Guillaume, Henri, François, Guillaume

Biographie


Né le 24 mai 1807 à Cosnes (Moselle), fils de Guillaume, François, propriétaire, et de Gisquet, Catherine, son épouse. Employé, ou domestique, ou commis marchand (employé au tribunal de commerce en 1831 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il combattit les 27, 28 et 29 juillet, avant d’être atteint, le 29 au Palais-Royal, de sept coups de feu ou de mitraille, à la tête, au dos et à l’épaule droite « notamment trois assez graves au sommet de la tête, où les os ont été à découvert dans une étendue d’environ deux pouces ; deux de plusieurs pouces de longueur à la fesse gauche, quatre au coude et deux au poignet gauche » selon un certificat du docteur Guillon, qui le soigna à l’ambulance de la Bourse et qui devait extraire quatorze morceaux de plomb des différentes blessures. La chronique de l’époque relatait à son sujet : « Celui des blessés qui a harangué le général Lafayette [lors de la visite de ce dernier à l’ambulance de la Bourse, et pendant laquelle les blessés qui y étaient soignés avaient demandé au général qu’une médaille fût frappé à leurs frais en témoignage de leur profonde reconnaissance, N.D.A.] est le sieur Henri Guillaume, commis marchand, du corps duquel sept balles ont été extraites, sans compter une trentaine d’autres blessures dont il est couvert. Ce brave est maintenant hors de danger. » Guillaume fut d’abord recueilli dans la maison du 33, rue de Valois puis resta à l’ambulance de la Bourse jusqu’au 11 septembre. Il fit parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Pendant les trois journées de Juillet, je me suis entièrement dévoué pour la cause nationale. J’ai couru à la défense de nos libertés menacées et j’ai versé mon sang pour notre belle Patrie. Désirant participer aux récompenses accordées aux blessés, je dois, Messieurs, vous exposer les faits sur lesquels je fonde mon espoir.

»Après avoir combattu le 27 en différents endroits, je me suis rendu le 28 à la place de Grève, où vers les 4 heures du soir, je fus blessé à la jambe gauche. Le jeudi 29, j’étais à la prise du Louvre où j’eus la main gauche traversée par une balle.

»Malgré les souffrances que ces deux blessures me faisaient endurer, mon dévouement l’emporta sur mes douleurs et je voulus prendre part au combat qui se donnait aux Tuileries. C’est en quittant ce château que je me suis trouvé sous le feu de l’ex-garde, qui occupait les croisées sur la place du Palais-Royal. Alors j’eus le corps couvert de plus de trente blessures, dont sept firent douter longtemps de mon rétablissement, comme peut le certifier M. Guillon, chirurgien-major de l’ambulance de la Bourse, où je fus transporté.

