Grand, Jean, Pierre
Biographie
Né le 23 vendémiaire an XII à Saint-Etienne-Lardeyrol (Haute-Loire), fils de Grand, François et de Villevielle, Anne, son épouse. Il satisfit à la loi sur le tirage de la classe 1823 et ne fut jamais appelé, ayant obtenu le numéro 75. Menuisier. Grièvement blessé, le 28 juillet rue Saint Martin, d’un coup de feu qui lui traversa la poitrine de part en part, il mourut vers 22 heures des suites de sa blessure. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le certificat suivant attestait la nature de ses blessures et son décès : « Je, soussigné, Lasne, Jean, André, docteur en médecine, demeurant rue des Fontaines-du-Temple n° 13, certifie que le nommé Grand, Jean, Pierre a été frappé le mercredi 28 juillet d’une balle au côté gauche de la poitrine entre la septième cote et le sternum, qui est sortie derrière le dos, deux travers de doigt au-dessus de la crête de l’os des isles du même côté. Ce blessé, qui demeurait rue Neuve-Sainte-Elisabeth n° 2, a été pansé et soigné par moi et est mort sur les 10 heures du soir des suites de cette blessure. » Signé, le 9 août 1830 : Lasne, Jean, André, médecin. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 1er mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Farissier, Gabriel, menuisier, demeurant 2, rue Sainte-Elisabeth ; Villebœuf, Léonard, menuisier, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent ; Crompach, Charles, marchand épicier, demeurant 8, rue des Fontaines. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Grand, Jean, Pierre et « qu’ils l’ont vu sortir de chez lui le 28 juillet dernier pour aller combattre pour la cause de la liberté ; qu’il a été blessé par une balle à la poitrine et qu’il est mort des suites de ce coup de feu le même jour entre 9 et 10 heures du soir ». Ses deux parents étaient morts : Grand, François était décédé le 13 décembre 1815 à Saint-Etienne-Lardeyrol ; Villevielle, Anne était décédée le 25 mars 1823 aussi à Saint-Etienne-Lardeyrol. Ils avaient trois enfants : Jean-Baptiste, né à Saint-Etienne-Lardeyrol, ouvrier facteur de pianos, demeurant 27, rue Meslay (27, rue Meslay en octobre 1831 sur les listes de la mairie in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, III, Enregistrement des bons délivrés etc.) à Paris en 1830, Louis, tailleur, né le 10 mars 1810 à Saint-Etienne-Lardeyrol, Jean-André, né le 18 octobre 1812 à Saint-Etienne-Lardeyrol, Marthe, née le 26 juillet 1815 à Saint-Etienne-Lardeyrol, qui pouvait être assimilée aux orphelines de Juillet. Le maire de la commune de Saint-Etienne-Lardeyrol, délivra un certificat, en date du 21 mars 1831, pour attester que Marthe était « dans l’indigence, n’ayant aucunes ressources pour vivre ». Villebœuf, menuisier, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent, fit la lettre de recommandation suivante : « Je certifie que le nommé Grand, Jean, Pierre, mort pour sa patrie le 28 de juillet, dans la rue Saint-Martin, était de grand secours à ses petits frères et sœur, orphelins dans son pays à Saint-Etienne-Lardeyrol. Je prie messieurs les administrateurs qui sont chargés des soulagements de ne pas oublier ces malheureux orphelins qui ont perdu leurs ressources en perdant leur frère. » Marthe fut effectivement assimilée aux orphelins de Juillet et pensionnée de cent cinquante francs parce que sœur d’une victime des combats de Juillet et déjà orpheline. Marthe reçut un secours de soixante francs, le 17 août 1830, un secours de cinquante francs, le 9 septembre (versé à Jean-Baptiste), un secours de cent francs, le 15 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le conseil de famille de l’orpheline était composé de Maurin, François, oncle, demeurant à Saint-Etienne-Lardeyrol, et de Grand, Baptiste, Jean, subrogé-tuteur, demeurant aussi à Saint-Etienne-Lardeyrol en 1831. Elle fut placée dans l’établissement de Mme Guenier, maîtresse de pension 19, rue Charlot, et reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1831. Marthe reçut, en 1832 et de la part de la Commission de la souscription nationale, une somme de mille cinq cents francs, à titre de cas exceptionnels. En janvier 1832, Marthe fut admis chez Mme Bocquillon, maîtresse couturière, 13, rue Neuve-Saint-Eustache, pour y apprendre l’état de couturière. Le 24 juillet 1840, les restes de Grand furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Grand demeurait 29, rue de la Madeleine en 1829 ; 2, rue Neuve-Sainte-Elisabeth en 1830 ; sa sœur, à Saint-Etienne-Lardeyrol (mais à Saint-Etienne-Lardeyrol et 17, rue Meslay ou 27, rue Meslay à Paris in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) en 1831. Le nom de Grand (J.-P. Grand) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins, liste nominative des cas exceptionnels du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 101 lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 65 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, relevé nominatif des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 par suite de coups de feu, idem Répertoire alphabétique des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem Liste nominative des orphelines, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (orphelins au-dessus de sept ans), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat des sommes payées en vertu de la lettre du 24 janvier 1832 de M. le préfet de la Seine aux blessés, ascendants et orphelins et que la Commission de la souscription nationale a compris dans la liste des indemnités exceptionnelles qu’elle a accordées ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 34-35 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIe arrondissement, orphelines des départements et sœurs orphelines admises à la pension en vertu de l’article 4 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, commission municipale du VIe arrondissement, état des orphelins de Juillet adoptés par l’Etat […] et qui […] ont droit à un trousseau de 300 francs. Ledit état contenant les orphelins sur le sort desquels il a été statué par la commission du VIe arrondissement jusque et y compris le 3 février 1831) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Badès ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi idem F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet aussi idem F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, cas exceptionnels et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien VIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.