Geibel, Antoine, Benoit
Biographie
Né le 29 janvier 1796 à Lyon (Rhône). Employé. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs le 1er décembre 1830, un secours de cinquante francs le 15 décembre 1830, un secours de cinquante francs 1er février, un secours de cent francs le 1er mars 1831 de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fit partie avec Ternaux Mortimer, Liskenne Antoine Arnold, Plaut Maurice, Stoffel Ignace, Vicard Louis, Alcan Léon, Boullet Damiens, Foucault Adolphe des neuf membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement. Il fit partie avec Liskenne Antoine Arnold, Vicard Louis, Alcan Léon, Plaut Maurice, Foucault Adolphe, Stoffel Ignace, Lefèvre Jean-Louis (voir ces noms), des huit membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fit partie, pour le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux), des vingt-quatre jurés (deux par arrondissement) spécialement nommés pour apprécier les droits des membres mêmes de la Commission des récompenses nationales à une récompense. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fit partie, pour le (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, des vingt-quatre jurés (deux par arrondissement) spécialement nommés pour apprécier les droits des membres mêmes de la Commission des récompenses nationales à une récompense. Il fut employé par Truelle, secrétaire de la Commission des récompenses nationales auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis et reçut sept cent quarante-cinq francs et cinquante centimes de la sous-préfecture, en guise d’appointements. Le 5 mai 1831, il écrivait la lettre suivante (mais dont le nom du destinataire n’apparaît pas) pour obtenir un secours en faveur de son frère, Geibel, François (voir ce nom) : « Plusieurs fois je suis allé pour vous voir, sans jouir de cette faveur. Je me permets de vous envoyer mon frère, pour lequel j’ai sollicité un secours à titre de secours définitif. Vous avez porté mon frère pour la médaille. J’ose rappeler à votre souvenir une lettre que je vous remis à la Commission, dans laquelle je vous peignais sa situation déplorable et ses antécédents qui parlent en sa faveur. Mon frère, en 1817, fut victime du gouvernement d’alors, poursuivi et incarcéré à Lyon, comme conspirateur, il fut plongé dans les prisons et ne fut rendu à la liberté qu’après avoir passé sur les bancs de la cour prévôtale ! le malheur qui venait de l’accabler le poursuivit longtemps, forcé de venir à Paris, ayant tout perdu dans son pays. Il s’est trouvé du nombre de ceux qui ont pris part à notre révolution. Voilà le seul bonheur qu’il a éprouvé depuis quinze ans !! Son épouse est décédée, il y a deux mois, le laissant avec des enfants en bas âge, sans travail ni ressources aucunes. Veuillez donc, Monsieur, prendre en considération sa malheureuse position et lui faire obtenir une somme, à titre de secours définitif. » Il avait fait une lettre à peu près identique en date du 20 avril 1831, à en-tête de la Commission des récompenses nationales, dont il était un des jurés, et dans laquelle il donnait cette autre précision : « […] Il ne dut son salut qu’à notre brave président, le général Fabvier, chargé alors d’une mission du gouvernement pour arrêter le sang répandu sur l’échafaud dans la ville de Lyon […]. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste à Palbra, Armand, Pierre) de la pétition qui, le 9 mai 1831, protestèrent contre les conditions dans lesquelles s’était faite la réunion du passage Saumon et réaffirmaient sa fidélité à Louis-Philippe. Cette pétition était ainsi rédigée : « Les soussignés, décorés de la Croix de Juillet, considérant qu’ils doivent à leur conscience de manifester leur opinion sur le résultat de la séance tenue au passage du Saumon, le 6 mai dernier, ont arrêté de rendre publique la déclaration suivante. Les hommes de Juillet, dévoués avant tout à leur pays ont combattu pour renverser l’arbitraire, secouer le joug qu’on voulait imposer à la liberté, renverser du trône le roi parjure. Déposant les armes immédiatement après leur victoire, ils accompagnèrent de leurs acclamations le lieutenant-général du royaume à l’Hôtel de ville et bientôt après reconnurent en lui le roi des Français, le roi citoyen. Fidèles à leur dévouement, ils