Guillaume, Jean

Biographie


Né vers 1762 ou 1765 à Crainvilliers (Vosges). Ancien enrôlé volontaire des sections armées de Paris (Enfants-Rouges), ayant servi sous les ordres de Lafayette pendant la révolution, ayant fait les campagnes de Prusse, d’Allemagne, de Hollande et de Hanovre, devenu terrassier. Malade suite de fatigues (ou blessé in Archives nationales F/1dIII/37), il reçut un secours de quarante francs et un autre de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut un total de soixante-cinq francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Ne pouvant plus « se livrer à aucune espèce de travail pour se procurer l’existence, à cause de ses blessures et des douleurs aiguës dont il est accablé », il sollicita une retraite ou une pension, avançant qu’il s’était conduit courageusement à la porte Saint-Denis, près le boulevard Bonne-Nouvelle et avait « fortement coopéré à la formation des barricades avec les arbres qui étaient abattus, tout cela malgré le feu précipité des ennemis de notre chère liberté ». Avec Guillon, François, Louis (voir ce nom) et Simonet, Charles, Louis (voir ce nom), il fit parvenir la lettre suivante au préfet de la Seine : « […] Ont l’honneur de vous exposer bien respectueusement qu’ils sont des braves des mémorables journées de Juillet, grièvement blessés et non guéris, n’espérant pas même obtenir guérison de leurs blessures, qui les mettent hors d’état de se livrer à aucune espèce de travail. Joint à la pénurie qu’ils sont tous trois pères de famille et qu’ils sont étonnés, d’après toutes les promesses qu’on leur a faites et vous-même M. le préfet, notamment le premier jour de l’an de ne pas les oublier et de leur rendre justice ces promesses n’aient eu aucun effet ni en secours ni en habit ; tandis que des jeunes gens et presque tous ceux qui étaient à Saint-Cloud ont reçu des secours de toute nature. Pourquoi donc cette préférence ? Vous ne pouvez, monsieur le préfet, révoquer la légitimité de la demande des soussignés, qui, en attendant vainement les récompenses promises, ont été obligés pour exister et faire exister leurs familles de vendre le peu qu’ils avaient ; qu’aujourd’hui, dénués de tout, sans ressources, sans nul crédit et menacés de coucher dehors faute de paiement de leurs loyers, ils vous déclarent hautement que si vous ne faites droit à leur demande dans le plus court délai possible, ils se trouvent forcés de se livrer au plus affreux désespoir pour ne pas survivre au sort malheureux dont leurs familles sont assurées prochainement. » Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 7 avril 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint de douleurs aux lombes, qu’il attribue à la chute d’un arbre sur cette région, blessure qui n’a laissé après elle aucune trace, aucune infirmité et qui ne saurait donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, il sollicita d’être compris dans la liste des vainqueurs de la Bastille, qui devaient être pensionnés en récompense de leur participation à la prise de la forteresse. Sa demande ayant été refusée, faute de preuves suffisantes, il sollicita le renvoi de la pièce qu’il avait fournie. En 1834, « réduit à la plus affreuse misère » depuis plusieurs années, à la charge de sa fille et de son gendre, porté sur le contrôle des indigents, il sollicita des secours. Le préfet de la Seine donna sur lui comme renseignement qu’il était dans une « position difficile » ; il reçut soixante-quinze francs de secours. En 1835, dans « la position la plus pénible et la plus nécessiteuse », il renouvela sa demande de secours. La même administration renseigna à son sujet : « Agé de soixante-douze ans, veuf, ayant des enfants mariés et non à sa charge, mais qui ne sont pas dans une position plus heureuse que leur père. Cet homme occupe un cabinet du prix annuel de soixante francs. Il doit trois termes, qu’il est dans l’impossibilité de payer. Ses infirmités ne lui permettent point de travailler et sa position est des plus malheureuses. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. Compris au nombre des combattants de Juillet sur la commune de Montmartre, il signa, le 30 juillet 1837, avec Gouillard, Lefevre et Simon, une lettre ainsi rédigée : « Nous sommes tous prêts à montrer les cicatrices qui nous restent pour récompense du dévouement et du patriotisme que nous avons manifestés dans la grande semaine de 1830. Nous possédons un autre titre bien méritant : après avoir vieilli sous les immortels drapeaux de l’Empire, au moment où nous sommes sous le poids de la vieillesse, des blessures et des infirmités, nous avons l’intime conviction que nous méritons aussi bien de la patrie que ceux qui, par une protection arbitraire, ont obtenu la décoration des trois jours, tandis qu’à la face du ciel notre sang a coulé pour reconquérir nos droits et la liberté. » Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il reçut, à titre de combattant de Juillet, un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850 et en 1852, à titre de combattant et blessé de Juillet. Il demeurait à Paris depuis 1782 ; à Montmartre depuis 1815 ; 7, chaussée Clignancourt (mais 7, rue Royale in Archives de Paris VK3 45) en septembre 1830 ; à Montmartre en 1830-1831 ; 152, rue du Faubourg-Saint-Denis et 180, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1832 ; 17, rue Lafayette en 1833-1834 ; 12, rue Joly en 1834-1838 ; 25, rue de la Cossonnerie ou 2, rue Muller à Montmartre en 1849-1850 ; 5, rue des Acacias à Montmartre en 1852. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de larrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives nationales F/1dIII/32/3 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Cusat ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/76 in dossier Simon ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 83 (à titre de blessé de Juillet), idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.

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