»Sa Majesté la reine, en visitant l’ambulance, daigna m’autoriser à lui faire connaître quels seraient mes désirs. Vous trouverez, messieurs, la copie de la demande que j’eus l’honneur de lui adresser […]. » Sa lettre contient les observations suivantes inscrites au crayon à papier par un membre de la Commission, en face de chacune de ses affirmations : « Ne s’est pas battu le 27 ; s’est battu à la Grève dans les derniers rangs mais il n’a pas été blessé ; il a fait très peu de choses au Louvre néanmoins il a été blessé peu grièvement par une balle réfléchie ; il n’a pas pu se battre aux Tuileries ; s’est assez bien montré au Palais-Royal, où il a été blessé très grièvement. » Dans la lettre qu’il avait écrite à la reine, il sollicitait « l’emploi de vérificateur des comptes à la caisse de Poissy, qui était précédemment occupé par le sieur Faget ; cet emploi est vacant : le titulaire s’en est démis pour cause d’opinion ; il rapporte 2.400 francs et suffirait à mes besoins ; l’éducation que j’ai reçu et mon zèle me permettent de le remplir ». Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier était signé le 13 décembre 1830 de Boucheron, Jean-Baptiste, Claude (voir ce nom) et ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le sieur Guillaume le 28 juillet dernier étant armé d’un fusil et au nombre des combattants rue Croix-des-Petits-Champs et à la Banque, où je reçus moi-même une balle à la tête. Le sieur Guillaume était animé du devoir de tout bon citoyen. » Feulard, demeurant 33, rue de Valois, certifia que Guillaume avait d’abord été recueilli dans sa maison. Il reçut un secours de soixante-quinze francs le 1er mars 1831, un secours de soixante-quinze francs 15 mars 1831 auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le seul nom de Guillaume, mais je pense que cest lui, pas dautre de cet arrondissement…). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe ( ??? le [ancien] IIIe arrondissement sur la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/57). Le 9 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe, comparurent : Brun, Jacques, Elie, employé, demeurant rue Pontoise à Saint-Denis ; Rival, Jean, Rodolphe, rentier, demeurant 29, rue du Faubourg-Montmartre. Ils attestèrent que Guillaume, Henri, François, Guillaume avait « reçu plusieurs coups de feu, en combattant, dans les journées du 28 et 29 juillet dernier ». Son dossier est indiqué Examiné et porté pour la croix. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Admis dans la 4e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, il fut pensionné de cinq cents francs. En décembre 1830, un de ses parents, Gisquet, membre du conseil général, lui procura « un faible emploi dans les bureaux ». Soigné à l’ambulance de la Bourse, il apostilla la demande de Guilbert mademoiselle, Joséphine (voir ce nom), dans la lettre qu’elle adressa à la Commission des récompenses nationales pour obtenir un bureau de timbre ou de poste à Paris. Guillaume est représenté dans le tableau de Gosse, exposé pour la première fois en 1833 et conservé au Musée du Carnavalet, Sa Majesté la Reine des Français visitant les blessés de Juillet à lambulance de la Bourse, le 25 août. Les Annales du Musée et de lEcole moderne des Beaux-Arts donnèrent, à l’occasion de sa première exposition, le commentaire explicatif suivant sur le tableau : « Tous les personnages, ainsi que tous les détails de ce tableau, sont historiques. En donnant ici un court récit de la scène qu’il représente, nous aurons fait connaître sa composition et les diverses figures que l’auteur a dû y faire entrer. “Après les mémorables journées de Juillet, dit M. Gosse dans la notice du livret, S.M. la reine, accompagnée de S.A.R. Mme Adélaïde, du prince de Joinville, des princesses Louise et Marie, et de Mme la marquise de Dolomieu, alla visiter l’ambulance établie à la Bourse dès les premiers jours des combats, et prodigua aux blessés et aux personnes qui leur donnaient leurs soins, des secours et des consolations.” La reine fut reçue par MM. Ruffin, greffier en chef du tribunal de commerce, Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), Richebourg (voir Baudesson de Richebourg), Novins (voir Novince, Pierre, François), Rousseau (voir Rousseau, Jean, Joseph), et un jeune Anglais nommé Schripton (voir Shrimpton, Charles), naturalisé français depuis la révolution de Juillet, et qui, pendant les trois jours, ne cessa de prodiguer ses soins aux blessés de la Bourse. Parmi ces blessés, on remarque Julien (voir Julien, Fortuné), vieux soldat de la garde impériale : c’est celui dont la reine prend la main ; M. Guillaume (voir Guillaume, Henri, François, Guillaume), cousin de M. le préfet de police ; il reçut vingt blessures ; M. le docteur Marc est auprès de lui. Viennent ensuite Hureaux (voir Hureau, Julien, Charles), près duquel est Mme Novins ; Gravey (voir Gravey, Thomas, Bernardin), cocher de cabriolet, et sa famille ; Brisset (voir Brisset, Jean, François), ciseleur ; Bouvier (voir Bouvier, Benoist, Marie), Chambron (voir Chambeiron, Pierre, Antoine), Séné (voir Séné, Adolphe, Louis, Baptiste), tous blessés, et les personnes qui ont pris une part plus ou moins active aux soins qui leur ont été donnés, et parmi lesquelles il faut principalement remarquer Mlle Pelletier (voir Lepelletier, Angélique, Adélaïde, Suzanne), marchande de modes ; c’est elle qui est placée près de Mme la marquise de Dolomieu. Sur le premier plan, on remarque le nommé Marquet, garde royal ; et près du vieux Julien, M. le docteur Guillon (voir ce nom), médecin en chef de l’ambulance, à qui, la veille de l’arrivée de la reine, M. de Lafayette avait remis une médaille d’or. Dans le fond est le drapeau national, et une affiche aux trois couleurs portant ces mots : Aux braves blessés pour la patrie. Tels sont à peu près les nombreux personnages de cette riche composition que quelques personnes, par un esprit de parti plus qu’injuste et fort mal entendu, avaient d’abord sévèrement critiquée. Placé sous un faux jour lors du premier mois de l’exposition, ce tableau n’avait pu être sainement jugé : mais enfin, lorsqu’il a pu être offert aux regards des connaisseurs sous un jour favorable, il a été pleinement vengé de l’injuste rigueur des censeurs. Nous ne voulons pas dire cependant que toutes leurs critiques aient porté à faux. On a remarqué avec raison que l’ensemble du tableau, d’ailleurs bien composé, manquait de vigueur d’effet, principalement le côté droit ; que peu de figures avaient l’énergie d’expression que le sujet comportait. Excepté le soldat à qui la reine prend la main, l’opposant qui se couvre le visage de ses mains pour cacher son émotion à la vue d’une princesse dont la bonté le confond ; excepté encore la jeune femme en marmotte, la figure du jeune prince, et surtout celle de la reine des Français, dont les traits respirent la bonté et la compassion, presque tous les personnages de cette scène sont peu animés, peu expressifs, même la reine des Belges, dont l’artiste n’a fait, à bien dire, qu’un portrait hors d’œuvre. Toutefois, il faut convenir que donner l’expression convenable à une scène où la douleur physique et la satisfaction morale devaient se peindre sur les traits de nombreux personnages qui, étant tous historiques, devaient être tous ressemblants, était une tâche difficile à remplir, et que plus d’un des hommes de mérite qui ont critiqué le tableau de M. Gosse, ne l’aurait probablement pas accompli avec autant de bonheur que lui. » Il demeurait 21, rue de la Bibliothèque en 1830 ; 144, rue Montmartre en 1831. Le Constitutionnel, 9 août 1830 (sous le nom de Guillaume, Henri) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 68 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement, liste des décorés de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6, idem in dossier Guilbert mademoiselle, Joséphine ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 4e classe ; Annales du Musée et de lEcole moderne des Beaux-Arts, Landon, Salon de 1833, Paris, chez Pillet, 1833, pp.73-75.

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