Guillouet, Louis, Olivier

Biographie


Originaire de Ploërmel (Morbihan). Il fut blessé de deux coups de feu, l’un à la main gauche et l’autre au pied, le 29 juillet à la prise de la caserne de Babylone. Il fit, le 20 avril 1831 depuis Ploërmel, l’exposé suivant de la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de Juillet : « Le 29 juillet, je quittai ma chambre, rue du Dragon n° 25, vêtu d’un habit et d’un pantalon bleus ; il était environ 7 ou 8 heures du matin. En sortant, je rencontrai un jeune homme de mes amis, nommé Henri Portier, demeurant rue du Dragon n° 26 ; je lui demandai s’il savait où on délivrait des armes ; il me dit que l’on en distribuait à l’Odéon. Nous convînmes de nous diriger ensemble vers ce lieu. Arrivés à l’Odéon, nous demandâmes à une petite troupe que nous vîmes se former à côté de nous où ils avaient pris leurs armes. Plusieurs nous répondirent qu’ils les avaient reçues rue de Vaugirard. Nous descendîmes alors de la rue de l’Odéon au carrefour Bucy et là nous fîmes rencontre d’un jeune homme de connaissance, nommé Roger, fondeur en caractères, travaillant chez M. Firmin Didot. Il nous pressa d’aller avec lui, nous disant que nous recevrions des armes au ministère de la Guerre. Nous nous dirigeâmes vers ce lieu et, à notre arrivée, on nous délivra des fusils qui étaient encore en caisse et on eut soin de prendre note de nos noms et demeures. Nous revînmes aussitôt rejoindre la troupe que nous avions vue. A peine nous étions-nous réunis à elle qu’elle se forma en colonne, commandée par plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique et suivie d’une petite pièce de canon, que traînaient plusieurs d’entre nous. Elle se dirigea d’abord rue de Vaugirard, ensuite rue du Cherche-Midi et de là rue de Sèvres, où nous nous arrêtâmes quelque temps par l’ordre d’un étudiant de l’Ecole, qui nous commandait à cheval et armé de deux pistolets. Là, nous attendions le parlementaire qu’on avait envoyé à la caserne des Suisses, rue de Babylone. Pendant ce temps-là, arrivèrent tous les jeunes gens du vieux Caillou, avec un tambour à leur tête. Ils se réunirent à nous et quelque temps après cet étudiant qui était à cheval nous apprit que les Suisses ne voulaient pas se rendre. Aussitôt les cris de Mort aux Suisses ! se font entendre et nous remarchons en colonne le long de la rue. Arrivés rue des Brodeurs, la colonne se divisa en deux parties. L’une commandée par l’étudiant qui était à cheval entre dans la rue Traversière, l’autre, où je me trouvais, continua la marche par la rue des Brodeurs, commandée par un autre jeune homme de l’Ecole polytechnique. Arrivé au bout de la rue, l’étudiant qui était à notre tête s’écrie Courage, mes amis ! et aussitôt il s’élance avec ceux qui se trouvaient à la tête de la colonne. Mais ils essuient une violente décharge et celui qui nous commandait reçut une balle à la tête et tomba mort. J’ai appris depuis que c’était un compatriote et qu’il s’appelait Vanneau. A la même décharge, un monsieur qui se trouvait à côté de lui reçut une balle qui lui traversa la main, et il se retira en remontant la rue des Brodeurs. Je n’ai tiré que trois coups de fusil au bout de cette rue et c’est là qu’une balle m’a blessé au pied. J’étais tellement animé que je ne sentais pas le mal que me causait ma blessure. Je traversai alors la petite rue qui unit la rue des Brodeurs à la rue Traversière mais, dans ce moment-là, des cris se font entendre et je vois tout le monde courir vers la caserne. Je m’y précipite en même temps et je reçus alors une autre blessure à la main gauche mais elle était peu considérable. Il était de 11 heures à midi lorsque nous entrâmes dans la caserne. Nous visitâmes les caves, pour nous assurer si quelques Suisses ne s’y étaient point réfugiés. Mais nous les trouvâmes toutes remplies de fromage. Nous en sortîmes bientôt et nous nous dirigeâmes vers l’Odéon, portant tous au bout de nos baïonnettes un morceau d’habit de Suisse, que nous avions pris dans la cour de la caserne. A notre arrivée, je rencontrai un ouvrier serrurier, dont je ne me rappelle pas le nom, qui avait travaillé dans le terrain de Bellechasse, dans le temps que je travaillais chez M. Desquème, serrurier dans le même terrain. Il s’aperçut que je boitais et, voyant que mon arme m’était inutile, il me pria de lui céder son fusil pour aller à l’attaque du Louvre, qui, disait-il, n’était pas encore finie. Je le lui donnai, à condition que, s’il n’était pas tué, il me le rapportât car je craignais que plus tard on me réclamât les armes qu’on nous avait données. Mais depuis je n’ai pas pu le revoir. Après avoir ainsi cédé mon fusil, je rentrai dans ma chambre, où je lavai aussitôt ma plaie avec de l’eau salée et y appliquai du linge. Le lendemain, je me transportai, avec beaucoup de peine, chez un herboriste qui reste à la Croix-Rouge, entre la rue Cherche-Midi et la rue de Sèvres ; il me donna, pour appliquer sur ma blessure, des feuilles vertes trempées dans je ne sais quelle huile, traitement qui me fit beaucoup de bien. Quelque temps après, je fus attaqué d’une oppression de poitrine si violente que je fus obligé de faire appeler un médecin, que me procura le portier de la maison que j’habitais, rue du Dragon, n° 25. Il me fit deux ou trois visites, mais, sur ces entrefaites, mes parents ayant appris l’état où je me trouvais, m’écrivirent de me rendre au milieu d’eux pour recevoir de leurs mains tous les soins qu’exigeait ma triste situation. » Il était porteur d’un certificat signé de Mauduit, serrurier, demeurant 35-37, rue du Cherche-Midi et qui constatait ses blessures. Il est répertorié (sous le numéro 1254) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 26 avril 1831, à trois voix pour la croix, six voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il demeurait 25, rue du Dragon en 1830 ; à Ploërmel en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 1254 et sans doute le nom de Guillonet, Louis, Olivier) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de secours ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 26 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 45 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.