Gravelle, Louis

Biographie


Né le 11 janvier 1793 au Sap (Orne). Ancien sergent au 12e régiment d’infanterie légère, devenu traiteur. Il prit les armes dès le 27 juillet et ne cessa « de se montrer avec son habit de garde national dans les endroits les plus périlleux. Le mercredi, il est parti de chez lui à partir de 5 heures du matin et n’est rentré qu’à plus de minuit. » Le jeudi 29, il repartit de même avant 5 heures mais, vers midi, alors qu’il combattait dans la rue de Langlade, à l’entrée du passage Saint-Guillaume, il fut atteint d’un coup de feu au côté droit qui lui traversa le corps de part en part jusqu’à ressortir par le côté gauche. Gravelle s’écroula ; reprenant ses forces, il s’adossa à une muraille et voulut continuer à se battre, jusqu’à l’épuisement du peu de forces qui lui restaient. Il tenta de recharger une dernière fois son fusil puis expira. Il fut enterré au Louvre. On trouve dans Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor ou le chien fidèle, contenant des détails circonstanciés sur les événements arrivés à son maître, mort à la prise du Louvre, le texte de l’inscription qui fut déposée sur sa tombe : « Gravelle, âgé de 38 ans, mort le 29 juillet, en combattant pour la liberté. » Le Courrier français, Le National et l’Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets relataient ainsi les circonstances de sa mort : « M. Gravel, traiteur, rue Grenelle-Saint-Honoré, n° 22, était à table avec vingt personnes ; il en sort spontanément, s’élance sur son fusil, le charge en présence de sa femme et de ses jeunes enfants en pleurs autour de lui : “La patrie m’appelle, leur dit-il ; si je meurs, la Providence vous aidera.” Il avait déjà tué six gardes royaux, lorsqu’une balle lui traversa les reins ; il s’appuie sur la muraille, recharge son fusil, et meurt. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement mais sans doute aussi par la mairie du (ancien) XIe arrondissement puisque les parents y sont pensionnés... Le certificat suivant constatait les circonstances dans lesquelles il avait été blessé : « Nous, soussignés, certifions que M. Louis Gravelle, restaurateur, rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 22, ancien sergent au 12e régiment d’infanterie légère, a combattu pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier avec la plus grande bravoure ; que le jeudi 29 vers 1 heure de l’après-midi, il a été atteint d’une balle. Il était alors placé à l’entrée du passage Saint-Guillaume. Malgré cette blessure mortelle, il n’a pas voulu quitter le combat et a demandé qu’on l’adossât à la muraille. Il a expiré les armes à la main, lorsqu’il essayait une dernière fois de recharger son fusil. Il laisse une veuve et un petit garçon de huit ans. » Signé, le 11 août 1830 : Leloup de Saucy, avocat à la cour royale, demeurant 33, rue des Deux-Ecus ; Perret, Alexandre ; Auburtin ; Loutrel, limonadier, demeurant 31, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Gallot, limonadier, demeurant 33, rue des Deux-Ecus ; Goiset aîné, ancien agent de change, propriétaire de la maison où demeurait le défunt, 22, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Leloup de Saucy, avocat à la cour royale, demeurant 33, rue des Deux-Ecus, fit la recommandation suivante à adresser à « Quentin, chargé du quartier Saint-Honoré » : « Ce brave homme, père de famille, s’est armé un des premiers le mardi 27 juillet. Il n’a cessé de se montrer avec son habit de garde national dans les endroits les plus périlleux. Le mercredi, il est parti de chez lui à 5 heures du matin et n’est rentré qu’à près de minuit. Le jeudi, il est encore reparti avant 5 heures et vers midi il a été frappé d’une balle à l’entrée du passage Saint-Guillaume. Malgré l’épuisement de ses forces, il n’a point voulu qu’on l’emportât ; il s’est adossé à la muraille et a tiré une dernière fois son fusil. Peu d’instants après, il a expiré. Je recommande bien spécialement la veuve et l’enfant de ce brave et digne citoyen à mon ami Emile Viguier. » Gravelle laissait des parents, Gravelle, Louis, François, né le 3 août 1761 (mais le 3 août 1770 in Tableau des pensions) à Chaumont (Orne), journalier, et Vallée, Suzanne, Catherine, née le 23 septembre 1770 au Sap (Orne), qui furent pensionnés de trois cents francs et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. Les parents s’étaient mariés le 11 février 1792 au Sap ; sur l’acte de mariage, Gravelle, Louis (sic), est indiqué comme fils de Gravelle, Michel et de feue Vallée, Marie ; Vallée, Suzanne, Catherine est indiquée comme fille de Vallée, Jean et de Dulam..., Catherine. Il laissait une veuve, Matthieu, Justine, Florence, Aimable (mais Mathieu in Archives nationales F/1dIII/35 A), née le 12 octobre 1785 à Coubert (Seine-et-Marne), qu’il avait épousée le 13 avril 1820 à Paris, qui reçut un secours de cent quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, qui reçut quatre cent trente-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, puis fut pensionnée de cinq cents francs, et reçut de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Il laissait un fils Jules, Auguste, né le 1er septembre 1822 (par erreur le 2 septembre 1822 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, qui fut pensionné de sept cents francs et reçut une inscription de rentes de la Commission de la souscription nationale. Le conseil de famille de l’orphelin était composé de la mère et de Boitard, Etienne, Jean, marchand de vin, subrogé-tuteur, demeurant à Draveil (Seine-et-Oise) (mais 9, rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts in Archives nationales F/1dIII/82 et in Archives nationales F/15/2557-2559 état officiel des orphelins) en 1831. Le fils obtint une bourse entière et un trousseau, offert par le roi, en 1831 et fut élevé au lycée Louis-le-Grand à Paris (au moins en 1831 et 1832). Une visite, en janvier 1833, du sous-surveillant de la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet, qu’il venait d’être malade, sortait de l’infirmerie mais ajoutait : « […] Est retombé assez dangereusement malade, il est en ce moment en pleine convalescence. Je l’ai visité quatre ou cinq fois et me suis assuré des bons soins qu’il recevait. C’est M. le docteur Cousson qui l’a traité. C’est le médecin du collège Louis-le-Grand. La faible santé de cet enfant nuit à ses progrès, qui seraient assez sensibles. » Gravelle, Louis demeurait 22, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; sa veuve, même adresse en 1831 puis 1, rue des Quinze-Vingts en 1832 mais 28, rue du Marché-Saint-Honoré vers 1832 in Archives nationales F/15/2553 ; ses parents, 33, rue de la Huchette en 1831 mais à Sap in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet. Le nom de Gravelle (L. Gravelle) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Le Courrier français, 4 août 1830, Le National 5 août 1830 ; l’Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 127-128 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 75, 106 ; Le réveil du peuple français, ou le triomphe de la liberté. Relation historique des principaux événements qui ont eu lieu à Paris dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, rédigé sur les pièces officielles du gouvernement, Paris, au Cabinet littéraire, Vieille rue du Temple, n° 6, 1830, p. 23 ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 65 pour l’enfant et les parents, p. 94 pour la veuve ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 97-98 ; Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor ou le chien fidèle, contenant des détails circonstanciés sur les événements arrivés à son maître, mort à la prise du Louvre, Imprimerie Le Normant fils, rue de Seine, Paris, 1830, p. 12 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-33 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens du (ancien) IVe arrondissement dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives nationales F/1dIII/33 état des places et faveurs accordées par le gouvernement, à la suite de la révolution de Juillet et des événements qui s’y rattachent et en considération de la part qu’y ont prise les impétrants ou leurs familles ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) IVe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et tat des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) IVe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves), état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, IVe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IVe arrondissement ; année 1839 IVe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beguin ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/15/2556 in Sous-surveillant pièces relatives ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IVe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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