Grandménil, Silas, René, Pierre

Biographie


Né le 22 juin 1794 à Brézé (Maine-et-Loire). Chirurgien. Il signa avec A. Corréard, directeur du Journal du génie civil, Ledain, docteur en médecine, Huré jeune, homme de lettres, Brissaud, ancien gérant de la Gazette constitutionnelle des cultes, Dufey de l’Yonne, avocat, Vial, négociant, Benjamin Laroche, homme de lettres, Bonnin, publiciste, A.-J. Sanson, ancien libraire et homme de lettres, Ricque, médecin, Esneaux, homme de lettres une Réponse de la Commission des condamnés pour délits politiques au discours que fit Guizot à la Chambre, le 16 novembre 1831 ; cette réponse rappelait aussi dans ces termes les antécédents de Guizot : « M. Guizot a dit à la tribune nationale […] : “Sans doute des conspirations ont eu lieu contre lui (Charles X) comme contre son frère ; la France ne s’y est pas associée. La France a laissé passer les conspirations et les insurrections ; elle a voulu voir et attendre jusqu’au bout ; elle a voulu savoir si ceux qui lui avaient donné la Charte, l’avaient acceptée pour leur propre compte. Ce sont les ordonnances de juillet qui lui ont appris qu’ils ne l’avaient pas acceptée.

”Alors la France s’est levée ; la France qui n’avait point pris part aux conspirations et aux insurrections ; la France qui s’était séparée des ennemis de la branche aînée des Bourbons, la France s’est déclarée alors, et la branche aînée des Bourbons est tombée dans la première bataille que la France a livrée contre elle.”

»Dire que la France a voulu voir et attendre jusquau bout… dire que la France sétait séparée des ennemis de la branche aînée des Bourbons, c’est insinuer trop clairement en vérité que la France fut aveugle et insensible jusqu’en 1830, et qu’elle improuva ceux de ses enfants qui entreprirent de la délivrer avant les ordonnances de juillet. Cette assertion, plus que hardie, est injurieuse à la France, qui n’a pas besoin de seize années d’épreuve pour juger ses rois, et aux nombreux citoyens qui croyaient bien mériter de la patrie en se dévouant pour l’affranchir d’un joug universellement détesté.

»La Commission des condamnés politiques doit répondre à cela.

