Hautecœur, Jean-Baptiste, Aimable

Biographie


Ancien magistrat. Il fit plusieurs demandes, infructueusement devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa, le 1er octobre 1831, la lettre suivante à cette dernière Commission : « C’est une fatalité inouïe pour moi qu’ayant présenté les trois pétitions désignées ci-dessus (en date des 7 octobre 1830, 1er mars 1831 et 21 septembre 1831) à la Commission des récompenses nationales, je n’ai jamais reçu de réponse. Dans la nuit du 27 au 28 juillet, je fus blessé en recevant à l’Hôtel de ville une balle mourante, étant à une grande distance, rue de la Vannerie, sur le nez entre les deux yeux. Je faisais alors partie de la masse des combattants pour culbuter le poste de l’Hôtel de ville. Le coup m’a fait chanceler et tomber sur ma figure, qui a pris l’empreinte d’un masque de sang. Au même instant, le sang s’est répandu par abondance par la bouche, le nez et les yeux. Un honnête particulier m’a lié mon mouchoir sur le derrière de la tête en masquant ma figure et a eu la bonté de me prendre le bras et de me conduire chez moi. Ma chute, en tombant lourdement, a cassé le ressort et la glace de ma montre. J’ai fait mettre un nouveau ressort par l’horloger de la place Maubert, vis-à-vis le corps de garde, à qui j’ai payé cinq francs ; son registre fait la preuve de mon nom et de l’ouvrage. Dans cette nuit, j’ai perdu mon beau couteau de chasse, dont la poignée est d’ivoire garnie en argent. Depuis ma blessure, j’ai perdu ma mémoire. Je suis devenu un peu sourd. Je suis attaqué d’évanouissement et d’étourdissement, qui m’empêchent d’élever la tête ou de la tourner pour ne pas tomber, ce qui m’a ôté l’équilibre de ma personne au point de ne pouvoir marcher sans précaution et sans canne. Je souffre de mes nerfs et de la crampe continuelle. quand je suis couché, je ne peux plier les genoux. L’apothicaire, rue Saint-Séverin, m’a donné de l’huile et de l’eau-de-vie camphrées pour me frotter. Ma vue est considérablement affaiblie. J’ai employé pour la guérison de ma figure de l’eau de la reine de Hongrie, du sureau, fleurs de plantain, fleurs de roses blanches et de la verveine. Les faits de ma blessure sont désignés avec évidence. Je ne pense pas que l’on puisse jamais produire de preuves plus constantes. J’ai sacrifié mon existence et ma fortune pour ma patrie, en remplissant depuis quarante ans diverses fonctions tant civiles, administratives et judiciaires sans jamais avoir pu obtenir une modique pension. Dans ma situation actuelle, je suis attaqué de douleurs et d’infirmités jusqu’à ma mort. » Il affirmait avoir été soigné par le docteur Baudot, demeurant rue du Cloître-Saint-Honoré, mais qui ne demeurait plus à Paris depuis la fin de 1830, étant retourné en Champagne, son pays natal, et par le docteur Victor Henneaux, demeurant rue Perdue, qui lui avait délivré un certificat médical mais qu’il avait fait parvenir à la première Commission des récompenses nationales. Quant à la personne qui l’avait aidé et raccompagné chez lui, le soir où il avait été blessé, il ne l’avait jamais revu quoique ce dernier eût promis de venir le revoir, et présumait qu’il avait été tué dans les combats. Le 1er février 1832, il adressait une nouvelle lettre pour expliquer que sa situation n’avait cessé d’empirer ; il avait été contraint de vendre ou d’engager tous ses effets, devait treize mois de loyer et réclamait le renvoi de ses pièces. Il demeurait 11, rue Saint-Julien, chez M. Parat, en 1831. Archives de la préfecture de police AA 392.

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