Grandjean, Nicolas

Biographie


Né le 19 mai 1801 à Paris. Marchand de vins. Le Constitutionnel, en date du 12 août 1830, rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Le sieur Grandjean, marchand de vin rue de Sèvres, père de quatre enfants, a montré autant d’intrépidité que de dévouement ; sorti le 27, il n’est rentré que le 29 au soir. On l’a vu partout où il y avait des dangers à courir. Seul il a réuni en une heure plus de deux cents braves, qui ont concouru à l’attaque de la caserne de Babylone. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il signa, le 8 février 1831, le certificat suivant en faveur de Peulvé, Stanislas : « Je certifie que le nommé Peulvé, Stanislas était à la prise de l’Abbaye, Montaigu, à Babylone les 28 et 29 juillet. Je l’ai vu à plusieurs reprises. » Il y prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 20 mai 1831, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 23 août 1831. Il signa, le 21 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Delarue, Louis, Alphonse, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions que le nommé Louis, Alphonse de Larue (sic), dans les journées du 27, 28 et 29 juillet, s’est armé d’un fusil qu’il a pris à un soldat du 15e de ligne et qu’il était du détachement qui s’est porté à la place de l’Odéon le 28 juillet (sic) pour prendre la caserne Babylone ; en outre, qu’il a fait partie des braves qui sont allés à Rambouillet et qu’il a été un des premiers à monter la garde à la caserne Babylone lorsqu’il est revenu de Rambouillet. » Il signa, le 2 août 1831, le certificat suivant en faveur de Jamois, Louis, Etienne, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Louis, Etienne Jamois est sorti, étant armé d’un fusil et d’un sabre, la journée du 28 au matin, pour aller se battre à la Grève, et qu’il était à la prise de la caserne de Babylone et qu’il est resté de garde jusqu’au 4 août, époque où il fut à Rambouillet, sous les ordres de MM. Augier et Mostelot illisible, élèves de l’Ecole polytechnique, faisant les fonctions d’officier. » Il comparut, le 12 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester que que Peltier, Nicolas, François avait « été blessé de plusieurs coups de feu dans ladite rue Traverse, daans l’affaire de la caserne de Babylone le 29 juillet 1830 au matin et qu’il est mort le soir à 5 heures, hospice des Incurables, des suites de ses blessures ». Il comparut, le 11 mars 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, pour attester que Peltier, François, Charles, le père de Peltier, Nicolas, François, était « dans un état vraiment nécessiteux et peut à peine suffire à ses besoins et à ceux de son épouse, qui à cause de sa mauvaise santé ne peut presque plus travailler ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Intérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En 1832, il était garde national à la Xe légion. Il demeurait 115, rue de Sèvres en 1830-1833. Le Constitutionnel, 12 août 1830 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement, liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833 ; Archives de Paris VK3 50 in dossier Peulvé, Stanislas ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 28 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement idem liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Peltier, Nicolas, François ; Archives nationales F/1dIII/82 lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delarue, Louis, Alphonse ; Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Jamois, Louis, Etienne.

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