Gaultier-Laguionie
Biographie
Imprimeur. Il était l’imprimeur du Courrier français, en juillet 1830, et ce journal le fit comparaître devant le tribunal de commerce pour avoir refusé d’imprimer le journal, les ordonnances parue. « Me Mérilhou, avocat du Courrier français, assisté de M. de Lapelouze, l’un des gérants, a demandé l’exécution des traités par lesquels M. Gaultier-Laguionie s’est engagé à imprimer ledit journal. Après avoir entendu ledit Mérilhou, en ses conclusions et sa plaidoirie, et la défense de M. Gaultier-Laguionie en personne ; le tribunal, considérant que, par convention verbale, M. Gaultier-Laguionie s’est obligé à imprimer le journal intitulé le Courrier français ; que les conventions légalement formées doivent recevoir leur effet ; qu’en vain pour se soustraire à ses obligations Gaultier-Laguionie oppose un avis du préfet de police contenant injonction d’exécuter une ordonnance du 25 de ce mois ; que cette ordonnance, contraire à la Charte, ne saurait être obligatoire ni pour la personne sacrée et inviolable du roi ni pour les citoyens aux droits desquels elle porte atteinte, considérant, au surplus, qu’aux termes mêmes de la Charte, les ordonnances ne peuvent être faites que pour l’exécution et la conservation des lois, et que l’ordonnance précitée aurait au contraire pour effet la violation des dispositions de la loi du 28 juillet 1828 ; par ces motifs, le tribunal ordonne que les conventions d’entre les parties recevront leur effet. » Le tribunal condamna Gaultier-Laguionie à imprimer le journal le Courrier français dans un délai maximal de vingt-quatre heures. Dans ses Souvenirs Poumiès de la Siboutie tempéra, ainsi, le refus de Gaultier-Laguionie d’imprimer le Courrier français : « Le mardi 27, à 5 heures du matin, je vis arriver chez moi mon excellent parent Gaultier-Laguionie. Il était chargé de l’impression du Courrier français et avait un marché signé avec les entrepreneurs de ce journal. Il avait été convenu entre eux et lui qu’il serait assigné devant le tribunal de commerce pour s’entendre condamner à continuer l’impression du journal malgré les ordonnances. […] On sait que M. Ganneron, alors président, rendit un jugement appuyé sur des motifs et des considérants qui eurent un grand retentissement, par lequel Gaultier-Laguionie fut condamné à continuer l’impression du journal. » La chronique de l’époque relatait à son sujet : « Les ouvriers de l’imprimerie de M. Gaultier-Laguionie se sont montrés avec énergie et courage dans les journées des 27, 28 et 29 juillet ; deux ont été tués, les nommés Lepas (voir Lepas, Joseph) et Buzenou (voir Buzenot, Claude) jeune homme de seize ans ; l’imprimeur Dejort, ancien grenadier de la garde royale, s’est, au dire de ses camarades, particulièrement distingué. MM. le général Gérard et le commandant Carrel lui ont donné les certificats les plus honorables. M. Gaultier-Laguionie a rassemblé ses ouvriers le 30 juillet et leur a donné une gratification, que ces derniers ont consacrée au soulagement des blessés, en y joignant une collecte qu’ils avaient déjà faite entre eux. » Le Courrier français, 15 août 1830 ; Révolution de 1830, son caractère légal et politique, Jugement prononcé par M. Ganneron, président du tribunal de commerce, le 28 juillet 1830, M. Dupin, Paris, Joubert, 1835, p. 53 ; Souvenirs d’un médecin de Paris, Dr Poumiès de la Siboutie, Plon et cie, Paris, 1910, p. 204.