Barbé, Henry serrurier, Petitjean rue Meslay 25, Molard rue Neuve-Saint-Etienne numéro 11, Briome, Herfort, Félix, Mary, Barthélemy, Lacoste, Smith, Quetin, Crépin aîné, Dominique, Napoléon, Gerhard, Vallière, Percutée, Rousseau couvreur, Saint-Aubert, Mille, Levallier, Lhéritier, Lacombe rue Saint-Merri 12, Chuquet, Jeandon, Soto, Levasseur, Lerat rue Saint-Honoré, Blache, Ledieu, Henry, Henry le père, Legoff, Jamet, Gauchet, Edmont, Thouzard, Louvier, Bourgade, Genin, Chassan, Terrier, Champalbert, Maquart, Hermann, Bernard, Miasse, Bovier, Auguste, Bonnefond, Leonard, Barbé et Perrin. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue du Gindre en 1830-1831 ; 3, rue de l’Egout-Saint-Germain en 1837 ou 3, rue des Boucheries-Saint-Germain (depuis sept ou huit mois en 1836) et avant rue Neuve-Guillemin et avant encore rue du Bac au coin du passage Sainte-Marie ; 20, rue Dauphine en 1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie ; Procès de Fieschi et de ses complices, chez A. E. Bourdin, Paris, 1836, tome 3 p. 32, 50, 405 ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 44 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Floriot, François) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Nicolle ; Archives nationales CC 697 p. 143 ; Archives nationales CC 709 dossier Saint-Aubert et dossier Floriot ; Archives nationales CC 711 antécédents D 10 p. 905 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72 ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Thévenay, François ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers collectifs 3 février-27 décembre 1834 (549 à 793).