Hamelet, Pierre, Thomas

Biographie


Né le 28 juin 1785 (bien le 28 juin 1785 dans son acte de baptême ; parfois mais par erreur le 29 juin 1785 par exemple in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) à Bretteville-sur-Odon (ou à Versun dans le Calvados une fois sur deux in Archives nationales F/1dIII/34) (Calvados), fils de Hamelet, Pierre, meunier, et de Leberrurier, Marie, Jeanne, son épouse. Meunier en 1810-1821, ex-conducteur de diligence en 1830. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans le bras gauche, le 28 juillet rue Mandar (ou au cou et au côté gauche sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/34). Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie que je donne des soins à Marie, Pierre, Thomas Hamelet (sic), conducteur de diligences des armées, lequel a, le 28 juillet, reçu en combattant une blessure fort grave par suite d’un coup de feu qui a brisé l’articulation du bras avec l’avant-bras, blessure qui si elle n’entraîne pas la perte du membre doit amener l’ankylose de cette articulation. Il est père de six enfants, tous à sa charge et n’avait que sa place pour exister. » Signé, le 6 août 1830 : illisible, demeurant cité Bergère. Il reçut (sous le nom dHamlet) un secours de deux cent cinquante francs en août et un autre de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le Constitutionnel du 2 août 1830 (sous le nom dHamlet) et l’Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830 (p. 298), rapportent ainsi sa participation aux combats : « La rue Mandar est une de celles où l’attaque des Suisses fut des plus violentes, et où ils éprouvèrent une résistance héroïque. Plusieurs de leurs officiers et de leurs soldats y furent tués. Les habitants de cette rue ont déployé, ainsi que leurs concitoyens de tous les quartiers de la capitale, une bravoure au-dessus de l’expression. Un père de sept enfants, M. Hamlet, l’un des conducteurs des messageries d’Armand Lecomte et compagnie, s’est arraché des bras de sa femme pour voler où l’appelait son devoir de citoyen. Après que la barricade a été construite, quand il a eu épuisé ses munitions, et après avoir lancé sur la troupe tous les pavés qu’il avait à sa disposition, il a reçu, en fermant sa croisée, une balle qui lui a cassé le bras. » Il reçut un secours de cent francs, le 6 août 1830, un secours de cinquante francs, le 14 août 1830, un secours de cinquante francs, le 20 août 1830, un secours de cinquante francs, le 31 août 1830, un secours de soixante francs, le 9 septembre 1830, un secours de quarante francs, le 16 septembre 1830, un secours de cinquante-cinq francs, le 25 septembre 1830, un secours de quarante-cinq francs, le 2 octobre 1830, un secours de soixante-cinq francs, le 13 octobre 1830, un secours de cent francs le 22 octobre 1830, un secours de cent francs le 5 novembre 1830, un secours de cent francs le 19 novembre 1830, un secours de cent trente francs le 15 décembre 1830, un secours de quatre-vingt-dix le 15 janvier 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs le 1er février, un secours de quatre-vingt-dix francs le 15 février 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs le 1er mars 1831, un secours de quatre-vingt-dix le 15 mars 1831, un secours de trente-trois francs et vingt-cinq centimes le 1er avril 1831, un secours de trente-trois francs et vingt-cinq centimes le 15 avril à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 22 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Prudhomme, demeurant 38, rue Mandar ; Lenz, Charles, demeurant 38, rue Mandar ; Nicolas, Julien, demeurant 16, rue Mandar. Ils attestèrent que Hamelet, Pierre, Thomas avait « été blessé au bras gauche en combattant dans la journée du 28 juillet par un coup de feu, rue Mandar ». En date du 22 février 1831, le maire du (ancien) IIIe arrondissement attestait que Hamelet, Pierre, Thomas était « sans fortune qui puisse assurer son existence ». Admis dans la 4e classe des blessés, il fut pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il obtint une place aux Poids et Mesures. Quoique ayant répondu aux convocations de la Commission des récompenses nationales et ayant fourni toutes les pièces qui lui étaient demandées, il ne fut pas décoré. Les journaux de l’époque avaient rapporté qu’il avait été blessé à la croisée de sa fenêtre alors qu’il tentait d’en fermer les battants. Il protesta que ce fait était faux et qu’il avait été blessé alors qu’il n’était pas même chez lui mais dans la rue Mandar à soutenir l’attaque dirigée contre les Suisses et qu’il en avait même commandé le feu. Quand il vit qu’il n’était pas sur les listes de décorés, il fit connaître son mécontentement au maire de son arrondissement et lui offrit de présenter « non pas des certificats comme il m’avait été demandé et que j’ai fournis revêtus de deux ou trois signatures, mais de vingt, trente et de tout mon quartier s’il le fallait ». Il écrivit au président du Conseil pour se plaindre du tort qui lui avait été fait. Il rappela une altercation qu’il avait eue à la Commission des récompenses nationales avec Ternaux, délégué à cette commission, et au cours de laquelle il avait traité ce dernier et d’autres membres de la Commission de blancs-becs, que lui-même avait servi sous nos glorieuses couleurs quil était encore au berceau ; Ternaux avait conçu, selon Hamelet, une espèce de haine à son encontre et qui lui avait fait du tort dans la liquidation de ses droits, qu’il jugeait pourtant indiscutables. Il perdit l’usage de son bras, quoique non amputé et demanda que ses enfants fussent assimilés à des orphelins. Il reçut auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement un habit, un pantalon et un bonnet de garde national. Il avait épousé, le 7 mai 1810 à Verson (Calvados), Porée, Marie, Anne, née le 20 mars 1785 à Verson ; sur l’acte de mariage, Hamelet, Pierre, Thomas est indiqué comme le fils de Hamelet, Pierre et de Berruyer, Marie, Jeanne (sic) ; Porée, Marie, Anne est indiquée comme la fille de Porée, Gilles, cultivateur, et de Tillard, Madeleine, son épouse. Il avait avec elle six enfants, dont Pierre, Désiré, né le 29 septembre 1812, Victoire, Célestine, née le 10 août 1813 à Verson, Virginie, Victoire, née le 29 mai 1815 à Verson, Marie, Anne, Désirée, née le 11 juin 1817, Sophie, Léocadie, née le 13 avril 1819 à Verson, Louise, Emilie, née le 30 janvier 1821 à Bretteville-sur-Odon. Il demeurait à Verson en 1810-1819 ; à Bretteville-sur-Odon en 1821 ; 18, rue Mandar en 1830-1831 ; au pont à bascule de Blois (Loir-et-Cher) en 1831. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 27 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 29 (sous le nom dHamlet) ; Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 163-164 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 70 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 4e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 4e classe.

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