ne demandèrent, ils ne sollicitèrent aucune faveur ; la loi du 13 décembre 1830 décerna des récompenses nationales à ceux qui dans les grandes journées de Juillet avaient sauvé la patrie, versé leur sang pour elle et mérité par leur conduite de voir leurs noms inscrits aux tables de nos lois. Une commission dont les membres choisis parmi les citoyens qui avaient pris la part la plus glorieuse aux événements de la grande semaine fut instituée ; un travail long et consciencieux fut le résultat de recherches et d’investigations pénibles ; le zèle des commissaires et des jurés quoique toujours à l’épreuve ne se ralentit pas ; enfin 1528 citoyens furent désignés par la Commission pour recevoir la décoration spéciale que leur accordait la loi. Immédiatement un rapport présenté au roi par le président du Conseil des ministres lui proposa de décerner lui-même ces récompenses au milieu des trophées de notre gloire militaire, sous les yeux de nos héros mutilés, dans le temple même où Napoléon voulut rehausser l’éclat de l’ordre qu’il avait fondé, par la vue de nombreux étendards conquis par le courage français, au nom de la patrie et de la liberté. Le rapport du ministre fut suivi d’une ordonnance qui apporte deux modifications dans la proposition de la Commission, l’une repose sur la couleur du ruban, l’autre sur l’inscription ajoutée à la décoration ; l’ordonnance prescrit en outre la formule suivante du serment que doit prêter chaque décoré : “Je jure fidélité au roi des Français, à la charge constitutionnelle et aux lois du royaume.” Les soussignés n’entreprendront point de combattre les motifs qui ont engagé leurs camarades à repousser les dispositions qui viennent d’être énoncées, ils se contenteront seulement de manifester leur opinion quant à ces dispositions. Les soussignés auraient vu avec satisfaction que l’ordonnance du roi maintînt la couleur du ruban proposé par la Commission, attendu que celui adopté est identiquement semblable aux deux ordres espagnols créés en 1808 et 1809 (Voyez la Collection historique des ordres de chevalerie par Perrot, Paris, 1820, deux volumes in 4° n° 42 et 45). Ils déclarent que ces mots Donné par le roi ne changent pas à leurs yeux la nature de la récompense, qui est et ne peut être qu’une récompense nationale et non une faveur royale ; qu’ils ne voient dans ces mots Donné par le roi que l’expression manifeste du désir de Sa Majesté d’associer son nom aux événements glorieux de Juillet, attendu que le roi ne peut aux termes mêmes de la loi ajouter ni retrancher aux noms inscrits par la Commission des récompenses nationales. Quoique, selon eux, aucune disposition législative ne les contraigne à la prestation du serment déterminé par l’ordonnance du 30 avril dernier, ils déclarent qu’ils prêteront serment de fidélité au roi des Français, gardien de la liberté, à la charte constitutionnelle qui la consacre, aux lois du royaume qui la présenteront enfin dans tout son éclat ; ils ne voient dans ce serment ni un acte de féodalité, ni un souvenir du Moyen Age, ni un lien de vassalité. Ils ont trop de franchise pour ne pas déclarer qu’armés pour la liberté, ils ont déposé les armes lorsqu’elle fut reconquise et qu’ils sauraient les reprendre de nouveau si jamais elle était menacée. » Il fut aussi l’un des signataires, comme « grenadier 2e bataillon IIIe légion » (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il comparut, le 7 septembre 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, pour attester (il signe bien Geibel) avoir bien connu Dauteuil, Pierre, François, Charles et savoir qu’il avait « pris une part active à la défense de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 ; qu’ils l’ont vu armé et combattant pour cette noble cause, notamment le mercredi 28 près la porte Saint-Denis, où il a été vers le milieu du jour atteint d’une balle dans les reins ; que par cette blessure il a été mis hors de combat et transporté à l’instant à l’hospice de M. Dubois, où il est mort le lendemain ». Paisant, Deserelles, Bernard, Antoine, Pierre lui donna procuration, en 1831, pour retirer en son nom le brevet de la médaille de Juillet qu’il avait obtenue auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. En 1846, une somme de trois mille cent soixante-dix francs fut répartie