Guillou, Marie, Catherine, femme Debray
Biographie
Né le 30 germinal an III à Quimper (Finistère). Cuisinière. Elle se trouvait momentanément à Paris en juillet 1830 quand elle fut blessée, le 28 vers 15 heures en traversant la place de Grève, de deux coups de feu, l’un au bras et l’autre à la poitrine. Elle trouva refuge chez Bellet, 9, place de l’Hôtel-de-Ville, puis fut transportée le lendemain à l’Hôtel-Dieu. Elle y mourut des suites de ses blessures, le 9 ou le 28 septembre suivant. Elle était mère de deux enfants. Sa famille reçut un secours de deux cent vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le docteur Ménière, dans l’ouvrage qu’il publia, devait écrire à son sujet : « Viennent enfin […] de malheureuses femmes sorties de chez elles pour subvenir aux besoins de leurs enfants. […] Une malheureuse cuisinière, nommée Catherine Guillon, mère de six enfants, a atteinte successivement par deux coups de fusil tirés par le même soldat suisse sur la place de Grève. L’une des balles a traversé la poitrine. Elle a succombé à une grave pleurésie. ». Elle fut enterrée au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Elle avait reçu ou sa famille reçut un total de deux cent vingt francs sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le 10 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Bellet, Pierre, André, né vers 1796, charcutier, demeurant 9, place de l’Hôtel-de-Ville ; Deterville, Jean-Louis, né vers 1791, serrurier, demeurant 21, rue de la Tannerie ; Duclos, Louis, Simon, né vers 1777, écrivain public, demeurant sous l’arcade Saint-Jean près de l’Hôtel de ville. Ils attestèrent que Guillou, Marie, Catherine « a perdu la vie par suite de ses blessures reçues le 28 juillet sur la place de l’Hôtel-de-Ville à Paris ; qu’en effet à cette époque, se trouvant dans la capitale en résidence momentanée chez le sieur Nicolas Leprince, beau-frère de son mari, rue Beauvau n° 8, et se rendant de cette résidence chez le sieur Bellet, l’un des comparants, vers les 3 heures de l’après-midi, elle fut, en traversant la place de l’Hôtel-de-Ville, frappée de deux balles dont l’une ne la blessa que légèrement au bras droit et l’autre traversa la poitrine ; qu’elle put encore se traîner jusqu’au domicile dudit sieur Bellet, où elle reçut les premiers secours ; que le lendemain elle fut transportée à l’Hôtel-Dieu, où elle est morte le 9 septembre suivant ». Ses parents, Guillou, Pierre, né le 24 janvier 1768 au village de Pennehoat à Porstivien (Côtes-d’Armor), et Lefloch, Marie, Michelle, née le 11 avril 1769 à Gourin (Morbihan), furent pensionnés de trois cents francs. Les parents s’étaient mariés le 14 prairial an II à Quimper ; sur l’acte de mariage, Guillou, Pierre est indiqué comme fils de Guillou, Louis et de feue Georgelin, Marie, et comme étant commis aux écritures à l’hôpital militaire de Quimper ; Lefloch, Marie, Michelle est indiqué comme fille de feu Lefloch, Guillaume et de Rode, Marie (ou Rot, Marie dans l’acte de naissance de Lefloch, Marie, Michelle), et comme étant lingère. Elle laissait un veuf, Debray, Jean-Baptiste, ouvrier serger ou tisserand en cachemire, avec lequel elle s’était mariée le 20 septembre 1820 à la mairie du (ancien) Ve arrondissement de Paris. Elle laissait deux orphelins, qui furent tous deux pensionnés et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Jean-Baptiste, Théodore, né le 10 janvier 1829, à Crèvecœur (Oise), et François, Victor, né le 15 juin 1822 (par erreur le 16 juin 1822 deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris. Le conseil de famille des orphelins était composé du père et de Debray, Michel, Nicolas, serger, subrogé-tuteur, demeurant à Crèvecœur en 1831. François, Victor se destinait à l’état de tisserand et restait confié à la garde de son père, qui lui apprenait son état ; en 1835 il était toujours en apprentissage. Jean-Baptiste, Théodore, en 1836, se destinait à la même profession et était élève externe dans une pension. Le 24 juillet 1840, ses restes de Guillou (sous le nom de Guyon, Catherine, femme Debray dans le procès-verbal d’exhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés (curieusement puisque le nom d’aucune femme ne devait être inscrit sur la colonne de Juillet) du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Elle demeurait 6, rue de Tournon en septembre 1830 (par exemple in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II et sur un certificat de l’Hôtel-Dieu in Archives nationales F/1dIII/52) ; Debray, Jean-Baptiste demeurait à Crèvecœur en 1829-1831 ; les parents, à Quimper (Finistère) en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel (sous le nom de Guillon, Catherine) ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 172-173, 291 (sous le nom de Guillon, Catherine) ; Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 38 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 69 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 337 n° 5 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-33 ; Archives de Paris VK3 30, état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Guillon, Catherine) ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, une liste de morts ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 et Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) Ve arrondissement, orphelins des départements, état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (29 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, Ve arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1836, orphelins de juillet 1830 qui ont atteint l’âge de sept ans pendant le premier trimestre 1836 [sous les prénoms de Jean-Baptiste, Toussaint] ; année 1838 Ve arrondissement ; année 1839 Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Michaud ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Nicot ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, ascendants et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Ve arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Archives de la préfecture de police AA 420.