Gavier, Louis, Charles

Biographie


Né le 29 août 1809 à Courtrai (Pays-Bas) (mais le 25 août 1791 à Varsovie en Pologne sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39, et né vers 1781 in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 et in Archives de Paris VK3 45 surtout dans la lettre quil adresse et quil signe pour la Commission des récompenses nationales ; né le 23 août 1780 in Archives de Paris VK3 27 ; le 29 août 1809 in Archives nationales F/1dIII/38 A ; vers 1780 dans lancien département de la Lys in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe ; le 23 août 1781 le lieu est illisible cest un ancien département français in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens qui ont mérité la croix, liste qui est corrigée à la main ; vers 1782 in Archives de la préfecture de police AA 369). Ferblantier, tenant une toute petite boutique de lanternier en voitures. Il reçut de graves contusions dans toute la longueur du bras droit, qui le privèrent de l’usage de son bras. Père de cinq enfants en bas âge, il reçut un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. En septembre 1830, son commerce sans aucune activité, « réduit à la position la plus déplorable », il sollicita un poste de portier consigne dans une caserne ou de portier dans un fort du gouvernement ou enfin tout autre place. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de trente francs en décembre, un secours de soixante francs en janvier 1831, un secours de cent vingt francs en mars, un secours de trente francs en avril, un secours de quarante francs en mai, un secours de vingt-cinq francs en juin 1831, soit un total de trois cent cinq francs (somme dans deux sources différentes) de secours auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (mais un total de cent cinquante francs in Archives de Paris VK3 28). Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 18 juin 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir reçu un coup de crosse de fusil aux deux mains, contusions dont il ne reste aucune trace et qui ne sauraient donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Il reçut, à titre de blessé de la 1re catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. On trouve dans le dossier Magistel la note suivante le concernant : « M. Gavier a été ajourné par M. le maire du (ancien) Ier arrondissement, comme se prenant de vin très souvent. M. Gavier s’est très bien conduit pendant les journées de Juillet et s’il se prend de vin ce n’est pas ordinaire chez lui ; au contraire, c’est fort rare et son titre de polonais doit lui mériter beaucoup d’égards. » En effet, dans sa séance du 12 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas avait demandé l’ajournement de toute décision à son égard mais il ne semble pas que la mesure fût suivie d’effet. Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Gavier, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Il prêta son serment de décoré de Juillet, en mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 21 juin 1831, et son brevet le 23 août de la même année. En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement complet. Il retira les pièces (un certificat du capitaine Basson et un autre du docteur Boulu) qu’il avait déposées devant la Commission des récompenses nationales. En 1830, il était garde national et faisait son service « avec zèle ». Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de huit francs, en juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En 1834, arguant qu’il s’était « toujours comporté avec zèle dans toutes les émeutes », il sollicita que le mariage de sa fille, Anne, Adélaïde, née vers 1816, ferblantière, fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; elle devait épouser Petit, Louis, François, né vers 1800 à Paris, ferblantier, demeurant 28, rue de la Ville-Lévêque. La mairie donna l’avis suivant : « La prétendue est très laborieuse, faible de santé. Son père est étranger : il a servi dans les lanciers de la garde impériale. Ce serait par sa bravoure et son dévouement un homme digne d’être français. Mais il est tellement dominé par la boisson qu’il s’est fait renvoyer de diverses compagnies, qu’il outrage par ses illisible bacchiques. Ce choix soulèverait une indignation générale dans la garde nationale. » En juin 1835, la mairie donnait un avis similaire et aussi peu élogieux sur la conduite de Gavier : « Je dois faire observer […] que M. Gavier, étranger, décoré de Juillet, qui s’adresse à toutes les autorités, m’a présenté un prétendu, qui n’a pas reparu, qui déjà avait près de quarante ans lorsque Mlle Gavier en a à peine dix-huit. Ce Gavier, dominé par la passion du vin, qui le jette dans l’état le plus ignoble, s’est fait renvoyer de la garde nationale. » Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution ; il était indiqué comme fabricant de lanternes sur les listes de la mairie. En 1839, pressenti pour recevoir, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, il est indiqué sur les listes de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comme demeurant désormais aux Batignolles. Pourtant son nom est inscrit de nouveau sur une liste de décorés de Juillet appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849 et en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 16, rue de la Madeleine (par erreur 16, rue de la Montagne sur les listes du Constitutionnel) en 1830-1831 ; 9, rue de Surène en 1833-1834 ; 10, rue de Surène en 1834 ; 20, rue du Rocher en 1837 ; 11 bis, rue de la Bienfaisance aux Batignolles en 1839-1840 ; à l’hospice de la vieillesse à Bicêtre, 1re division, 11e salle en 1849-1851 ; salle Saint-Charles à l’hospice de Bicêtre en 1852. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 3 ; Archives de Paris VD6 91, liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement (où il est par erreur) ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VI1 1, 1835, mariages de Juillet, liste des personnes présentées par M. le maire du (ancien) Ier arrondissement comme susceptibles d’être admises à jouir des bénéfices de la dotation qui sera faite par l’Etat à l’occasion des fêtes anniversaires des journées de juillet 1830, idem (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, couverture du dossier de Verdier, François ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription, idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat de répartition entre les décorés de Juillet de la somme de trois cent cinquante-neuf francs et quatre-vingt-quinze centimes mise à la disposition du maire du (ancien) Ier arrondissement, le 30 juillet 1834, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet, idem même référence Etat des décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement et qui sont dans le cas de prendre part à la gratification à l’occasion du neuvième anniversaire de Juillet, idem même référence une liste, établie en 1840, de décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement, et appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution ; Archives de Paris VK3 26, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de la 1re classe dont les bulletins individuels ont été remis le 19 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 28 (ancien) Ier arrondissement Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives de Paris VK3 29, séance du 12 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Magistel ; Archives de Paris VI1 1, mariages de Juillet 1834 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852.

