Guilmette, Aimable, Louis
Biographie
Né vers 1792 à La Mancellière (Manche). Ordonnateur des pompes funèbres du (ancien) XIe arrondissement. Ses pièces furent égarées par la Commission des récompenses nationales, ou il les remit trop tard à M. Betou, membre de la Commission, qui refusa de les examiner ; il fit alors parvenir ces pièces au roi, qui les transmit à la Commission. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il remit à cette dernière Commission, le 10 août 1831, la copie de la lettre qu’il avait confiée à la Commission des récompenses nationales, qui fut égarée par elle et qui reprenait les circonstances de son activité pendant la révolution. Cette lettre était ainsi rédigée : « Le sieur Guilmette, Aimable, Louis, ordonnateur particulier des décès du (ancien) XIe arrondissement, a l’honneur de vous [faire] observer que dans les journées de Juillet et jours suivants des barricades, par suite de l’absence de MM. les maires et adjoints du (ancien) XIe arrondissement, ne pouvant prendre d’ordre de qui que ce fût, pour être dirigé dans le service pénible qu’il avait à faire, je n’ai pris conseil que de lui-même dans les circonstances difficiles où il se trouvait placé et est arrivé par le zèle extraordinaire et l’énergie qu’il a déployée à remplir entièrement ce service en faisant porter à bras aux cimetières, à travers les nombreuses barricades, les corps des personnes décédées, tant à domicile que celles victimes des circonstances. Il joint à l’appui de cette réclamation la liste des personnes inhumées dans les trois journées et jours suivants et se recommande à votre bienveillante justice pour obtenir la croix décernée aux citoyens qui ont fait preuve de zèle, de bravoure et de patriotisme dans ces circonstances mémorables. » Il joignait un Etat nominatif des personnes qui ont été inhumées et transportées à bras, au brancard, à l’épaule et sur des bâtons au cimetière du Montparnasse, qui comprenait les noms suivants : Blanchet de la Sablière, demeurant 10, rue de Condé, porté sur des bâtons ; Boivin, demeurant rue du Four, porté sur des bâtons ; Boescheur, demeurant 156, rue Saint-Jacques, porté sur des bâtons ; Jouffrey, au Luxembourg, porté sur des bâtons ; Bocionte illisible, demeurant 10, rue de Tournon, porté à l’épaule ; Desaint, demeurant 11, rue des Francs-Bourgeois, porté sur des bâtons ; Bassaux, demeurant 57, rue de la Harpe, porté sur des bâtons ; Bucquet, demeurant 39, rue du Cherche-Midi, porté sur des bâtons ; Pasveller illisible, demeurant 4, rue Mabillon, porté à l’épaule ; Chastagner, demeurant 8, rue d’Assas, porté à l’épaule ; Mondon (voir Mondon, Louis, François, Marie), demeurant 11, rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts, porté sur des bâtons ; Biron, demeurant 1, rue Racine, porté à l’épaule ; Pruvost, tué par une balle et porté sur les brancards, demeurant 35, rue de Vaugirard ; Godfrinet illisible, demeurant 5, rue de Richelieu, porté sur des bâtons ; Dudoit, demeurant 72, rue Saint-Jacques, porté à l’épaule ; Gauther, demeurant 3, rue Sainte-Anne, porté à l’épaule ; Blanchet, demeurant 13, rue de Condé, porté à l’épaule ; Juste, demeurant 10, rue Garancière, porté sur des bâtons ; De La Gueronnière, demeurant 19, rue du Vieux-Colombier, porté à bras ; Lionnais, demeurant 13, rue du Vieux-Colombier, porté à l’épaule ; Dubarry (voir Dubarry, Pierre, Jean, Charles, Joachim), demeurant 5, rue du Pont-de-Lodi, porté sur des bâtons ; Demaison, demeurant 10, rue des Cordiers, porté à l’épaule ; Delval, demeurant 2, rue Madame, porté à l’épaule ; Desbois, demeurant 21, rue Cassette, porté à l’épaule ; Lagrous, demeurant 67, quai de l’Horloge, porté à l’épaule ; Cochin, demeurant 3, rue Saint-Jacques, porté sur des bâtons ; Garny, demeurant 17, butte Montparnasse, porté à l’épaule ; conduit une voiture de huit hommes qui avaient été tués à Babylone au cimetière du Montparnasse. » La liste était apostillée par Prunier-Quatremère, commissaire du quartier du Luxembourg, qui attestait que Guilmette avait « donné tous ses soins au transport dans le cimetière du Sud dit du Montparnasse des personnes décédées dans Paris avant et pendant les mémorables journées de juillet 1830 et que souvent pour effectuer ce transport il a été dans la nécessité de passer par-dessus les barricades qui existaient dans les rues et sur le boulevard du Montparnasse, comme aussi qu’il a favorisé l’admission dans les divers hôpitaux des citoyens qui avaient été blessés en combattant pour la liberté ». Apostillée aussi par Courcier, Amédée, Toussaint (voir ce nom), capitaine adjudant-major, décoré de la médaille, demeurant 4, rue Mézières : « Je, soussigné, capitaine adjudant-major du 3e bataillon XIe légion, certifie avoir parfaite connaissance des faits énoncés dans la demande de M. Guilmette et ne peut que rendre justice au zèle qu’il a déployé dans les journées de juillet 1830 pour rendre les honneurs de la sépulture aux personnes décédées dans l’arrondissement soit par maladie soit par suite des combats des 27, 28 et 29 juillet. » Signé, le 10 août 1831 : Courcier, Amédée, Toussaint. Suivait la signature de Cousin, demeurant 13, rue Notre-Dame-des-Champs, qui confirmait les faits avancés par Courcier. Il avait été délivré à Guilmette le certificat suivant : « Nous certifions que dans les journées de Juillet et jours suivants, M. Guilmette, ordonnateur du (ancien) XIe arrondissement, a fait avec soin et une très grande activité le service des inhumations à bras, attendu que nos voitures ne pouvaient circuler. » Signé, de l’Entreprise générale des pompes funèbres : Herail ; de Saint-Hilaire ; Struk. Un autre certificat attestant qu’il avait fait partie de la garde nationale de Montrouge et qu’il avait été un des premiers à s’inscrire au moment de la réorganisation de cette garde lui avait été délivré et fut perdu par la Commission. Il demeurait 13, rue Notre-Dame-des-Champs en 1831. Archives nationales F/1dIV/G/12, récompenses honorifiques ; Archives de la préfecture de police AA 391.