entre soixante-dix-neuf décorés, blessés, femmes ou veuves de combattants de Juillet. Geibel devait toucher une allocation de cinquante francs. Elle ne put cependant lui être donnée, faute pour lui d’avoir retiré le mandat expédié à son profit, malgré les avis réitérés qui lui furent adressés. Le mandat fut donc annulé. Il signa, le 23 mars 1848, le certificat suivant en faveur de Donat, Anatole, Gabriel, quand ce dernier sollicita un emploi devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, combattants de Février, certifions avoir vu, le 22 février à midi et demi environ, le citoyen Donat, Anatole, après avoir reçu la charge des gardes municipaux à cheval, sauver un patriote qui était foulé aux pieds en renversant de cheval le garde municipal qui le tuait. » Puis cet autre, le 17 mai 1848 et comme « décoré de Juillet, combattant de Février, employé des postes », en faveur du même quand ce dernier sollicita un emploi devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Les soussignés, combattants et décorés de Juillet, attestent sous leur responsabilité individuelle que le citoyen Anatole Donat, employé au mont-de-piété dès le 1er février 1829, a combattu vaillamment dans les journées de juillet 1830 et notamment sur la place de la Bastille. Qu’en 1831, il faisait partie de la Société des droits de l’homme et du citoyen (section de la rue de Lancry). Qu’en 1832, il offrit, à ses risques et périls, un asile au citoyen Geibel (voir Geibel, François) aîné, poursuivi par la police de Gisquet comme combattant des 5 et 6 juin. Que ses opinions républicaines, manifestées hautement dans l’administration dont il faisait partie, non seulement le privèrent de tout avancement mais qu’elles le forcèrent à donner sa démission tant il eut alors à supporter de malveillances et de persécutions. Que dans les glorieuses journées de Février, il fut un des premiers combattants : le 22 à midi trois quarts environ il désarma, en les désarçonnant, un garde municipal à cheval, qui, après avoir déjà sabré un patriote, en tuait un autre sous les pieds de son cheval, boulevard des capucines. L’acte de courage du citoyen Anatole Donat sauva la vie à ce patriote. Qu’enfin le citoyen Anatole Donat a supporté jusqu’à ce jour toutes sortes de privations, sans jamais rien recevoir du gouvernement déchu. Les citoyens soussignés estiment que la république n’a pas de partisan plus dévoué que le citoyen Anatole Donat et que ce dernier a des droits imprescriptibles à une fonction honorable. » Il était l’une des personnes auprès de laquelle on pouvait demander des renseignements sur l’activité politique de Ruin, Alphonse, Adrien, Pierre quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de soixante-quinze francs en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 13, rue de l’Echiquier en 1831 (sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/15/2557-2559) ; passage Brady en 1831 dans le certificat en faveur de Dauteuil ou en 1846 vérifier 26, rue de Paradis-Poissonnière en 1830 in Archives nationales F/1dIII/34 ; passage Brady escalier N in Archives de Paris VK3 45 et in Archives nationales F/15/2557-2559 ; 43, rue Godot-de-Mauroy en 1848 ; 9, rue Rochechouart en 1850. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 69 (sous le nom de Geybel, Antoine, Benoît) ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des blessés ayant droit à une indemnité temporaire de un et deux ans, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831, dans laquelle il demande une mesure d’ajournement contre Renauld, Jacques, Louis, Prosper ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Geibel, François ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/33 droit des membres de la Commission à la décoration de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Dauteuil, Pierre, François, Charles (sous le nom de Geybel, Antoine) ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Louessard ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Geybel, Antoine, Benoît) ; Archives nationales F/1dIII/96 in dossier Ruin, Alphonse, Adrien, Pierre ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 ; Archives de la préfecture de police AA 385 in dossier Donat, Anatole, Gabriel ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations.