Haymonet, François, Bonaventure

Biographie


En 1815, il était officier payeur au 14e bataillon de la garde nationale mobile de Toul. Commissaire de police du quartier du Temple en 1831. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé et relatif à sa conduite pendant l’invasion alliée de 1814 : « Le soussigné, François, Louis Chodron, officier supérieur retraité, certifie que dans la nuit du 17 au 18 janvier 1814, tous les officiers de l’état-major de la place de Toul ayant quitté la ville par ordre supérieur de M. le maréchal duc de Bellune, s’y trouvant avec son corps d’armée, voulant retarder la marche de l’ennemi, m’avait donné ordre de défendre cette place (presque démantelée alors) avec douze canonniers, une pièce de quatre, trois sous-lieutenants d’infanterie, quatre sergents et quatre-vingts conscrits malades de son corps d’armée. Je me trouvais fort embarrassé de ma personne, n’ayant ni adjudant ni secrétaire pour m’aider dans un moment aussi difficile lorsque M. François, Bonaventure Haymonet, alors officier retraité et amputé, domicilié à Toul, est venu s’offrir pour faire le service d’adjudant de place, que, par son zèle, sa bravoure et son activité, il m’a rendu les plus grands services, en contribuant à en imposer à un ennemi fort de quatre-vingt mille hommes, qui, arrêté par quelques coups de canon, n’a pas osé tenter le passage du pont de la Moselle, qui est à quarante pas de la place (la Moselle étant alors dans son plus grand débordement), a été obligé de rétrograder et de manœuvrer pendant quatre jours pour aller passer cette rivière au pont Saint-Vincent, quatre lieues au-dessus de la place, avec toutes ses forces, se déployer sur les hauteurs qui la dominent à deux ou trois cents toises au sud et à l’ouest. Cette perte de temps occasionnée à l’ennemi par la résistance et bonne contenance de la faible garnison de la place a facilité la retraite du corps d’armée de M. le maréchal duc de Bellune. M. Haymonet a donc rendu un grand service, en contribuant volontairement à la défense de Toul, dans ce moment de malheur et de découragement. » Signé, à Toul, le 4 mai 1831 : Chodron, ancien commandant de la place de Toul, chef de bataillon en retraite, demeurant à Toul. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Il m’est agréable d’avoir à attester la part active et toute belliqueuse que vous avez prise aux mémorables journées de Juillet. C’est donc avec enthousiasme et admiration que je me rappelle votre dévouement et le noble exemple que vous avez donné aux braves que vous commandiez et dont le nombre s’augmentait à la vue du brave manchot. Je vous ai vu conduisant votre vaillante compagnie du faubourg Saint-Antoine à l’attaque du Louvre, je vous ai suivi dans la rue Saint-Honoré, encourageant vos intrépides volontaires à braver la terrible fusillade qui partait des environs de la place du Palais-Royal. Vos sentiments tout patriotiques m’étaient assez connus pour apprécier votre dévouement à la grande cause. Puisse mon faible témoignage être accrédité auprès de l’autorité dispensatrice des récompenses nationales. Moins heureux que vous, sans arme, n’ayant que mon hausse-col d’ancien officier d’artillerie, garde national de Lille, j’ai été témoin passif puisque j’ai été bloqué rue du Mouton pendant le jour et la nuit du 27 au 28 ; ce n’est que le 29 que j’ai pu me joindre à quelques groupes où, sans avoir été assaillant, j’ai fait meute rue Saint-Honoré, de Rohan, de Valois. Vous commandiez des braves et vos efforts réunis ont amené des succès à jamais mémorables et dont en mon patriotisme je vous conserverai toujours les sentiments d’estime et d’admiration que vous m’avez inspirés et auxquels je joindrai l’expression de mon bien sincère attachement. » Signé : Hayaux-Dutilly, grenadier au 4e bataillon de la VIIe légion, demeurant 9, rue du Mouton. