Guillou
Biographie
Le 7 septembre 1830, il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Daignez permettre à un vieux patriote, blessé le 28, de vous soumettre son avis malgré qu’il n’ai rien demandé ni reçu. 1°) Je pense qu’il serait convenable d’accorder une décoration aux braves qui ont fait preuve de dévouement marqué dans la glorieuse semaine qui a rendu les Français le peuple modèle. 2°) La décoration de la Légion d’honneur est trop générale et a été prodiguée par suite à des traîtres, des jésuites, des commis obligeants, des valets, etc., etc. 3°) Une marque distinctive, unique, qui retrace ces grands jours remplirait le but désiré ; il y en aurait de deux classes, l’une argent, l’autre or. La première serait portée avec un ruban national uni, la seconde avec une cocarde comme les officiers de la Légion d’honneur. 4°) Cette distinction est évidemment nécessaire pour distinguer ces jeunes héros de l’Ecole polytechnique, ces généreux et valeureux citoyens et anciens officiers qui se sont mis à la tête des colonnes et les ont si bien conduites à la victoire. 5°) Je crois qu’il serait indispensable d’y joindre une légère pension et d’abord un provisoire pour que chacun des braves que vous jugez digne de cette faveur honorable puisse paraître convenablement vêtu. 6°) Quelle reconnaissance porteront ces décorés à la nation reconnaissante !!!... Ils forment un cadre qui, au premier besoin, n’aurait plus besoin que d’un appel à l’honneur et à la défense des libertés pour être rempli, et vous aurez acquis indéfinitivement (sic) à la patrie des hommes et des familles dont le dévouement et le courage vous sont déjà bien connus. 7°) Une chose bien difficile à justement peser et que j’ai l’honneur de soumettre à la Commission c’est qu’au nombre de ceux qui sont ou morts ou blessés, il en est qui n’ont rien fait d’utile pour la patrie ni la liberté ; exemple : la femme Désirée (pas trouvé ce nom), tuée à la halle en revenant de faire un achat pour son dîner ; Ysambard (voir Isambard, César, Charles, Auguste), marchand de morceaux, piliers des halles, blessé au bras droit en regardant à sa fenêtre chez M. Auger, rue de la Tonnellerie n° 7 ; Potin (voir Pottin, Joseph, Félix), fruitier à la halle, qui se promenait en curieux rue Saint-Honoré, sans arme, et sur la tombe duquel on a inscrit pompeusement tant à la halle qu’au Louvre : Mort glorieusement en défendant la patrie !. J’ai l’honneur etc. » Il passa devant le jury de la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis en janvier 1831. Il retira, le 2 mai 1831, un certificat qu’il avait confié à la Commission. Archives de Paris VK3 45.