Guis, Antoine
Biographie
Né le 21 avril 1762 à Gagne (Var). Cordonnier en vieux, tenant une échoppe 9, rue de l’Université. Le 29 juillet, armé d’un fusil et de deux pistolets, il faisait partie d’un groupe d’hommes armés qui partit de l’Odéon pour se diriger vers la caserne de Babylone. Entre 14 et 15 heures, à quinze ou vingt pas de la caserne, sur le boulevard des Invalides, en face de la rue Plumet et à la porte du chantier qui lui faisait face, il fut atteint de deux coups de feu, l’un reçu dans la poitrine et l’autre à la tête. Il s’écroula contre une borne, les bras étendus et le chapeau qui avait roulé à terre. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Plusieurs dépositions attestèrent les circonstances du décès de Guis, Antoine. Le 22 janvier 1831, devant le commissaire de police du quartier de la Monnaie, comparut Thévenot, Pierre, ouvrier sur les ports, demeurant 4, rue du Sabot. Il déclara qu’il avait vu tomber Guis, Antoine « à deux pas de lui, frappé d’une balle dans la poitrine et d’une autre à la tête, entre 2 et 3 heures de l’après-midi à la prise de la caserne de Babylone, qui eut lieu le 29 juillet dernier, et que cet accident avait eu lieu près d’une borne, à la distance de quinze à vingt pas de ladite caserne. Il ajoute ne pouvoir attester la mort dudit Guis mais il pense que dans l’état où il l’a vu, son chapeau d’un côté et les bras étendus, il ne croit pas qu’il ait survécu à sa blessure ». Le 24 janvier 1831, devant le commissaire de police du quartier Saint-Thomas-d’Aquin, comparut Udry, François, Joseph, commissionnaire, médaillé sous le numéro 1, demeurant 86, rue de Sèvres. Il déclara « avoir vu le jeudi 29 juillet, entre 5 et 6 heures du soir, après la prise de la caserne Babylone, le nommé Guis, Antoine, cordonnier en vieux, demeurant rue Notre-Dame-des-Champs n° 3, étendu mort sur le boulevard des Invalides en face la rue Plumet et à la porte du chantier qui fait face. S’est présenté aussi Ressource, Jean (voir ce nom), fruitier, demeurant rue des Vieilles-Tuileries n° 19, lequel nous a aussi affirmé que le 29 juillet le sieur Guis, armé d’un fusil et de deux pistolets, faisait partie comme lui d’un peloton qui partit de l’Odéon pour se diriger sur la caserne de Babylone mais qu’il le perdit de vue une fois arrivé, la quantité de monde qui arrivait de toute part étant très considérable ». « L’an 1831, le mardi 25 janvier, par devant nous, Nicolas Prunier-Quatremère, commissaire de police de la Ville de Paris, pour le quartier du Luxembourg, est comparu le sieur Ressource, Jean (voir ce nom), commissionnaire médaillé, demeurant à Paris rue Princesse n° 7. Lequel nous a déclaré que le 29 juillet dernier, entre midi et 2 heures de relevée, il faisait partie avec le sieur Guis, Antoine, cordonnier en vieux, demeurant rue Notre-Dame-des-Champs n° 3, des corps armés de citoyens qui combattaient pour la prise de la caserne de la rue de Babylone et qu’à la même heure, il a vu tomber mort à ses côtés ledit sieur Guis, qui avait été atteint d’une balle qui lui avait traversé le corps (côté droit) ; qu’il s’était emparé de son chapeau, qu’il avait encore à sa possession, et qu’ayant continué à se battre il ne savait pas où avait été transporté ledit sieur Guis. » Il laissait une concubine, avec laquelle il vivait depuis vingt-huit ans, Caffin, Marie, Félicienne, née le 24 juillet 1782 (bien le 24 juillet 1782 dans son acte de naissance ; parfois mais par erreur le 25 juillet 1782 ; par erreur le 5 juillet 1782 in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) à Conflans (Seine-et-Oise) (fille de Caffin, Jean et de Gille, Marie, Suzanne, son épouse), garde-malade. Le 4 décembre 1830, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, comparurent : Udry, François, Joseph, commissionnaire, demeurant 86, rue de Sèvres ; Ressource, Jean (voir ce nom), commissionnaire, demeurant 7, rue Princesse ; Loubeyre, Antoine, commissionnaire, demeurant 3, petite-rue de Vaugirard ; Dubois, Marie, Antoine, cordonnier, demeurant 68, rue de Lille ; Besson, Jean, Joseph, cordonnier, demeurant 8, cour du Dragon ; Nivert, René, commissionnaire, demeurant 47, rue de Lille ; Pasquier, Jean, Marie, Pierre, employé, demeurant 10, rue Garancière. Ils déclarèrent parfaitement connaître Caffin, Marie, Félicienne et savoir « qu’elle vivait maritalement depuis vingt-huit ans avec M. Antoine Guis, cordonnier, décédé dans l’événement de juillet dernier à l’attaque de la caserne de Babylone ; que de leur union est issue une demoiselle âgée d’environ vingt-six ans, nommé Marie, Félicienne Guis, laquelle demeure avec ladite dame sa mère prénommée ; qu’elles sont toutes deux sans moyen d’existence et ont le plus grand besoin des secours accordés aux victimes des journées de juillet dernier ». Elle fut pensionnée de cinq cents francs et qui reçut une rente perpétuelle de soixante-quinze francs de la part de la Commission de la souscription nationale. Il laissait aussi une fille, Marie, Félicienne, née vers 1805, qui ne fut pas pensionnée parce qu’âgée de plus de dix-huit ans et qui demeurait avec sa mère ; elle reçut un secours de cinquante francs, le 18 octobre 1830, un secours de trente francs, le 12 novembre 1830, un secours de soixante francs, le 19 novembre 1830, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 3 décembre 1830, un secours de soixante francs, le 7 janvier 1831, un secours de quinze francs, le 4 février 1831, un secours de trente francs, le 18 février 1831, un secours de quarante francs, le 18 mars 1831, un secours de quarante francs, le 18 avril 1831, un secours de quarante francs, le 18 mai 1831, un secours de quarante francs, le 18 juin 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 18 juillet 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 18 août 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Un fils, Jean, Eugène était mort à l’âge de cinq ans et demi, le 25 février 1814 à Conflans-Sainte-Honorine, où il était en nourrice. Guis, Antoine demeurait 3, rue du Marais en 1814 ; 3, rue Notre-Dame-des-Champs en juillet 1830 ; sa veuve 6, rue Bailleul en octobre 1830-1831. Le nom de Guis (A. Guis) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 23 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, veuves, rentes perpétuelles ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 19, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Récompenses nationales, registre d’émargement de remise de certificats de vie aux blessés de Juillet ; Archives de Paris VK3 30, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement de Paris, qui ont été classés par le jury médical et dont les lettres ont été déposées à la mairie ; Archives de Paris VK3 31, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de combattants tués en juillet 1830 (ancien) XIe arrondissement (veuves) ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives de Paris VK3 55 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Caffin ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIe arrondissement, veuves et orphelins ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82 (sous le nom de Guys, Antoine), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.