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés, domiciliés dans la ville de Paris, certifient qu’il est à leur parfaite connaissance que plusieurs citoyens de différents quartiers faisaient partie de leur rassemblement lors des événements de Juillet, sans pouvoir les désigner tous. Qu’ils se portèrent des environs du Panthéon, jardin des Plantes et qu’ils rencontrèrent M. Haymonet, présentement commissaire de police du quartier du Temple, que ce citoyen se joignit à eux avec le plus vif empressement et qu’à leur sollicitation il se mit à leur tête ; qu’animés par son courage et son patriotisme, ils s’emparèrent des armes du poste de la caserne du Jardin des plantes. Qu’étant armés, ils se portèrent de suite au pont d’Austerlitz, où ils chargèrent les cuirassiers et la troupe de ligne qui s’opposaient au passage du pont ; que les troupes s’étant alors éloignées, les soussignés se dispersèrent, les uns en poursuivant les troupes de ligne les autres en transportant les blessés aux différents endroits qui avaient été désignés pour recevoir les victimes des mémorables journées. En foi de quoi, les soussignés ont eu l’honneur d’offrir à M. Haymonet la présente attestation, comme une marque publique et authentique de leur vive reconnaissance, tant pour le dévouement patriotique dont il a fait preuve que pour le courage qu’il a déployé en commandant les citoyens qui composaient leur troupe pour aider à assurer la cause de la liberté et l’ordre public. » Signé, le 29 décembre 1830 : Tachet, mécanicien, demeurant 6, rue des Lyonnais-Saint-Marcel ; Hilaire, tambour d’harmonie de la musique de la VIIe légion de la garde nationale (voir Hillaire qui demeurant 6, rue des Lyonnais ?) ; Tourray, Auguste, mécanicien, demeurant 9, rue Pascal ; Dubiglainé, horloger, demeurant 4, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que j’ai donné à M. Haymonet la quantité de dix kilogrammes de poudre superfine en boîte, le jour du 28 juillet dernier pour être distribuée aux volontaires parisiens, m’a-t-il dit et dont il m’a remis un ordre, que j’ai remis à la préfecture de la Seine, Hôtel de ville. » Signé, le 21 novembre 1830 : Brun, demeurant 144, Palais-Royal. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine de la 3e compagnie du 1er bataillon de la IIIe légion de la garde nationale de Paris, certifie avoir vu M. Haymonet et lui avoir touché la main dans l’après-midi du 29 juillet 1830 rue Saint-Honoré, vis-à-vis celle du Coq, à la tête de plusieurs volontaires parisiens combattant pour la cause nationale. » Signé, le 21 novembre 1830 : B. de Grave, capitaine. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine d’état-major de la garde nationale pendant les grandes journées de Juillet, jusqu’au 10 du mois d’août, atteste qu’il est à ma connaissance que M. Haymonet, ayant été chargé, le 29 juillet au soir par le gouvernement provisoire, de signifier des ordres au directeur général des Postes, pour le départ des proclamations dans les départements, a rempli cette mission avec un dévouement tout à fait patriotique. Etant revenu ensuite à l’Hôtel de ville, afin de recevoir de nouveaux ordres que je lui donnai en lui confiant des missions importantes et difficiles et ayant reconnu dans M. Haymonet un citoyen zélé et entièrement dévoué à son pays. » Signé : Baudry. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, commissaire de police du quartier Montorgueil, déclare qu’ayant été attaché à l’état-major de la garde nationale comme l’un des secrétaires de M. le colonel Zimmer, j’ai eu une parfaite connaissance des faits énoncés au certificat ci-dessus. » Signé, le 11 décembre 1830 : de Vaudenion illisible (Vandemont ?). Le huitième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, certifions que M. Haymonet, commissaire de police du quartier du Temple, a rendu des services essentiels pendant les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet ; que le 29 juillet au soir il a été chargé par le gouvernement provisoire de signifier des ordres au directeur général des Postes, pour le départ des proclamations dans départements ; qu’il a rempli cette mission avec intelligence et dévouement. Le sieur Haymonet a été ensuite chargé par moi, colonel chef d’état-major général du gouvernement provisoire, de différentes missions dont il a rendu compte d’une manière satisfaisante. » Signé : Zimmer, colonel du 33e régiment, chef d’état-major de la garde nationale. Le neuvième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir eu connaissance des services rendus à la cause nationale par M. Haymonet. Je me rappelle l’avoir vu à l’Hôtel de ville le 29 juillet. » Signé : Vaucher. Le neuvième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Haymonet à l’Hôtel de ville le 29 juillet, au moment où étant secrétaire audit Hôtel je recevais de M. Baudry, capitaine d’état-major, des ordres. J’atteste en outre l’avoir vu déployer un zèle digne d’éloges. » Signé : Gastineau (voir Gastineau, Frédérich) Le dixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, attaché au service de l’hospice vieillesse (femmes) de La Salpêtrière, déclare avoir vu M. Haymonet, actuellement