Haussmann, Nicolas, Valentin
Biographie
Né le 22 octobre 1787 (mais le 21 octobre 1787 in Nouvelle Biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours) à Versailles (Yvelines), fils de Haussmann, Nicolas, député sous la Convention. Sous-intendant militaire, administrateur du Temps. Il fut un des signataires (voir la liste complète à Dumas, Alexandre) de la protestation des journalistes, ainsi rédigée : « On a souvent annoncé depuis six mois, que les lois seraient violées, qu’un coup d’Etat serait frappé. Le bon sens public se refusait à le croire. Le ministère repoussait cette supposition comme une calomnie. Cependant le Moniteur a publié enfin ces mémorables ordonnances, qui sont la plus éclatante violation des lois. Le régime légal est donc interrompu ; celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir. Les citoyens appelés les premiers à obéir sont les écrivains des journaux, ils doivent donner les premiers l’exemple de la résistance à l’autorité, qui s’est dépouillée du caractère de la loi. Les raisons sur lesquelles ils s’appuient sont telles qu’il suffit de les énoncer. La charte, article 8, dit que les Français, en matière de presse, sont tenus de se conformer aux lois ; elle ne dit pas aux ordonnances. La charte, article 35, dit que l’organisation des collèges électoraux sera réglée par les lois ; elle ne dit pas par les ordonnances. La couronne elle-même avait reconnu jusqu’ici ces articles. Toutes les fois, en effet, que des circonstances prétendues graves lui ont paru exiger une modification, soit au régime de la presse, soit au régime électoral, elle a eu recours aux deux Chambres ; elle ne s’est arrogé, à l’égard des articles 8 et 35, ni une autorité constituante, ni une autorité dictatoriale qui n’existent nulle part. Les tribunaux, qui ont droit d’interprétation, ont solennellement reconnu ces mêmes principes. Leurs décisions établissent qu’en matière de presse et d’organisation électorale, les lois, c’est-à-dire le roi et les Chambres, peuvent seuls statuer. Aujourd’hui donc le gouvernement a violé la légalité. Nous sommes dispensés d’obéir. Nous essayons de publier nos feuilles, sans demander l’autorisation qui nous est imposée. Nous ferons nos efforts pour qu’aujourd’hui au moins elles puissent arriver à toute la France. Voilà ce que notre devoir de citoyens nous impose, et nous le remplissons. Nous n’avons pas à tracer ses devoirs à la Chambre illégalement dissoute ; mais nous pouvons la supplier, au nom de la France, de s’appuyer sur son droit évident, et de résister autant qu’il sera en elle à la violation des lois. Ce droit est aussi certain que celui sur lequel nous nous appuyons. La Charte dit, article 50, que le roi peut dissoudre la Chambre des députés ; mais il faut pour cela qu’elle ait été réunie, constituée en Chambre ; avant la réunion et la constitution de la Chambre, il n’y a que des élections faites. Or, nulle part la Charte ne dit que le roi peut casser les élections. Les ordonnances publiées aujourd’hui ne font que casser des élections, elles sont donc illégales, car elles font une chose que la Charte n’autorise pas. Les députés élus, convoqués pour le 3 août, sont donc bien et dûment élus et convoqués. Leur droit est le même aujourd’hui qu’hier. La France les supplie de ne pas l’oublier. Tout ce qu’ils pourront pour faire prévaloir ce droit, ils le doivent. Le gouvernement a perdu aujourd’hui le caractère de légalité qui commande l’obéissance. Nous lui résistons pour ce qui nous concerne ; c’est à la France à juger jusqu’où doit s’étendre sa propre résistance. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il signa, le 24 septembre 1830 et comme directeur de l’administration du journal le Temps, le certificat suivant en faveur de Jeannin, Auguste : « Je certifie que le nommé Auguste Janin, ouvrier imprimeur, a été employé aux presses du journal le Temps pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet, qu’il y a fait son service avec exactitude et qu’il s’est occupé de distribuer les journaux que l’administration faisait délivrer gratuitement au public pendant ces journées. » Il était le père de Haussmann, George, Eugène, autre décoré de la Croix de Juillet, et retira pour lui à la mairie la croix qu’il avait obtenue. Nous empruntons à la Nouvelle Biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours la notice biographique le concernant et ainsi rédigée : « Entra très jeune, sous les ordres de son père, dans l’administration générale des vivres ; puis il fut nommé commissaire des guerres, et fit les dernières campagnes de l’Empire. Mis à la demi-solde sous la Restauration, il écrivit dans les journaux, et signa, comme un des rédacteurs du Temps, la protestation contre les ordonnances du 25 juillet 1830. Attaché d’abord au ministère de l’Intérieur, il rentra au service et fit la campagne d’Anvers, comme sous-intendant militaire. Envoyé ensuite à Constantine, où il résida plusieurs années, il fut chargé d’organiser le service des vivres pour la campagne des Bibans, tâche dont il s’acquitta avec autant d’activité que d’intelligence. Rappelé en France, il a exercé ses fonctions à Metz, Lille, à Strasbourg, et fut mis à la retraite en 1848, sous le gouvernement de la République. Il est auteur de plusieurs écrits sur les subsistances et la statistique. Aujourd’hui M. Haussmann est un des principaux rédacteurs du Moniteur de l’Armée. » Il demeurait 92, rue de Richelieu en 1831. Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 92 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Jeannin, Auguste : Nouvelle Biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, publiée par MM. Firmin-Didot frères, sous la direction de M. le Dr Hoefer, Paris, 1858, tome vingt-troisième, p. 572.