Guillard, François

Biographie


Né vers 1795 à Corbelin (Isère). Ancien militaire de l’Empire de 1813 à 1815, sergent dans le 5e puis 22e de ligne, ayant participé à la campagne de France, il s’établit ensuite négociant. Il combattit rue des Prouvaires, fut pris et désarmé ; le lendemain, il combattit au Palais-Royal. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, tous gardes nationaux de la ville de Paris, attestons à tous qu’il appartiendra que le sieur Guillard, négociant, passage Vivienne n° 6 et 12, a pris la part la plus active aux événements qui ont placé sur le trône des Français Sa Majesté Louis-Philippe Ier et qui ont préservé la capitale des désordres auxquels elle était en proie au moment et à la suite des immortelles journées de Juillet. Que le dit sieur Guillard fut un des premiers qui demanda des armes pour repousser l’oppression, qui se présenta et releva les postes de la ligne à la Banque de France, qui, après avoir reçu les armes et les cartouches des soldats, fit respecter les individus dans la journée du 27 ; qui, à la place de la Bourse, se réunit aux gardes nationaux pour maintenir le bon ordre, qui, au corps de garde de l’Entreprise générale des messageries, contribua par la persuasion à faire mettre bas les armes aux soldats du poste qui y était établi et les leur fit remettre ensuite dans l’intérêt de la cause nationale, qui, en se rendant à l’Hôtel de ville, fut forcé de se battre contre le 15e léger, posté au marché à la viande, rue des Prouvaires, où nous perdîmes plusieurs des nôtres ; mais qui, se trouvant alors à la tête de la colonne enveloppée par la troupe, fut désarmé, fait prisonnier et n’échappa à la mort que par son sang-froid et son courage ; que, le lendemain, 28, marcha contre les Suisses retranchés au Palais-Royal, en prit cinq qu’il conduisit lui-même à l’ambulance établie à la Bourse, avec armes et bagages ; qui, le 29 et 30, se rendit au Louvre et aux Tuileries pour recueillir les morts par ordre de M. le maire du (ancien) IVe arrondissement, qui dirigea et surveilla l’enlèvement des cadavres, les fit transporter sur des bateaux et trois voitures à ses ordres et les fit enterrer sur la place du Louvre, qui lui avait été désignée. Telle a été la conduite du sieur Guillard, en un mot que son courage et son humanité nous paraissent des titres irrécusables à la décoration accordée par le roi aux braves qui se sont distingués de la manière la plus éclatante dans les journées de Juillet. Délivré le présent de notre propre mouvement et comme la marque de notre estime particulière. » Signé, en mai 1831 : Rougeot (voir Rougeot, Claude), major de la IVe légion de la garde nationale, qui ajoutait : « J’atteste que M. Guillard faisait partie des gardes nationaux et citoyens qui, le 28 juillet, se réunirent en armes pour faire triompher la cause de la liberté, qu’il suivit le détachement jusqu’à la rue des Prouvaires, où il fut désarmé après avoir éprouvé le feu du 15e léger et qu’il se montra un des plus courageux de cette réunion. » Par Baudrié, maître serrurier, demeurant 3, rue Neuve-des-Petits-Pères, qui précisait : « Je certifie que M. Guillard, marchant galerie Vivienne n° 12, s’est présenté chez moi le 28 juillet au matin dont je lui ai prêté un fusil de munition en bon état. » Par Chartier, A., qui ajoutait : « Je certifie que M. Guillard faisait partie des gardes nationaux et citoyens réunis sur la place des Petits-Pères le 28 juillet, qu’il a suivi le détachement jusqu’à la rue des Prouvaires. » Par Lemarquière, libraire, 5, galerie Vivienne. Par Bouard, 8, galerie Vivienne. En 1831, il sollicita, auprès du roi, la décoration de Juillet : « L’exposant, écrivait-il, ne réclame point le prix du sang qu’il a fait couler dans les immortelles journées de Juillet, mais la reconnaissance de la part qu’il a prise à faire respecter les personnes et les propriétés ; à soutenir les élans généreux qui sont le propre du caractère français ; à secourir et sauver les victimes tombées sous nos coups ; à recueillir le corps des braves et à leur donner une honorable sépulture ; à calmer enfin cette irritation qui, après la victoire, agissait encore si puissamment sur les masses ; à seconder cependant les vœux du peuple qui ne voulait pour prix de son sang qu’il avait versé qu’une charte qui protège le faible contre le fort et pour la faire respecter Philippe Ier, qui s’honore à juste titre d’être le réparateur de toutes les injustices, le père et le soutien de la grande nation. […] Personne mieux que lui n’avait rempli sa tâche, dans les journées de Juillet, dans les événements qui en ont été la suite, dans le maintien de l’ordre et des libertés publiques et surtout dans tout ce qui peut contribuer à consolider le trône de Votre Majesté ». Sa demande fut transmise au ministère de l’Intérieur qui lui répondit par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’en conséquence, il ne pouvait pas être donné suite à sa demande. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix. Il était garde national à la 1re compagnie du 3e bataillon de la IIIe légion. Il demeurait 6 et 12, passage Vivienne en 1831. Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives de la préfecture de police AA 391.

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