Huttin, Philippe, Jean, Nicolas
Biographie
Né le 12 février 1802. Docteur en médecine, reçu le 23 avril 1830 à la faculté de Paris. Une dépêche indiquait à son sujet : « Demande au roi la décoration de la Légion d’honneur, comme s’étant particulièrement distingué dans les journées de Juillet et comme ayant été atteint d’une balle à la cuisse pendant qu’il prodiguait ses soins aux blessés. Ci-joint quatre certificats à l’appui de sa demande [absents du dossier, N.D.A.]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il apostilla, le 18 octobre 1830, le récit que fit Delaunay, Clément, Prosper de sa participation aux envoya à la Commission des récompenses nationales pour faire valoir ses droits à une récompense nationale. Ce récit était ainsi rédigé : « Le 26, indigné des fatales ordonnances, j’achetais autant de livres de poudre que je pus m’en procurer et le lendemain j’en distribuai une portion à ceux de mes voisins qui m’en demandèrent. Le 28 au soir, je donnai presque toute la poudre qui me restait aux hommes armés qui parcouraient mon quartier et je contribuais avec eux à la déroute des gardes royaux qui s’étaient établis depuis le matin sur le boulevard et la porte Saint-Denis. De retour de cette expédition, je m’occupais à construire les barricades et passais la nuit à soutenir l’enthousiasme des braves qui n’attendaient que le jour pour porter le dernier coup à la monarchie. Le lendemain 29, je quittais ma femme enceinte et mère déjà d’un enfant de huit mois et, revêtu de mon habit de garde national, je partis avec un peloton de vingt-cinq hommes pour me rendre avec eux à la Bourse, qui était alors le lieu du danger. Le général Dubourg nous conduisit ensuite à l’Hôtel de ville et je fus chargé par lui d’une commission plus périlleuse peut-être que tous les combats auxquels je pris part. Une heure après deux barils de poudre et des balles avaient été apportés, il fallait en faire la distribution et empêcher des milliers d’hommes animés par la colère et par le vin de se précipiter dessus, la pipe à la bouche. Je parvins à maintenir l’ordre... Cette opération terminée, un élève de l’Ecole polytechnique nous conduisit aux Tuileries et, après un combat meurtrier, j’eus le bonheur d’y entrer un des premiers. Enfin, de retour à l’Hôtel de ville, je fus chargé d’aller m’emparer de la direction générale des Postes. Je passais la nuit, je contribuais au départ des malles et je les escortais jusqu’à la barrière. Le samedi, je me rendis au poste de l’hôpital Saint-Louis et je plaçais moi-même le drapeau national sur la tonnelle qui domine cet asile de l’infortune, malgré les efforts de l’agent de surveillance. Telles ont été mes actions, messieurs. Jugez-les. J’ai l’honneur etc. » Il demeurait 11, rue Thévenot en 1831-1833. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delaunay, Clément, Prosper.