Guizard de, Marie, Louis, Anicet de Blanc

Biographie


Né le 10 août 1797 à Villecomtal (Aveyron). Rédacteur du Globe. Il fut un des quarante-quatre signataires (voir la liste complète à Dumas, Alexandre) de la protestation des journalistes, ainsi rédigée : « On a souvent annoncé depuis six mois, que les lois seraient violées, qu’un coup d’Etat serait frappé. Le bon sens public se refusait à le croire. Le ministère repoussait cette supposition comme une calomnie. Cependant le Moniteur a publié enfin ces mémorables ordonnances, qui sont la plus éclatante violation des lois. Le régime légal est donc interrompu ; celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir. Les citoyens appelés les premiers à obéir sont les écrivains des journaux, ils doivent donner les premiers l’exemple de la résistance à l’autorité, qui s’est dépouillée du caractère de la loi. Les raisons sur lesquelles ils s’appuient sont telles qu’il suffit de les énoncer. La charte, article 8, dit que les Français, en matière de presse, sont tenus de se conformer aux lois ; elle ne dit pas aux ordonnances. La charte, article 35, dit que l’organisation des collèges électoraux sera réglée par les lois ; elle ne dit pas par les ordonnances. La couronne elle-même avait reconnu jusqu’ici ces articles. Toutes les fois, en effet, que des circonstances prétendues graves lui ont paru exiger une modification, soit au régime de la presse, soit au régime électoral, elle a eu recours aux deux Chambres ; elle ne s’est arrogé, à l’égard des articles 8 et 35, ni une autorité constituante, ni une autorité dictatoriale qui n’existent nulle part. Les tribunaux, qui ont droit d’interprétation, ont solennellement reconnu ces mêmes principes. Leurs décisions établissent qu’en matière de presse et d’organisation électorale, les lois, c’est-à-dire le roi et les Chambres, peuvent seuls statuer. Aujourd’hui donc le gouvernement a violé la légalité. Nous sommes dispensés d’obéir. Nous essayons de publier nos feuilles, sans demander l’autorisation qui nous est imposée. Nous ferons nos efforts pour qu’aujourd’hui au moins elles puissent arriver à toute la France. Voilà ce que notre devoir de citoyens nous impose, et nous le remplissons. Nous n’avons pas à tracer ses devoirs à la Chambre illégalement dissoute ; mais nous pouvons la supplier, au nom de la France, de s’appuyer sur son droit évident, et de résister autant qu’il sera en elle à la violation des lois. Ce droit est aussi certain que celui sur lequel nous nous appuyons. La Charte dit, article 50, que le roi peut dissoudre la Chambre des députés ; mais il faut pour cela qu’elle ait été réunie, constituée en Chambre ; avant la réunion et la constitution de la Chambre, il n’y a que des élections faites. Or, nulle part la Charte ne dit que le roi peut casser les élections. Les ordonnances publiées aujourd’hui ne font que casser des élections, elles sont donc illégales, car elles font une chose que la Charte n’autorise pas. Les députés élus, convoqués pour le 3 août, sont donc bien et dûment élus et convoqués. Leur droit est le même aujourd’hui qu’hier. La France les supplie de ne pas l’oublier. Tout ce qu’ils pourront pour faire prévaloir ce droit, ils le doivent. Le gouvernement a perdu aujourd’hui le caractère de légalité qui commande l’obéissance. Nous lui résistons pour ce qui nous concerne ; c’est à la France à juger jusqu’où doit s’étendre sa propre résistance. » Alexandre Dumas un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet, et qui en laissa un récit impartial et bien renseigné, donnait sur une réunion qui eut lieu le 27 juillet, pour organiser la résistance, les précisions suivantes : « Une autre réunion, enfin, avait lieu dans les bureaux du Globe. Elle se composait de Pierre Leroux (voir Leroux, Pierre, Henri), de Guizard, de Dejean (voir ce nom), de Paulin (voir Paulin, Nicolas, Jean-Baptiste, Alexandre), de Rémusat (voir Remusat de, Valentin, Jean-Baptiste) et de quelques personnes étrangères à la rédaction du journal. Les avis les plus opposés y étaient émis : quelques-uns voulaient, pour le lendemain, faire un appel aux armes. D’autres s’épouvantaient de la rapidité avec laquelle, une fois lancé, on descend, malgré soi, la pente des révolutions. Au nombre des épouvantés était M. de Rémusat. – Mais, s’écriait-il d’une voix désespérée, où allez-vous ? où nous poussez-vous ? Il ne s’agit point ici d’une révolution. Ce n’est point une révolution que nous avons voulu faire... La résistance légale, soit ; mais pas autre chose. Il est bien entendu que, là non plus, on ne décida rien... si ce n’est de faire un lit à M. de Rémusat, que la fièvre venait de prendre. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut nommé préfet de l’Aveyron en 1830. Il fut nommé directeur des bâtiments et monuments publics au ministère de l’Intérieur en 1834. Nous empruntons au site de l’Assemblée nationale la notice biographique qui lui est consacrée : « [Le 21 juin 1834] il fut élu député par le 3e collège de l’Aveyron (Espalion) avec 105 voix (185 votants, 211 inscrits) contre 80 à M. Delzers ; comme les fonctions publiques que M. de Guizard avait exercées dans le département avaient pris fin depuis moins de six mois, cette élection fut annulée ; mais M. de Guizard fut réélu (6 septembre 1834) avec 103 voix (160 votants, 235 inscrits), contre 55 à M. Delzers ; invalidé une seconde fois, il fut encore et définitivement élu, le 27 décembre 1834, par 128 voix (134 votants, 249 inscrits). Successivement réélu, le 4 novembre 1837 par 121 voix (225 votants, 299 inscrits), et le 2 mars 1839 par 130 voix (210 votants, 301 inscrits) ; nommé préfet de l’Aveyron le 10 août suivant, il fut remplacé à la Chambre le 21 septembre par Guillaume Amans Pons. Il donna son approbation aux lois de septembre et entra, avec Thiers et Guizot, dans la coalition contre le ministère Molé. Il ne fit pas partie d’autres législatures. » Il fut nommé officier de la Légion d’honneur le 16 avril 1842. Il mourut le 23 avril 1879 (dans son dossier à la Légion d’honneur) à Rodez (Aveyron). Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Mémoires de ma vie, Rémusat, Plon, Paris, 1958, T II, p. 321-322 ; Histoire des préfets, Pierre-Henry, Nouvelles éditions latines, Paris, 1950, p. 126 ; Bulletin des lois IXe série, tome premier, 2e partie, n° 1, ordonnance n° 4, mars 1831, p. 15 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier De Mauroy ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/250/64. Il y a in Archives de la préfecture de police AA 370 in dossier Allien, Auguste, un Guizard, chef de limprimerie du Moniteur, qui signe le certificat suivant en faveur dAllien, Auguste : « Je certifie que M. Allien est venu à ladministration du Moniteur dans la journée du 29 juillet, porter les ordres du général Lafayette. » Signé : Guisard ou Guizard, chef de limprimerie.

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