Gazu, Jacques
Biographie
Né le 8 janvier 1790 à Montaigut (Puy-de-Dôme). Dentiste. Il fut blessé par une balle morte reçue à l’avant-bras gauche, le 29 juillet à 10 heures un quart du matin, dans la rue du Rempart-Saint-Honoré. Marié, il reçut un secours de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut un total de cent quatre-vingts francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il y était indiqué comme s’étant illustré au Palais-Royal, aux Tuileries et rue des Boucheries. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions à tous qu’il appartiendra que le sieur Gazu, Jacques, ex-grenadier sous l’Empire, demeure dans le quartier du Palais-Royal, rue Traversière-Saint-Honoré n° 4, depuis dix-huit mois, où il exerce l’art du dentiste, avec toutes les connaissances approfondies et l’habileté que réclament toutes les parties difficiles concernant l’extraction des dents et la propreté de la bouche. Certifions en outre que pendant la grande semaine et particulièrement aux journées des 27, 28 et 29 juillet il n’a cessé de donner les preuves les plus éclatantes de son dévouement pour la cause sacrée de la liberté, en combattant avec nous sur tous les points les plus dangereux et qu’enfin le 29 juillet, ayant une balle morte à l’avant-bras gauche, dans la rue du Rempart-Saint-Honoré à 10 heures un quart du matin, il n’a dû son salut qu’à l’adresse qu’il a employée en se couchant parterre et contrefaisant le mort, se voyant poursuivi par un détachement de Suisses de l’ex-garde ; que ne pouvant plus faire usage d’arme à feu par suite de la blessure qui en est résulté ainsi que le constate le certificat de M. Gauthier, demeurant rue de Bourbon, faubourg Saint-Germain n° 11, s’est rendu utile sous d’autres rapports non moins favorables, en pansant les blessés autant au poste du Palais-Royal que sur les autres lieux où ses soins pouvaient être de quelque utilité. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent pour rendre hommage à la vérité, ses capacités connues et la belle conduite qu’il a tenue avec le zèle le plus ardent, ne pouvant que lui mériter de justes éloges. » Signé, le 10 août 1830 : L’Echuize, demeurant 4, rue Traversière-Saint-Honoré ; Baudoin, demeurant 5, rue Traversière-Saint-Honoré ; Robert, demeurant 4, rue Traversière-Saint-Honoré ; Duplessier, demeurant passage Saint-Guillaume. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, Laurent Roudaire, adjoint à la mairie de Montaigut-du-Combrailles, arrondissement de Riom, département du Puy-de-Dôme, en l’absence du maire, certifions que le nommé Gazu, Jacques, que nous déclarons particulièrement connaître, appartient à une famille honorable, qu’il est de bonnes vie et mœurs et jouit, à juste titre, de l’estime de ses concitoyens et qu’il n’a mérité dans aucun cas les reproches des autorités locales. Etant honoré d’un service de treize ans effectifs et n’ayant nulle autre ressource que celle que peut lui assurer son mérité, sa bravoure et son zèle pour le service du roi, nous osons supplier les autorités à qui ledit Gazu peut avoir recours de lui être favorables dans la place qu’il désire solliciter. » Signé, le 15 avril 1822 : Roudaire, adjoint. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. En 1848, il était garde national à la IIIe légion et mourut en juin 1848, dans la répression de l’émeute. Il demeurait 4, rue Traversière-Saint-Honoré en juillet 1829-1830 ; 15, rue de Lille en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 68 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 388 ; Bulletin des lois, Recueil des proclamations et arrêtés du peuple français, depuis le 1er janvier jusqu’au 30 juin 1850, Xe série, tome cinquième, nos 226 à 282, Paris, Imprimerie nationale, 1850, p. 782 ; Fastes des gardes nationales de France, deuxième édition, tome deuxième, Paris, chez Goubaud, 1849, p. 423.