James, Adolphe, Hippolyte
Biographie
Né le 20 ventôse an X (11 mars 1802) à Alençon (Orne) (par erreur in Archives nationales F/1dIII/39), fils de James, Nicolas, employé à la recette du département de l’Orne, et de Lesage, Marie, Angélique son épouse. Négociant ou commis marchand ou caissier de commerce. La chronique de l’époque relatait ainsi sur sa participation aux combats : « M. Jame, caissier d’une maison de commerce de Paris, se trouvait le 28 juillet, rue des Prouvaires ; après avoir combattu toute la journée, il fut atteint d’une balle qui, lui ayant traversé la cuisse gauche, alla frapper un autre combattant qui était derrière, et lui cassa la jambe. Quoique grièvement blessé, M. Jame, à la vue de son compagnon resté sans défense, sentit se ranimer son courage ; il le prend, l’enlève et le dépose dans un endroit à l’abri des balles. Ne pouvant plus lui-même prendre part à de nouveaux dangers, il donna promptement son fusil à un jeune homme et lui dit : Allez, vengez-moi. » Il fut, rue des Prouvaires, blessé d’un coup de feu reçu dans la cuisse gauche. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Jammes, Adolphe, Hippolyte), comme blessé, deux cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Nous, soussigné, docteur en médecine, chirurgien-major de la garde nationale d’Alençon, résidant dans cette ville, certifions qu’ayant été invité par le sieur James, Adolphe, blessé de Juillet, de faire un rapport sur sa situation actuelle, nous avons fait les observations suivantes. Premièrement vers la réunion du tiers inférieur de la cuisse gauche avec ses deux tiers supérieurs, on remarque deux cicatrices enfoncées qui ont donné passage à une balle, qui est entré par la partie interne du membre et est sortie par sa partie externe. Deuxièmement par suite d’abcès qui se sont formés dans cette partie plusieurs débridements ont été nécessaires et une incision qui s’étendait depuis l’ouverture d’entrée de la balle jusqu’à son ouverture de sortie a été pratiquée, ce qui n’a pu se faire sans la section du tendon extenseur de la jambe. Troisièmement, un peu au-dessus de la rotule, on observe une cicatrice résultant d’un abcès qui s’était formé dans cette partie. Quatrièmement, tout le membre malade, par suite d’une suppuration abondante et du repos auquel il est condamné a sensiblement perdu de son volume et est comme atrophié. De la nature et de la situation des lésions que nous venons de relater nous pouvons conclure que le sieur James restera sujet à une claudication incurable et à une telle faiblesse de la jambe gauche qu’il ne pourra marcher sans béquilles. » Signé, à Alençon, le 8 juillet 1831 : Chambay. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la cuisse du côté gauche, de sa partie antérieure et inférieure vers sa partie postérieure, à travers les chairs, suivie de perte de substance, d’accidents inflammatoires graves, d’abcès ; blessure guérie mais avec cicatrice adhérente, difficultés et douleurs dans les mouvements de la jambe et de la cuisse. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de six cents francs (après rectification de l’erreur qui le portait d’abord à une pension de trois cents francs). Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cent francs (pourquoi pas dans Crapelet ou sous quel nom dans Crapelet ?). Il reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de trois cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Dans la demande de récompense nationale que Fleury, D. présenta auprès de la Commission des réclamants de Juillet, il citait le nom de James « chez M. Lecerf-Duval, rue Bertin-Poirée, n° 4, blessé de Juillet », comme une des personnes auprès desquelles on pouvait s’informer sur sa participation aux combats de Juillet. Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 3 août 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le même jour et son brevet le 10 août 1831. Il fut nommé Directeur des postes à Redon (Ille-et-Vilaine), le 18 août 1831, puis à la direction comptable des postes à Draguignan (Var) le 25 août 1832, puis à Pont-de-Beauvoisin (Isère) le 11 septembre 1846, à Alençon, le 7 décembre 1846, directeur des postes de 5e classe à Calais (Pas-de-Calais) le 24 novembre 1848, puis directeur comptable du département de Maine-et-Loire le 5 janvier 1850. Il mourut le 15 juillet 1850 à Angers. Sa veuve, Rabuan de l’Echange, Olympe, Marie, Rose, née le 27 germinal an VI à Rennes, de Rabuan de l’Echange, Eusèbe, Marie, Joseph, et de Guilmette Gazon de la Maisonuve, son épouse, qu’il avait épousée le 4 novembre 1832 à Redon n’avait pas droit à une pension, malgré les vingt années de services de son mari. Le 27 février 1851, elle sollicita un secours, rappelant que les nombreux et successifs déplacements de son mari avaient absorbé leurs ressources et notamment la faible dot qu’elle avait reçu de ses parents ; elle précisait avoir, expliquait-elle, « par respect pour la mémoire d’un homme que l’administration estimait à si juste titre et dont le nom m’honorait » accepté la succession mais se trouver « absolument sans ressources » ; d’autant que le cautionnement de son mari ne lui appartenait pas et n’allait pas être restitué à la veuve avant longtemps et qu’enfin, blessé de Juillet et bénéficiant à ce titre d’une pension viagère de six cents francs, cette pension s’éteignait avec lui. Elle reçut quatre cents francs de secours en 1851. En 1852, la préfecture d’Ille-et-Vilaine rapportait sur son compte les renseignements suivants : « […] J’ajouterai que Mme James n’a aucune fortune, qu’elle demeure chez sa mère, veuve d’un ancien vérificateur des poids et mesures et que sa conduite et sa moralité sont irréprochables. » Elle reçut un secours annuel de trois cents francs (dont cent cinquante francs en 1852 in Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’autoriser sur le crédit ouvert au chapitre 6 du budget de 1852, l’ordonnancement d’une somme de 745 francs, pour être répartie, à titre de secours, entre huit victimes de juillet 1830 domiciliés dans divers départements, minutes 230-231, en date du 30 juillet 1852, cent cinquante francs en 1853 in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 263-264). Elle mourut, le 16 juillet 1869 à Rennes (Ille-et-Vilaine), sans héritier direct. Ses frères, Aristide et Gaston Rabuan de l’Echange, demeurant 18, rue des Fossés à Rennes, étant les seuls héritiers, demandèrent le paiement des trimestres échus, ce qui leur fut refusé. Il demeurait 4-6, rue Bertin-Poirée en 1830-1831 ; rue Boisnet à Rennes en 1850 ; à Rennes en 1853. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 287 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 75 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement, définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 (lettre du préfet de la Seine, en date du 1er février 1832, dossier Lataye, Anne, Louise mademoiselle) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33 état des candidats recommandés par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dépendant du ministère des Finances (où il est indiqué comme ayant été nommé directeur des Postes à Parthenay dans les Deux-Sèvres) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, idem blessés admis à la pension, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de treize citoyens et une rectification) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, blessés de la 4e class ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Fleury, D. ; Archives nationales F/15/3788-3789-3790 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’autoriser sur le crédit ouvert au chapitre 6 du budget de 1852, l’ordonnancement d’une somme de 745 francs, pour être répartie, à titre de secours, entre huit victimes de juillet 1830 domiciliés dans divers départements, minutes 230-231, en date du 30 juillet 1852, idem Proposition d’autoriser l’ordonnancement d’une somme de 455 francs pour être répartie, à titre de secours, entre six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 en résidence dans les départements, minutes 263-264, en date du 10 février 1853.