»[…] M. Guizot est un émigré de Gand ; M. Guizot était le secrétaire général du ministère de la Justice, alors que le ministère de la Justice laissait impunément égorger dans le Midi les protestants, coreligionnaires de M. Guizot qui ne risqua pas un seul mot, que nous sachions, pour la défense de ces malheureux ; M. Guizot fut l’un des principaux employés de la police de M. de Cazes, qui expédiait par le télégraphe l’ordre d’exécuter à mort un enfant de seize ans ; M. Guizot fut l’un des séides de la Première et de la Seconde Restauration. M. Guizot se sépara de la branche aînée des Bourbons, dès qu’il plut à la branche aînée des Bourbons de répudier ses services, et, comme ce Serforius du canapé s’imagine que la France est toute où il est, il proclame ingénument que la France se sépara des ennemis de la branche aînée des Bourbons, lorsque lui-même servit ces princes, et que la France se tourna contre eux, lorsque, repoussé par eux, il prit parti contre eux. […] » Nous empruntons au Dictionnaire biographique de Maitron la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Il y aurait eu chez lui, 12 rue Hautefeuille, le 22 ou le 23 juin, un rendez-vous de préparation aux journées de juin 1848. Alors que Caussidière était préfet de police, Grandmesnil avait présidé à la Préfecture de police la réunion informelle au cours de laquelle Delahodde avait avoué sa trahison. Début juillet 1848, Grandmesnil, rédacteur en chef de La Réforme, fut arrêté et conduit au dépôt de la préfecture. Il était vice-président de la commission des condamnés politiques, de même de la Société des Droits et des Devoirs, secrétaire de la Commission des récompenses nationales. Il y aurait eu chez lui, nous y venons donc, et dans le café tout proche d’Isidore Defourmentelle, des réunions de préparation à l’insurrection de juin, avec Caussidière, Ferdinand Flocon, Joseph Pelvilain, etc. Grandmesnil fut arrêté le 31 juin, libéré le 20 septembre, arrêté de nouveau le 22. Les débats opposent le témoin à charge Chenu à l’avocat Crémieux qui nie les faits et Grandmesnil est remis en liberté. Grandmesnil avait été “une figure majeure des sociétés secrètes et du républicanisme démocratique et social de l’Ouest” (J.-N. Tardy). Souvent monté à Paris, il sera hostile à Blanqui, comme son ami Caussidière. Engagé à 18 ans, Grandmesnil apprend la médecine aux ambulances de la garde impériale. Il en devient le chirurgien titulaire. En 1814 il est au nombre des défenseurs d’Anvers. Il participe à la campagne de l’armée de la Loire jusqu’à son licenciement. Compromis dans l’affaire du général Berton (il est alors chirurgien aux Rosières), il est condamné à mort, passe en Espagne, au Portugal, en Angleterre. De retour en 1830 il reprend du service au 10e cuirassiers, jusqu’en 1833. Il devient le gérant de La Réforme. On l’a vu à l’œuvre en 1848 ; impliqué dans la manifestation du 13 juin 1849, il échappe aux poursuites. En 1859 il fonde un journal favorable à l’unité italienne intitulé La Victoire. » L’ouvrage donne les références suivantes : Marc Caussidière, La Révolution de février. Mémoires de Caussidière, ex-préfet de police et représentant du peuple, Bruxelles, Société Typographique Belge, 1849, 396 p. Journal des débats politiques et littéraires, 2 août 1822, p. 3 ; 8 novembre 1822, p. 4, 2 juillet, 5, 18, 19 novembre 1848. Jean-Noël Tardy, L’Age des ombres. Complots, conspirations et sociétés secrètes au XIXe siècle, Paris, Belles Lettres, 2015, 671 p. Il reçut en 1851 de la préfecture de police un secours de 300 francs, à titre d’ancien prisonnier politique ; son dossier est ainsi annoté : « recevait un secours annuel de 1.200 francs, n’a rien touché depuis le 30 avril 1850. » Il est noté pour avoir touché un secours de cent francs en 1851, un secours de cent cinquante francs à chaque trimestre de 1852. Son secours apparaît sur les registres de la préfecture de police comme supprimé pour le 2e trimestre, mais rétabli peu après, pour cent cinquante francs, les renseignements recueillis ayant paru insuffisants. Il reçut un secours de cent cinquante francs au 1er trimestre de 1853, de la préfecture de police, en tant qu’ancien condamné politique. Il mourut à Paris le 20 avril 1863. Il demeurait 20, rue Poupée en 1851-1852. Réponse de la Commission des condamnés pour délits politiques au discours de M. Guizot du 16 novembre 1831, Corréard, imprimerie de Mie, 1831 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées pour le mois de janvier 1848 aux condamnés politiques de la Restauration qui résident à Paris (cent francs dans son cas) ; Archives de la préfecture de police AA 368, Etat de répartition des secours, budget de 1851 (cité deux fois), idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, 1er trimestre 1852, idem 2e trimestre, idem Rapport au ministre de la Police générale, en date du 13 septembre 1852, minute 216, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852 (secours à divers titres), et afférents aux 3e et 4e trimestres de 1852, minute 263, idem Etat de répartition de secours entre vingt-cinq personnes qui recevaient des allocations sur les crédits spéciaux que les anciens budgets consacraient aux condamnés politiques, 1er trimestre 1853, minute 275 ; Etat de répartition de secours entre quatre-vingt-sept personnes qui recevaient des allocations sur les crédits spéciaux que les anciens budgets consacraient aux condamnés politiques, 3e et 4e trimestres réunis, minute 265.

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