Froget, Jean, Marie, Désiré
Biographie
Né le 10 octobre 1798 à Caen (Calvados). Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, il était garde municipal à la 4e compagnie du 2e bataillon. Il apostilla ainsi : « Je prouve l’écriture ci-dessus, comme ayant vu tous ces faits, faisant partie du détachement que nous avions fait entre nous et comme décoré de Juillet » comme, garde municipal à la 1re compagnie du 2e bataillon, le récit suivant que fit Cosson, Charles, Julien de la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de Juillet et ainsi rédigé : « […] Le mardi 27, la curiosité me fit aller rue Saint-Denis. Voulant voir d’un peu près, je me suis avancé, comme mes camarades. Là, nous avons été chargés par les gendarmes, dont trois des nôtres sont tombés sur la place et, un peu de temps après le fait, nous avons couru sur eux avec des pierres et des bâtons. Le mercredi 28 juillet, étant animé de la veille, je me suis procuré un fusil de chasse chez mon propriétaire. Nous retournons rue Saint-Martin, où commençait à brûler le bureau du commissaire des halles et marchés. Après avoir désarmé les gendarmes qui occupaient le poste du marché Saint-Martin, nous débouchâmes par la rue du Vert-Bois, nous fîmes face au peloton de Suisses, dont mon neveu fut atteint d’une balle et est mort sur-le-champ. Le tocsin sonnait partout. Là, nous résolûmes (?) d’aller dans notre arrondissement, faubourg Saint-Antoine, d’après la marche de la garde royale, qui suivait les boulevards en allant de côté. Arrivé au faubourg Saint-Antoine, la garde royale, qui je crois était le 1er régiment, occupait la grande rue du faubourg, et l’artillerie était au carrefour Montreuil. Nous étions embusqués dans la rue Saint-Nicolas. Là, j’ai épuisé les munitions que j’avais. La garde royale est repartie par la rue Saint-Antoine et les gendarmes qui étaient de garde sur la place les ont suivis et nous avons suivi aussi, mais n’ayant plus de quoi [?] ce de fendre mon fusil ne valait rien, je fus forcé de renoncer. Le lendemain matin, nous cherchions à nous procurer chacun un fusil. Nous avions remarqué que les pompiers en avaient dans le poste. Il les ont donnés en effet mais ils ne pouvaient pas servir. J’avais été instruit qu’ils les avaient cachés dans les greniers. Malgré leur résistance, je traversai la foule avec mes camarades. Là, un sergent nous dit : “Mes amis, ne faites pas de bruit, je vais vous les donner.” Ayant des fusils, on nous a distribué de la poudre à canon à l’Hôtel de ville et plusieurs personnes nous ont donné des balles et des chevrotines en cuivre. Etant munis, nous avons été rue de Richelieu, sous les arcades du Théâtre-Français. Après avoir tiré longtemps les gardes royaux, je fus forcé de débusquer des maisons dont ils s’étaient emparé, là au coin de la rue de Rohan, je me trouvais en face de plusieurs, la baïonnette croisée. Heureusement pour moi, ils se sauvaient. Il est venu le nommé Morel, pour me délivrer d’eux. De là, nous les avons poursuivis jusqu’au bout du jardin des Tuileries. Le lendemain, vendredi, dans l’intention de les retrouver, croyant qu’ils reviendraient à la charge, nous avons passé la moitié de la journée à l’esplanade des Invalides avec plusieurs détachements de volontaires, commandés par les braves étudiants. De plus la nuit du jeudi au vendredi nous avons fait patrouille jusqu’à 3 heures du matin. C’est moi qui ai fait fonction de caporal, qui ai signé les feuilles de rapport. » De la même manière, il apostilla [il semble signer Froger] ainsi un récit presque identique fait par Morel : « Je certifie que les faits énoncés ci-dessus sont d’une exacte vérité, que le sieur Morel a montré un courage héroïque dans les journées des 27, 28, 29 juillet. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement. Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Cosson, Charles, Julien ; Archives de la préfecture de police AA 404 in dossier Morel.