Gouvignon aîné

Biographie


Dentiste. Il est inscrit sur les listes de la mairie du (ancien) IXe arrondissement comme n’ayant reçu aucun secours de la part de cette même mairie. En 1831, il sollicita auprès du roi l’obtention de la Croix de Juillet : « Ma conduite est connue de tous mes concitoyens. Mon zèle et ma fidélité sont à toute épreuve. Je n’ai pas la Croix de Juillet, et je suis sûr de l’avoir méritée. » Il signait sa lettre comme « le plus fidèle sujet du roi ». On trouve dans le dossier d’Utinet, Richard, Etienne, la copie de la lettre suivante qu’il avait adressée à ce dernier : « Je prends la liberté de vous écrire pour savoir de vos nouvelles car je me rappelle toujours le zèle que vous avez apporté avec moi le 29 juillet et je serai fâché que vous fussiez malade ou votre famille. Je vous dirai qu’on a coupé le bras gauche à un de nos jeunes gens qui étaient avec nous lorsque nous rafraîchissions les postes. Je vous souhaite le bonjour et moi je vous prie de vouloir bien me donner de vos nouvelles. J’ai l’honneur de vous saluer avec le plus grand respect. » Il signa, le 8 juillet 1831, un certificat en faveur de Bonneville, Brutus (voir ce nom) et qui le fait apparaître, lui-même, comme un combattant de Juillet. Ce certificat était aussi signé par Bernier, A., professeur de langue française, demeurant 28, rue de la Comtesse-d’Artois ; Durin (ou Duvin ?), peintre, demeurant 15, rue Jean-Pain-Mollet ; Lemelle, dentiste, demeurant 4, rue de la Vieille-Draperie ; Bouchez (ou Boucher ?), demeurant 28, rue de l’Orangerie à Versailles ; Moisy, marchand de vins, demeurant 2, place du Châtelet ; Vaissiere (voir Vaissiere, Jean-Philippe. ?), vannier, demeurant 30, rue Coquenard. Ce certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le nommé Brutus Bonneville, élève interne de l’hôpital Saint-Louis, demeurant rue Neuve-Coquenard n° 10, faubourg Montmartre, s’est trouvé dans nos rangs lors des mémorables journées de juillet 1830, qu’il a participé, comme nous, à la défense commune de nos droits, violés et méconnus, de notre indépendance et de notre liberté et contribué personnellement au renversement du trône de Charles X et de son gouvernement, qu’à la tête d’un nombre de dix individus, qu’il a rassemblés et dont nous faisions partie, il nous a d’abord conduits sur la place du Châtelet, qu’arrivés sur ce lieu, il s’est emparé du poste qui se trouvait occupé et défendu par des gendarmes, qu’il a désarmés, qu’ensuite ses dix hommes et lui, munis de leurs armes, ont pris une autre direction et sont allés grossir le nombre des combattants de la place de Grève, qui maintenait cette position dangereuse et qui résistait opiniâtrement aux attaques sanglantes et meurtrières des troupes de Charles X. Et de là sur divers points également attaqués, où nous l’avons suivi, toujours en combattant et où il s’est signalé comme un brave, que partout il était à notre tête et s’exposait le premier au poste le plus périlleux. Il n’a quitté ces lieux de carnage et de destruction que pour se rendre le lendemain 28 à l’hôpital Saint-Louis porter des secours et donner ses soins à nos frères blessés. Services honorables attestés par les certificats des médecins et chirurgiens chefs dudit hôpital, qu’il nous a exhibés. Nous déclarons que les fait relatés en ce certificat sont à notre connaissance, c’est pour quoi nous désirons que ce témoignage public que nous aimons à rendre de son dévouement et de son patriotisme lui serve de titre de recommandation parce que nous pensons qu’il a bien mérité de la reconnaissance de ses concitoyens en se comportant dans ces circonstances en véritable Français, ami de son pays ainsi que de sa gloire et de son honneur. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent par duplicata parce qu’il nous a déclaré avoir perdu son premier titre, pour lui servir au besoin. » Il demeurait 8, rue de la Lanterne à la Cité en 1830-1831. Archives de Paris VK3 54 in dossier Utinet, Richard, Etienne ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Bonneville, Brutus.

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