Gadon de Guerret, Pierre, Hyppolite
Biographie
Né le 4 juillet 1797 à Guéret (Creuse), d’où son appellation souvent de Gadon de Guerret. Dans sa séance du 15 avril 1831, la Commission des récompenses nationales retint son nom sur les listes des décorés de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il était, dans cette même Commission, adjoint de M. Guinard. Mais son nom fut oublié sur les listes définitives. La Commission demanda la réparation de l’erreur mais le ministère refusa, présentant la chose comme impossible. Gadon insista plusieurs fois. En octobre 1831, il précisait ainsi : « […] Je crois avoir des droits réels à cette récompense. M. Haussmann, un des chefs de bureau de votre division, peut se rappeler que dès le premier jour il m’a vu prendre une part active aux glorieux événements qui ont enfin amené l’expulsion du sol français d’une famille si justement exécrée. » Il fut finalement compris dans l’ordonnance royale du 17 juillet 1832, qui le rétablissait dans ses droits. En octobre 1831, il était avoué à Guéret. En novembre 1833, le ministère de l’Intérieur faisait parvenir ses croix et brevet au préfet de la Seine, afin que ce dernier les lui remît. Il avait été employé dans les bureaux de la mairie du (ancien) IIe ou du (ancien) IIIe arrondissement, selon le ministère de l’Intérieur ; le préfet de la Seine fit des recherches, infructueuses, aucune trace ne fut trouvée de son emploi dans les bureaux de ces deux mairies et ses brevets et croix furent retournés au ministère. Il était l’un des défenseurs nommé par les accusés devant la Cour des pairs en 1834. On trouve cette appréciation, le concernant, dans (ouvrage par ailleurs à lire délicatement) Les Premiers Jours de la république, Révélations curieuses et inédites sur quelques-uns des faits qui se sont accomplis en mars, avril et mai 1848, par un ex-chef de section de la Société des droits de l’homme, Paris, 1850 : « Hyppolite Gadon, ex-avoué à Guéret (Creuse), décoré de juillet, qui prétend avoir prononcé, le premier, sur les boulevards et à la Chambre des députés, les paroles si fameuses, il est trop tard ! que tant de républicains de la veille se sont attribuées. Le citoyen Gadon est plus connu par ses opérations de Bourse, à l’époque de la fièvre des actions du chemin de fer, que par son affiliation au carbonarisme, dont il prétend avoir fait partie avec le général Berton. » Il signa, le 28 février 1848, le certificat suivant en faveur de Borelly, Pierre : « Je, soussigné, Pierre, Hippolyte Gadon, décoré de Juillet, certifie que le sieur Borelly, Pierre s’est rendu dès le 22 février sur la place de la Révolution, au moment où devait avoir lieu le banquet, qu’il était du nombre des citoyens qui criaient Vive la réforme ! que le lendemain 23 février, après s’être porté dans la journée au milieu des groupes qui demandaient le renvoi du ministre, il se trouvait près du ministère des Affaires étrangères au moment de l’assassinat commis sur les citoyens inoffensifs ; que, saisi d’une profonde indignation, il fut des premiers à crier vengeance et à se rendre dans son quartier pour organiser des barricades ; qu’enfin, le 24 février, il était avec moi, dès le matin 8 heures, sur les boulevards, où il demandait à grands cris la déchéance de Louis-Philippe. » Pendant la Révolution de Février, il était membre du club des clubs comme membre du club des Hommes libres. Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances n° 26, 2e section, ordonnance n° 1137 du 17 juillet 1832, Paris, Imprimerie royale, mars 1833, p. 2, ordonnance du roi qui décerne la Croix de Juillet à quarante-deux citoyens et la médaille de Juillet à cinquante-huit citoyens ; Archives nationales F/1dIII/38 A Commission des récompenses nationales, état de cinq citoyens admis à la décoration de Juillet ainsi qu’il est constaté par les procès-verbaux des séances et omis par erreur de copiste sur les états transmis au ministère ; Archives nationales F/1dIII/39 correspondance entre le ministre de l’Intérieur et le préfet de la Seine (sous le nom de Gadon, Pierre, Hippolyte) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beaumont ; Archives nationales F/1dIII/56 ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-Inférieure ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Borelly, Pierre ; Les Clubs et les Clubistes, Histoire complète, critique et anecdotique des clubs et des comités électoraux fondés à Paris depuis la révolution de 1848, Alphonse Lucas, Dentu, Paris, 1851, p. 56 ; Histoire de Dix Ans, Louis Blanc, Paris, Pagnerre, 1843, tome IV, p. 532 ; Histoire du parti républicain en France de 1814 à 1870, Weil, Paris, Alcan, 1900, p. 138.