Geibel, François (dit le Furet en 1817)

Biographie


Né en 1786 à Lyon (Rhône). Il servit dans les bataillons de corps francs sous l’Empire sans doute lieutenant dans les Cent-Jours. Plieur d’étoffes de soie en 1816, bonnetier en 1830. Il comparut devant la cour prévôtale de Lyon le 1er novembre 1817, accusé, selon la cour, de faire partie « d’une vaste conspiration dont toutes les ramifications ne sont pas connues, et dont le but direct était le renversement du gouvernement royal et le rappel de l’usurpateur et de son fils », ayant la ville de Lyon pour point central d’exécution. Il nia toute participation au complot et se plaignit devant les tribunaux d’avoir été laissé quatre-vingt-deux jours au cachot sans un seul interrogatoire. Il fut renvoyé de l’accusation et mis en liberté. Il était bonnetier en juillet 1830. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 10 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27 aux rassemblements de la rue Saint-Honoré. Le 28 à la Grève et à la rue Saint-Antoine aux barricades, a fait le coup de fusil. Saint-Cloud ensuite à Vincennes et à Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 10 janvier 1831, à une voix pour la croix, six voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 5 mai 1831, son frère, Geibel, Antoine, Benoit (voir ce nom) écrivait la lettre suivante (mais dont le nom du destinataire n’apparaît pas) : « Plusieurs fois je suis allé pour vous voir, sans jouir de cette faveur. Je me permets de vous envoyer mon frère, pour lequel j’ai sollicité un secours à titre de secours définitif. Vous avez porté mon frère pour la médaille. J’ose rappeler à votre souvenir une lettre que je vous remis à la Commission, dans laquelle je vous peignais sa situation déplorable et ses antécédents qui parlent en sa faveur. Mon frère, en 1817, fut victime du gouvernement d’alors, poursuivi et incarcéré à Lyon, comme conspirateur, il fut plongé dans les prisons et ne fut rendu à la liberté qu’après avoir passé sur les bancs de la cour prévôtale ! le malheur qui venait de l’accabler le poursuivit longtemps, forcé de venir à Paris, ayant tout perdu dans son pays. Il s’est trouvé du nombre de ceux qui ont pris part à notre révolution. Voilà le seul bonheur qu’il a éprouvé depuis quinze ans !! Son épouse est décédée, il y a deux mois, le laissant avec des enfants en bas âge, sans travail ni ressources aucunes. Veuillez donc, Monsieur, prendre en considération sa malheureuse position et lui faire obtenir une somme, à titre de secours définitif. » Son frère avait fait une lettre à peu près identique en date du 20 avril 1831, à en-tête de la Commission des récompenses nationales, dont il était un des jurés, et dans laquelle il donnait cette autre précision : « […] Il ne dut son salut qu’à notre brave président, le général Fabvier, chargé alors d’une mission du gouvernement pour arrêter le sang répandu sur l’échafaud dans la ville de Lyon […]. » Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il fit partie, en 1846, des allocataires de la somme de trois mille cent soixante-dix francs répartie entre soixante-dix-neuf décorés, blessés, femmes ou veuves de combattants de Juillet. Il signa, le 23 mars 1848, le certificat suivant en faveur de Donat, Anatole, Gabriel, quand ce dernier sollicita un emploi devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, combattants de Février, certifions avoir vu, le 22 février à midi et demi environ, le citoyen Donat, Anatole, après avoir reçu la charge des gardes municipaux à cheval, sauver un patriote qui était foulé aux pieds en renversant de cheval le garde municipal qui le tuait. » Puis cet autre, le 17 mai 1848, en faveur du même : « Les soussignés, combattants et décorés de Juillet, attestent sous leur responsabilité individuelle que le citoyen Anatole Donat, employé au mont-de-piété dès le 1er février 1829, a combattu vaillamment dans les journées de juillet 1830 et notamment sur la place de la Bastille. Qu’en 1831, il faisait partie de la Société des droits de l’homme et du citoyen (section de la rue de Lancry). Qu’en 1832, il offrit, à ses risques et périls, un asile au citoyen Geibel aîné, poursuivi par la police de Gisquet comme combattant des 5 et 6 juin. Que ses opinions républicaines, manifestées hautement dans l’administration dont il faisait partie, non seulement le privèrent de tout avancement mais qu’elles le forcèrent à donner sa démission tant il eut alors à supporter de malveillances et de persécutions. Que dans les glorieuses journées de Février, il fut un des premiers combattants : le 22 à midi trois quarts environ il désarma, en les désarçonnant, un garde municipal à cheval, qui, après avoir déjà sabré un patriote, en tuait un autre sous les pieds de son cheval, boulevard des capucines. L’acte de courage du citoyen Anatole Donat sauva la vie à ce patriote. Qu’enfin le citoyen Anatole Donat a supporté jusqu’à ce jour toutes sortes de privations, sans jamais rien recevoir du gouvernement déchu. Les citoyens soussignés estiment que la république n’a pas de partisan plus dévoué que le citoyen Anatole Donat et que ce dernier a des droits imprescriptibles à une fonction honorable. » Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait montée Saint-Barthélemy, maison de la Propagation à Lyon en 1817 ; 7, rue du Marché-Sainte-Catherine en 1831 ; 10, rue du Petit-Musc vers 1838 ; impasse Rouge, rue Neuve-des-Amandiers à Charonne en 1848 ; 65, rue des Amandiers à Belleville en 1850-1851 ; 13, rue des Haies à Montreuil en 1852-1853. Causes (en partie) inconnues des principaux événements qui ont eu lieu en France depuis trente-deux ans et vie de lauteur, J.-B.-M. Robert, ancien avocat au parlement de Normandie, tome II, Paris, chez l’auteur rue Traversière-Saint-Honoré, décembre 1817, p. 318 ; La Vérité sur les événements de Lyon en 1817, réponse au mémoire de M. le colonel Fabvier, par M. le comte de Fargues, maire de la ville de Lyon, membre de la Chambre des députés, Lyon chez Chambet, Paris chez Delaunay, 1818, pp. 159-160, 197, 200, 202, 207 ; Procès des prévenus de la conspiration formée à Lyon au mois de janvier 1816, Lyon chez Chambet, 1816 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) (in dossier Geibel, Antoine, Benoit) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 10 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Louessard ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 (sous le nom de Geybel) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 385 in dossier Donat, Anatole, Gabriel.

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