commissaire de police du quartier du Temple, faire distribuer avec ordre, le 28 juillet dernier, les armes trouvées chez l’arquebusier de la rue de partie du manuscrit brûlée. Je déclare de plus que la quantité de ces armes n’ayant pu suffire, M. Haymonet m’engagea à me rendre à son domicile, rue de Cléry, où, sur son ordre, un de mes amis et moi fûmes complétement armés. » Signé, le 15 novembre 1830 : Morin, Jh. Le onzième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine de la 4e compagnie du 2e bataillon Ve légion, certifie que le sieur Haymonet, commissaire de police actuellement du quartier du Temple, s’est mis le 28 juillet à la tête d’un grand nombre de citoyens qui cherchaient des armes pour résister aux attaques des satellites du despotisme, qu’il nous a conduits chez un armurier, rue du Mail, et que là il a présidé à la distribution d’une quantité considérables d’armes. Beaucoup de personnes n’ayant pu être du nombre de ceux qui en avaient reçues en demandaient avec instance. M. Haymonet, qui ne me connaissait nullement, me donna l’adresse de sa demeure, en me disant que je trouverai chez lui deux paires de pistolets, que sa femme me remettrait. Son épouse, aussi bonne française que son mari, me les remit à l’instant et me donna de plus un poignard pour nous. M. Haymonet, qui était privé d’un bras, ne pouvait se servir d’arme à feu. Elle ajouta, en me les remettant, qu’elle ne voulait pas que son mari fût exposé à périr sans pouvoir le venger. » Signé, le 5 décembre 1830 : Petit (voir Petit, Pierre, Isidore), demeurant 86, passage du Caire. Il comparut, le 19 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Rouzée, Alexandre, Balthazar, François et savoir qu’il avait « été blessé mortellement le 28 juillet dernier à l’attaque de l’Hôtel de ville, le soir, d’un coup de feu à la jambe droite, après avoir longtemps combattu contre la garde royale ; il a été transporté le même soir à l’Hôtel-Dieu, où il est décédé le 31 août suivant, des suites de sa blessure ». De la même manière, il comparut, le 19 mars 1831, devant le maire du (ancien) VIe arrondissement, pour attester que « Rouzée, Jacques [père, N.DA.], ancien employé, demeurant rue de Ménilmontant n° 55, dont le fils unique est mort des suites de blessures reçues dans les journées de Juillet, n’a aucune fortune quelconque et se trouve, par la perte de son fils, dénué de toute ressource ». Il fut témoin au cours du procès intenté en diffamation par Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François), préfet de police. Le National avait publié, le 15 juillet 1831, sur les désordres de la veille et au cours desquels des ouvriers avaient été embrigadés et payés pour assommer les manifestants, un article ainsi conçu : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » Haymonet se serait interposé entre les assommeurs et les manifestants. A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, les deux accusés furent acquittés. En 1834, il était toujours commissaire de police du quartier du Temple. Ce fut lui qui dirigea la perquisition de l’appartement depuis lequel, en juillet 1835, Fieschi tira sur le roi à l’aide d’une batterie de canons de fusil qu’il avait reliés entre eux. De la même manière, tout au long de la procédure, il participa aux investigations ordonnées par la justice. En 1839, il était commissaire du quartier Saint-Denis. Il demeurait rue de Cléry en 1830 ; 20, rue des Fossés-du-Temple en 1831 ; 25, rue Neuve-Saint-Denis en 1840. Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Rouzée, Alexandre, Balthazar, François ; Archives de la préfecture de police AA 392 ; Cour dassises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831 ; Le Moniteur universel, 22 décembre 1831 ; Cour des pairs, affaire du mois davril 1834, procès-verbaux darrestation et autres, Paris, Imprimerie royale, 1835, p. 312 ; La Gazette des tribunaux, 15 janvier 1840 ; Cour des pairs, attentat du 29 juillet 1835, procédure, dépositions de témoins, Imprimerie royale, Paris, 1835, p. 12 ; Cour des pairs, attentat des 12 et 13 mai 1839, procédures, dépositions des témoins, 1re série, Imprimerie royale, Paris, 1839, pp. 238, 241 ; Cour des pairs, attentat des 12 et 13 mai 1839, procédures, interrogatoires des accusés, 1re série, Imprimerie royale, Paris, 1839, p. 261 ; Cour des pairs, attentat des 12 et 13 mai 1839, procès-verbal des séances, Imprimerie royale, Paris, 1839, p. 288.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.