Gavignot.

Dans le témoignage de sa propre participation aux combats de Juillet, que rédigea Giraud-Dulong, François, il laissait les informations suivantes sur Gavignot : « Mardi. Vers les 5 heures du soir, j’étais avec un de mes amis, Gavignot, que Plocque (voir ces noms) connaît bien, dans la rue Saint-Honoré. Nous avancions du côté de l’Oratoire lorsqu’un fort détachement de gendarmes vinrent au galop disperser et repousser la foule à coups de sabre. Là, après avoir tiré quelques coups de pistolets, ne voyant aucun moyen de résister avec avantage, nous nous sommes retirés, nous promettant de revenir le lendemain à la charge. Mercredi. J’allai à mon service de l’Hôtel-Dieu, mais, ne pouvant tenir en entendant la fusillade, il était 8 heures et demie, j’allais chez Gavignot, qui me mena chez un de ses élèves, endroit où nous avons rédigé des avis aux élèves pour les avertir qu’on se rassemblait chez Cadet-Gassicourt. Comme il était convenu, vers 10 heures, nous partions afin de nous y rendre. Nous avons pris la rue de la Juiverie, lorsque nous entendîmes une vive fusillade, qui partait de la place du Châtelet. Au même moment une dizaine d’hommes venaient par cette rue qui mène du palais de justice à la rue de la Juiverie, armés de fusils qu’ils avaient enlevés au poste du palais de justice. On leur criait Par ici ! Par ici ! c’est-à-dire vers le quai. Alors plusieurs balles ont sifflé au-dessus de nos têtes. La foule fit un mouvement violent et désordonné en arrière. Un des jeunes gens qui venaient d’enlever des armes à la troupe de ligne est jeté à terre, son fusil s’échappe, je m’en empare et me porte sur le quai. De là, je vis manifestement un fort détachement descendre du Pont-Neuf vers la place du Châtelet. Au moment où je me précipitai avec une quinzaine d’hommes environ vers le milieu du pont qui est en face de la rue de la Juiverie (le pont Notre-Dame), un détachement de gardes royaux marchait lentement vers la Grève. Nous avions tiré plusieurs coups sans qu’on nous répondît mais peu après un feu très vif, parti de ce détachement, nous fit reculer ; mes munitions étaient épuisées, je rentrai dans la rue de la Juiverie, où l’on me donna des cartouches. Je vins me placer derrière le parapet puis nous nous sommes avancés sur le pont d’Arcole. La fusillade, d’abord illisible, plus tard devint terrible car sur la place de Grève se concentraient des troupes de toute espèce, de toute arme. Ne pouvant tenir en face le pont d’Arcole, nous nous sommes retirés vers le petit pont rouge et embusqués derrière le parapet, derrière des tas de pierres, nous avons soutenu le feu de la Grève. » Archives de Paris VK3 45 in dossier Giraud-Dulong, François.

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