James, François
Biographie
Né le 24 mars 1795 à Vaugirard, devenu Paris. Maître couvreur. Le 9 septembre 1830, Labillois (voir Labillois, Charme, Jean-Baptiste), dans une lettre adressée à Gautier, maire adjoint de Vaugirard, le recommandait « comme l’un des braves qui a le plus contribué aux succès de la journée du 29 juillet et qui déjà s’était battu la veille ». Labillois lui avait délivré, le 9 septembre 1830, le certificat suivant : « Je, soussigné, commandant les volontaires de Vaugirard les 28 et 29 juillet, certifie que le sieur James, maître couvreur à Vaugirard, a fait partie des braves sous mes ordres pour la défense des droits de la patrie ; qu’il a fait preuve du plus grand courage ; qu’il s’est montré avec intrépidité à la caserne de Babylone, à l’Odéon, au Louvre, aux Tuileries et qu’enfin il n’est rentré à Vaugirard que lorsque les feux ont été terminés sur tous les points. » Gautier, maire adjoint de Vaugirard, le recommanda à son tour auprès de la Commission des récompenses nationales, comme quelqu’un « dont la conduite mérite d’être signalé particulièrement ». De nouveau, Labillois, Charme, Jean-Baptiste (voir ce nom), qui avait dirigé la colonne dite de Vaugirard qui s’était dirigé sur Paris pour venir en aide aux Parisiens, donnait son nom quand il adressa à la Commission des récompenses nationales « l’état des habitants des communes de Vaugirard, Issy et Vanves, qui d’après les renseignements que j’ai pris n’ont rien sollicité de la Commission des récompenses. Tous ont fait partie de la colonne dite de Vaugirard sous mes ordres. Tous aussi sont établis et considérés dans leurs communes. A ces motifs, joints à leur conduite dans les mémorables journées m’engagent à mettre leurs noms sous les yeux de la Commission, ainsi que vous avez bien voulu m’y inviter […] ». Labillois ajoutait l’observation suivante : « S’est montré avec courage dans la journée du 29, ne m’a pas quitté d’un instant ; à Babylone, il a combattu avec la plus grande intrépidité et le plus grand sang-froid. Sa conduite est digne d’éloges. Il avait combattu les jours précédents. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il signa, le 4 mai 1831, le certificat suivant en faveur de Grognet, Joseph, François : « Nous, soussignés, habitants de Vaugirard et des communes circonvoisines, qui ont pris part aux trois journées de Juillet, certifions que le sieur Grognet, Joseph, François, menuisier à Vaugirard, grand-rue n° 58 bis, a, le 29 juillet, fait sonner le tocsin avec quatre de ses camarades, que dans la plaine de Grenelle il a empêché le pillage de la voiture du cardinal de Rohan, qu’il s’est trouvé avec nous à la caserne de Babylone, où il a combattu dans les endroits les plus périlleux, notamment sur la terrasse du jardin Figuier en face la caserne, où sur douze hommes il y en eut un de tué derrière lui et plusieurs blessés. Qu’il s’est rendu à Saint-Cloud, où il a contribué à rétablir le bon ordre et à faire respecter les propriétés des citoyens. Certifions en outre qu’il a fait et posé à ses frais une croix de dix pieds de haut sur les dépouilles des victimes de Juillet, déposées au pont de Grenelle et, qu’en toutes circonstances, il s’est montré un bon citoyen, tant pour le maintien de l’ordre que pour la défense de nos droits constitutionnels. » Il signa (bien sous le nom de Jame), le 9 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Brousse, Charles, Gabriel, Dominique, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits par l’intermédiaire de la Commission des Réclamants sise rue Bourg-Labbé : « Nous, soussignés, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que le sieur Brousse, Charles, Gabriel, Dominique, maître maçon, demeurant rue du Montparnasse n° 14, s’est signalé avantageusement pendant la révolution de 1830 et s’est conduit avec beaucoup de courage dans les faits suivants. Le 28, il a rejoint les citoyens qui demandaient leurs armes aux pompiers de la rue du Vieux-Colombier et un des premiers il est entré dans leur caserne. Etant armé d’un fusil, il se rendit au Pont-Neuf, d’où il fit feu sur les grenadiers à cheval de la garde qui se rendaient au Louvre. De là, il alla grossir les braves qui, retranchés derrière les parapets voisins du pont des Arts, faisaient un feu nourri sur les troupes royales rangées devant le Louvre et il demeura constamment en tirailleur jusqu’à la nuit dans ce poste dangereux. Accompagné d’un petit nombre de citoyens en armes, il passa la nuit à la manutention des vivres destinées à la garde royale et s’opposa à tout convoi en leur faveur. Le 29, il fit partie de l’avant-garde commandée par un élève de l’Ecole polytechnique, qui fut tué sous ses yeux à l’attaque de la caserne de Babylone. Il se plaça ensuite en tirailleur sur le terrain de M. Séguin et, à la prise de cette caserne, il y entra un des premiers, sous le feu de l’ennemi. Plus tard, il alla à Rambouillet avec l’armée parisienne. Tout ce qui est relaté ci-dessus étant à notre parfaite connaissance, nous avons délivré le présent au sieur Brousse pour lui servir et valoir ce que de droit. » Il signa, le 21 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Charton, Pierre, Emery, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Pierre, Emery Charton, natif de Demain, canton de Moreuil, arrondissement de Montdidier, département de la Somme, a pris une part active dans les glorieuses journées des 28 et 29 juillet 1830 et qu’il a mérité, par sa conduite patriotique, l’admiration des bons citoyens qui ont été témoins de son courage. » Il signa, le 18 août 1831, le certificat suivant en faveur de Vallée-Hautmesnil, Paul, Adolphe, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, domiciliés tant à Paris qu’en la commune de Vaugirard, certifions que M. Paul, Adolphe, Valéée Hautmesnil, âgé de vingt-quatre ans, horloger, demeurant à Vaugirard, rue de l’Ecole n° 29, a pris une part active aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; qu’il s’est constamment trouvé avec nous sur les lieux où le danger était le plus imminent et qu’il n’a déposé les armes que lorsque le triomphe de nos libertés a été assuré. Nous certifions en outre qu’il nous a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne ferait aucune réclamation auprès du gouvernement parce qu’il ne voulait point d’une récompense pécuniaire ; nous verrions avec le plus grand plaisir le courage et le désintéressement de ce citoyen obtenir la distinction honorifique qu’il a si bien méritée. » Il prêta son serment le 24 mai 1831 et reçut sa croix le 23 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il est sur une liste de décorés parmi lesquels le préfet de la Seine devait choisir quarante-huit décorés, pour composer la délégation de décorés qui devaient assister, le 27 juillet 1831, aux cérémonies commémoratives de la révolution, qui eurent lieu à la Bastille puis au Panthéon. Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet, Il demeurait 58, grand-rue à Vaugirard en 1831 ; 112, grand-rue à Vaugirard en 1849 ; 148, grand-rue à Vaugirard en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VK3 37, Décorés de Juillet pour la députation, liste de quarante-huit citoyens qui ont été désignés par le sort pour les cérémonies du Panthéon et de la Bastille, idem état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 (sous le nom de Jame, François) ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Grognet, Joseph, François ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Labillois, Charme, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 83, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Jame, François) ; Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Brousse, Charles, Gabriel, Dominique ; Archives de la préfecture de police AA 377 in dossier Charton, Pierre, Emery ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vallée-Hautmesnil, Paul, Adolphe.