Goujon, Charles, Marie

Biographie


Né vers 1801. Lunettier. Il fut blessé par un coup de feu ou une balle morte reçu dans le pied gauche. Soutien de ses parents, il reçut un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, après la révolution, un total de cent cinquante secours auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Gendrin, Augustin, Nicolas (voir ce nom), médecin qui donna des soins à l’ambulance qu’il avait ouverte au 45-47, rue de Grenelle-Saint-Honoré, dans le rapport qu’il fit au commissaire de police du quartier de la Banque de France, qui le lui avait demandé, donnait le témoignage suivant de la conduite de Goujon : « […] Au moment des combats, on a été informés que les soldats qui tombaient blessés restaient sans secours sur place, soit parce que l’on mettait de la négligence à les relever soit parce que les régiments engagés se trouvaient séparés de leurs ambulances. Cette circonstance, malheureuse puisque tout homme blessé doit être également secouru quelle que soit la cause pour laquelle il combat, montrait la nécessité de trouver des infirmiers assez courageux pour aller recueillir les blessés au milieu des combattants. Il a suffi pour trouver ces hommes dévoués de signaler ce devoir à remplir aux braves désarmés ou manquant de munitions, qui circulaient continuellement dans les rues. J’ai inutilement tenté de connaître les noms de ces hommes courageux, tous se sont refusés à les donner. Je suis réduit à n’en citer qu’un seul qui s’est souvent chargé de diriger les autres, avec une intrépidité au-dessus de tout éloge, c’est le nommé Goujon, lunettier, ancien sergent d’artillerie de marine, demeurant rue Pastourel n° 8 à Paris. […] M. le colonel Zimmer, auprès duquel j’avais envoyé le 29 au soir [un billet] pour qu’il fît établir un poste à l’ambulance, avait bien voulu me donner un ordre à cette fin mais la confusion était si grande qu’il a été impossible de détourner les hommes de garde de devoirs qu’ils avaient à remplir dans les postes plus importants. Force a donc été de se borner à faire garder l’ambulance par ceux qui y avaient fait la police toute la journée. Parmi ces derniers, je dois citer particulièrement M. Fortin, plumassier rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 47, M. Fleury (voir Fleury, J.J ?), concierge de la maison, le nommé Goujon, ex-sergent d’artillerie de marine, que j’ai déjà cité. Les autres citoyens ont refusé de donner leurs noms. Je recommande surtout le nommé Goujon. Ce brave est, à ce qu’il paraît, dans l’indigence, après avoir affronté les plus grands dangers pour accueillir les blessés et n’a cessé de les soigner avec le plus grand zèle, le jour et la nuit. Il a fait depuis partie de la garde nationale envoyée à Rambouillet. » Et aussi : « […] Cet homme a dirigé les porteurs au milieu des dangers avec un courage extraordinaire. Il nous a déclaré qu’il avait été sergent de marine, qu’il avait été décoré mais qu’il avait été suspendu de sa décoration pendant douze ans pour fait d’insubordination. » Il demeurait 8, rue Pastourel en 1830-1831 Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Gendrin, Augustin, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gendrin ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des blessés non classés et de la 1re classe.

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