Hardy, Jean
Biographie
Né vers 1784-1786 à Carville (Calvados). Serrurier en voitures chez Levet, charron serrurier demeurant 48, rue Basse-du-Rempart, chez lequel il gagnait cinquante sols par jour. Il travailla à la construction des barricades, rue Basse-du-Rempart et rue des Capucines. Le 28 juillet, il fut blessé par le choc d’une pierre qu’il reçut dans le bas-ventre – et qui lui occasionna une hernie –, à la construction de la barricade de la rue Basse-du-Rempart et, le 29, alors qu’il aidait à scier un arbre sur le boulevard, cet arbre, lors de sa chute, lui frappa fortement le bras, occasionnant une luxation. Dans la même journée cependant il était du nombre de combattants, commandés par Rollet, qui entra à l’hôtel du ministre des Affaires étrangères. Il était porteur de deux certificats qui attestaient ces faits. Le premier : « Nous soussignés certifions que le sieur Hardy, dans les journées des 28 et 29 juillet, a travaillé avec ardeur aux barricades de la rue Basse-du-Rempart et de la rue des Capucines. Ils attestent aussi l’avoir vu tomber sous le coup d’une pierre qui lui a occasionné au bas-ventre une forte contusion et ils ont connaissance qu’un arbre qu’il avait scié lui a causé une luxation du bras gauche en tombant. Ces blessures, extrêmement graves d’après l’avis même des médecins, a mis hors d’état de travailler cet honnête homme, père de trois enfants, dont le dévouement a été sans borne et qu’il n’a cessé un seul instant de travailler pour la chose publique dans les mémorables journées de Juillet. Les soussignés pensent que peu de personnes aient plus de droits à la bienveillance du gouvernement que le sieur Hardy, pour lequel ils s’étaient déjà proposés d’adresser une supplique à qui de droit. » Signé, le 23 octobre 1830 : Mourin, demeurant 7, rue Tronchet ; Mangot, demeurant 56, Basse-du-Rempart. Le deuxième ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Hardy était du nombre des personnes que je commandais le 29 juillet, lorsque je suis entré à l’hôtel des Affaires étrangères, qu’il s’est conduit en homme zélé et qu’il a pris une part active au succès de la cause. » Signé, le 17 septembre 1830 : Rollet (voir ce nom), négociant, demeurant 3, rue de Crussol. Il reçut un secours de quarante francs et un autre de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Son patron lui délivra, en septembre 1830, un certificat attestant que le temps qu’il était resté à son service il s’était « comporté en brave et honnête homme ». En 1831, père de trois enfants, une dépêche indiquait à son sujet : « Demande un secours pécuniaire pour les blessures qu’il a reçues pendant les journées de Juillet. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de soixante-dix francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de trente francs en décembre, un secours de trente francs en mars, un secours de trente francs en avril, un secours de vingt-cinq francs en juin 1831, soit un total de cent quatre-vingt-cinq francs (mais un total de cent trente francs in Archives de Paris VK3 28) de secours auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 26 avril 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir reçu sur différentes parties du corps et notamment à l’épaule gauche par suite ????? d’un tas de pierres ; a montré une hernie inguinale du côté droit et une varicocèle du côté gauche, infirmités qu’il attribue également à des contusions, circonstances qui, si elles sont prouvées, lui donnent droit à être placé dans la troisième classe des blessés. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint de contusions qui ont entraîné une incapacité durable mais incomplète et qu’il doit être rangé dans la troisième classe des blessés. » Il fut d’abord admis conditionnellement dans la 3e classe des blessés, mais l’enquête faite ayant constaté que la cause des blessures avait une origine étrangère aux événements de Juillet, la Commission a, dans sa séance du 12 septembre 1831, rejeté la demande de pension (ou du 22 juin 1831 in Archives de Paris VK3 10). Il fut finalement admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re classe des blessés avec une indemnité de cent vingt francs versés sur une année. Il reçut, à titre de blessé de la 1re 2e classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, blessé sans pension, il protesta contre la décision de la Commission des récompenses nationales. Il retira, le 10 août 1831, les pièces qu’il avait déposées à la Commission des récompenses nationales. En 1830, il était père d’un garçon de trente-trois mois, d’une fille de sept ans et d’une autre de neuf ans. Il demeurait 9, rue de la Boule-Rouge en octobre 1830 ; 40, rue Basse-du-Rempart en 1830-1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 92, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 5, idem liasse 6 (indemnitaires de la 1re catégorie de la 2e classe), idem liasse 7 liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription ; Archives de Paris VK3 26, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de la 1re classe dont les bulletins individuels ont été remis au 19 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives de Paris VK3 46 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (douze) citoyens rangés conditionnellement par le jury médical dans les blessés pensionnés ou indemnisés et rejetés par la Commission, attendu qu’il a été constaté que leurs blessures étaient le résultat de causes étrangères aux événements de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe.