Gillet, Nicolas
Biographie
Né vers 1762 à Cherisey (Moselle). Imprimeur compositeur. Il fut blessé, le 28 juillet sur le quai Malaquais, d’un coup de feu qui lui « traversa de part en part les parties molles du tiers supérieur de la cuisse gauche », selon un certificat médical. Transporté à l’hôpital de la Charité, il y mourut des suites de sa blessure le 15 août suivant, à 5 heures du matin, salle Saint-Augustin lit n° 18. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le 8 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Drevelle, Honoré, Joseph, imprimeur, demeurant 13, rue Saint-Benoît ; Marquois, Augustin, Michel, imprimeur, demeurant 118, rue Saint-Jacques ; Mabilau, Claude, Urbain, imprimeur, demeurant 32, rue du Dragon. Ils attestèrent savoir que Gillet, Nicolas « a été blessé le 28 juillet 1830 sur le quai Malaquais, a été transporté de suite à la Charité et y est décédé le 15 août 1830 des suites de sa blessure ». Il laissait une veuve, Gillet, Marie, née le 21 décembre 1766 à Toul (Moselle), qui reçut (sous le nom de Gilet) un secours de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Pour suppléer à la perte de son acte de naissance dans les archives, la veuve dut produire sept témoins. Ainsi, le 22 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Fischer, Nicolas, tailleur, demeurant 2, rue Childebert ; Langlois, Auguste, fabricant de chaises, demeurant 13, rue Neuve-Guillemain ; Cormier, Louis, layetier-emballeur, demeurant 5, rue de l’Abbaye ; Cronier, Nicolas, Henry, imprimeur en caractères, demeurant 3, rue Childebert ; Caillet, Charles, tailleur, demeurant 4, rue Childebert ; Girardin, Antoine, Charles, Madeleine, Ferdinand, revendeur, demeurant 11, rue Childebert. Ils attestèrent bien connaître Gillet, Marie, et savoir qu’elle était née le 21 décembre 1766 à Toul (Moselle), de Gillet, Nicolas et de Lanty, Catherine, son épouse. Gillet, Marie fut pensionnée de cinq cents francs. Gillet laissait aussi deux enfants majeurs. Un fils sollicita un emploi de piqueur des Ponts et Chaussées afin de subvenir à l’existence de sa mère, devenue veuve. En 1832, la veuve sollicita l’autorisation de la mairie du (ancien) Xe arrondissement de vendre une partie de sa rente, ses « deux fils, imprimeurs, âgés de vingt à vingt-trois ans qui ont été sans ouvrage depuis le mois de juillet 1830, et qui lui ont été à charge presque tout ce temps. Ayant tous ses meilleurs effets au mont-de-piété, étant très endettée et principalement envers son propriétaire ». Gillet demeurait 38, rue du Four-Saint-Germain ; sa veuve, même adresse en 1832. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 63 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossiers individuels, idem Citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/56 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves.