Gillet, Paul
Biographie
Né le 4 mai 1806 à Paris. Négociant. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il signa, vers septembre 1830 et comme « capitaine de grenadiers du 3e bataillon de la XIe légion de la garde nationale », le certificat suivant en faveur de Rojare, Paul, Emile (qui demeurait lui aussi 16, rue de la Harpe) : « J’ai l’honneur d’attester la conduite du caporal Rojare, conduite qui le rend digne de la bienveillance de notre brave général Lafayette, à qui je prends la liberté de recommander particulièrement ce père de famille. » En mars 1831, il s’était retiré du négoce pour se consacrer à ses fonctions de maire adjoint du (ancien) XIe arrondissement. Il sollicita, le 18 mars 1831, la décoration de la Légion d’honneur et adressa au ministre de l’Intérieur la lettre suivante : « L’attention que le roi vient de donner à mes honorables collègues du (ancien) VIIIe arrondissement, en les nommant membres de la Légion d’honneur, pour la conduite qu’ils ont montrée contre les agitateurs, m’encourage à mettre sous vos yeux celle que j’ai tenue dans le mois de décembre dernier, pendant les troubles dont notre arrondissement a été le théâtre [à l’occasion du procès des anciens ministres de Charles X, N.D.A.]. Si vous y voyez quelque analogie avec la leur, je serai très fier d’en recevoir le même prix. C’est la seule ambition que j’ai jamais eue. Voici les faits. Le 22 décembre dernier, (il vous serait facile de vous en assurer), j’ai, étant revêtu de mon écharpe, été constamment à la tête des colonnes de gardes nationales, en face des agitateurs. Ayant appris qu’un rassemblement considérable s’était porté rue de l’Ecole-de-Médecine, je m’y transportai sur-le-champ. Déjà la garde nationale et les mutins étaient prêts d’en venir aux mains ; je m’avançai à la tête de la colonne et parlai aux perturbateurs. Mes paroles furent paralysées par les excitations d’un homme qui me parut être leur chef. Déjà on lançait sur nous des pierres et autres projectiles. Je m’élançai sur celui que je regardai comme le chef, je m’en saisis, à huit ou dix pas en avant de la colonne de gardes nationales et, malgré la résistance qui me fut opposée par lui et les coups qui me furent portés par ses complices, je parvins, à l’aide de la force musculaire dont je suis pourvu, à le livrer à la garde nationale qui était aux prises avec l’attroupement. Malgré l’opiniâtre résistance des mutins, j’eus la satisfaction d’être assuré que pas une goutte de sang n’avait été versée. Cette victoire a été due à l’admirable fermeté de la garde nationale stationnée sur ce point et, permettez-moi de le penser, à la capture de l’homme que je regardais comme le chef de l’attroupement. Mes habits en désordre, mon écharpe arrachée, meurtri de coups, c’est dans cet état que j’ai conduit mon prisonnier à la prison de la Chambre des pairs. Un procès-verbal a constaté ces faits. Cette affaire paraîtra à la cour d’assises, le 24 courant. Ma conduite politique est très connue dans mon arrondissement. J’ai depuis quinze ans, dans les élections, été constamment à la tête des constitutionnels. J’ai dû à la confiance de mes concitoyens d’avoir été nommé plusieurs fois membre des bureaux définitifs. J’ai eu l’honneur d’être, dans les dernières élections, en concurrence avec l’honorable M. Séguier, premier président de la cour royale pour la présidence du collège électoral de mon arrondissement. Mes concitoyens m’ont aussi élevé au rang de capitaine de grenadiers. J’ai été trente ans négociant, je suis retiré depuis trois mois des affaires, en partie pour me livrer aux fonctions municipales où les suffrages de mes concitoyens et la confiance du roi m’ont élevé. Pardonnez-moi ces détails, monsieur le ministre, mais il me semble que pour décerner une récompense aussi honorable il faut savoir pourquoi et à qui on la donne. J’appelle sur moi et sur ma conduite politique et privée les investigations les plus sévères. Quel que soit le résultat de cette lettre, je vous prie de croire, monsieur le ministre, etc. » Sa demande était appuyée par B..., député du (ancien) XIe arrondissement de Paris. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en date du 28 octobre 1831. Il demeurait 16, rue de la Harpe en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 in dossier Rojare, Paul, Emile ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/G/5 récompenses honorifiques. Il n’est pas dans la base leonore de la Légion d’honneur.