Forestier de, Henri, Joseph

Biographie


Né le 4 février 1788 à Saint-Domingue (Amérique). Peintre d’histoire, ancien pensionnaire de l’Académie de France. Il demeurait 45, rue Meslay. Il fit partie avec Chaillard Pierre Alexis, Collet Fortuné, Drapier César Auguste, Bastide Jules, Thomas Pierre Charles, Lecomte Eugène Louis Jean, Mélier François, Leroux, Oudard, Moisson Michel Richard, Lavelaine César, des douze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIe. Il fit partie, pour le (ancien) VIe arrondissement, des vingt-quatre jurés (deux par arrondissement) spécialement nommés pour apprécier les droits des membres mêmes de la Commission des récompenses nationales à une récompense. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. A la cérémonie funèbre célébrée à Saint-Nicolas-des-Champs, à la mémoire des victimes de l’attentat du 28 juillet 1835, il aurait tenu des propos qui, mal entendus, furent répétés comme quoi il encourageait les régicides. L’instruction révéla que les propos avaient été déformés. L’acte d’accusation de l’attentat de Fieschi rapportait précisément à son sujet : « Cet homme fut signalé comme ayant, le 27 juillet 1835, pendant le service funèbre pour les victimes de juillet 1830, auquel il assistait comme garde national, tenu le propos suivant : “Celui à qui on aurait enlevé tous ses moyens d'existence et qui tuerait le roi ne commettrait pas un crime : ce serait un acte de courage ; il faudrait seulement qu'il fît le sacrifice de sa vie.” Deux témoins ont été entendus. D'après l'un, Deforestier aurait dit : “Une personne à qui le roi aurait retiré ses moyens d'existence pourrait l'assassiner : ce ne serait point un crime ; ce serait un acte de courage ; mais il faudrait faire le sacrifice de sa vie.” D'après l'autre, il se serait exprimé ainsi : “Une personne qui aurait perdu ses moyens d'existence par la faute du Gouvernement, et qui n'aurait plus de ressources, pourrait assassiner le Roi : ce ne serait point un crime ; mais il faudrait avoir fait le sacrifice de sa vie.” Deforestier, appelé par mandat de comparution, a soutenu n'avoir pas tenu ce propos. Il a dit qu'on parlait d'un individu qui, poursuivi pour un fait politique dont il était innocent, se cachait et avait ainsi perdu ses moyens d'existence, et qu'alors il avait dit qu'un homme était toujours maître de la vie d'un autre ; que le système du Gouvernement relativement à quelques individus était de nature à pouvoir susciter un séide, qui pourrait attenter aux jours du Roi. Les témoins entendus, en rapportant le propos comme ils déclarent l'avoir entendu, ont ajouté que le sieur Deforestier, qui fait assidûment son service comme garde national, est de mœurs douces et incapable de prêter les mains à un crime. » Néanmoins, Gisquet rapportait sur de Forestier : « [...] Républicain bien connu, [...] Deforestier était autrefois officier dans la 1re compagnie du 1er bataillon, VIe légion, aux journées de juin [1834] où il fut violemment soupçonné d’avoir tiré, des fenêtres de son appartement, sur ses camarades. Lorsque la révolte fut vaincue, il disparut et ne se montra qu’après la levée de l’état de siège. A quelque temps de là, les officiers de sa compagnie le forcèrent à donner sa démission et il fait maintenant le service comme simple garde national. Ses opinions anarchiques sont connues de toute la légion [...]. » Un témoignage le disait « peintre distingué, qui a été envoyé à Rome à l’école de peinture, aux frais du gouvernement […], incapable de commettre un pareil crime ». Il demeurait 45, rue Meslay ou 55, rue Meslay en 1830-1835. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/33 droit des membres de la Commission à la décoration de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives nationales CC/685 D170 (sous le nom de Deforestier, Joseph, Henry) ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 1, Paris, 1836, p. 422.

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