Jarry, François, Marie
Biographie
Né le 27 décembre 1808 à Paris. Fumiste. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui donne comme indication qu’il fut aussi un combattant de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « Ce ne sont pas des secours que j’ose vous demander. J’aspire à l’honneur d’être nommé chevalier de notre belle république pour laquelle je donnerais ma vie. Pour cela voici mes titres. Allant à mon travail de bonne heure, rue de Sèvres n° 28, je ne pus rien savoir de ce qui se passait que le soir, en rentrant chez moi. Mais le jeudi 24 au matin, je fus dans le quartier du Temple. Je vis renverser des voitures. Alors je me mis à faire des barricades, notamment celles des rues Pastourel et des Gravilliers. En revenant, je rencontrais un camarade de régiment, nommé Lefèvre, qui demeure rue Pecquet. Je lui dis que je n’avais pas de munitions. Un jeune homme qui se trouvait auprès de nous, me donna un paquet de cartouches. Je fus chez moi m’armer ; j’assistai à la reddition de la place Maubert, accompagné du citoyen Vayron (voir Vayron, François, Benjamin) et Drouot, capitaines. Je sauvegardais les municipaux jusqu’à la caserne Mouffetard, déjà au pouvoir des citoyens. N’ayant plus rien à faire dans mon quartier, j’allais au Palais-Royal. En y allant, nous fraternisâmes avec un bataillon du 7e, qui était sur la place du Pont-Saint-Michel. A la prise du poste du quai aux Fleurs, je désarmai un dragon sur le Pont-Neuf. De là, je fus au Palais-Royal, où je fis mon devoir comme un ancien combattant de Juillet et sous-officier au 61e, qui a fait la campagne d’Anvers. Sitôt le dernier coup de feu, j’allais rue de Valois chercher de quoi coller un placard ainsi conçu : “Citoyens, Louis-Philippe nous fait assassiner comme Charles X, qu’il aille rejoindre Charles X ! Vive la république !” Citoyens, je crois pouvoir me flatter d’être le premier qui ait posé une affiche comme celle-là ; on a pu la lire sur une colonne du palais […]. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie et atteste que le nommé François, Marie Jarry, poêlier-fumiste, demeurant rue Galande n° 43, était du nombre de ceux qui ont contribué au désarmement du poste de la place Maubert le 24 février 1848. » Signé : Vayron (voir Vayron, François, Benjamin), capitaine, commandant la 5e compagnie du 1er bataillon de la XIIe légion de la garde nationale, demeurant 51, rue Galande. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu le citoyen François, Marie Jarry, le 24 février, à la prise du poste de la place Maubert et qu’il ne m’a pas quitté jusqu’à la caserne Mouffetard, où nous sommes allés conduire des prisonniers. » Signé, le 30 août 1848 : Prétay, Jean (voir ce nom), « décoré de Juillet », demeurant 1, rue Pascal. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Jarry, François, Marie a coopéré à faire les barricades des rues Pastourel et de Gravilliers et qu’il s’est armé contre le despotisme. » Signé : Charbonnail fils, demeurant 10, rue des Coutures-Saint-Gervais. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que pendant la révolution de Février le citoyen Jarry s’est comporté avec courage dans toutes les affaires qui ont eu lieu dans le quartier, qu’il s’est toujours montré comme un bon citoyen, dévoué à l’ordre et à la république et qu’il mérite à tous égards d’obtenir une récompense pour sa conduite. » Signé : Jobert, commandant le 1er bataillon de la XIIe légion. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu le citoyen Jarry combattre à mes côtés à la prise du poste du château au Palais-National (lire Palais-Royal, N.D.A.) le 24 février et l’avoir vu afficher un placard au cri de Vive la république ! » Signé : Tautin (voir Tautin, Charles, Jean ?), demeurant 11, rue de la Sourdière. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Jarry, François, Marie est venu chez moi le 24 février, en armes, immédiatement après la prise du poste du Château-d’eau, demander de quoi coller un placard ainsi conçu : “Citoyens, Louis-Philippe nous fait assassiner comme Charles X, qu’il aille rejoindre Charles X !, Vive la république !” » Signé, le 20 mars 1848 : Baron, demeurant 5, rue de Valois-Saint-Honoré. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Ce fut sans doute lui qui signa, comme détenu politique, la déclaration suivante faite par Dupuis, Louis, Marie, pour retracer sa participation aux combats de Février : « Le vendredi 25, je me trouvais à l’Hôtel de ville, à l’aide d’une échelle que je plaçai dessous Henri-IV, ayant un fusil en main, le bonnet de la liberté au bout du fusil ; ensuite je proclamais la déchéance du roi parjure aux acclamations du peuple et de suite la république fut par moi proclamée, le bonnet de la liberté fut placé immédiatement au drapeau. L’échelle dont je me servais me fut prêté par le citoyen Marteau, marchand vannier, place de l’Hôtel-de-Ville n° 27. Les citoyens qui m’accompagnaient dans ce fait sont les nommés Salle (voir Salle, Louis, Nicolas, Jules), tambour de la XIe légion ; Emon, ouvrier layetier, 37, rue de Bièvres. » Il était marié en 1848. Il demeurait 43, rue Galande en 1848. Archives nationales F/15/4240 in dossier Dupuis, Louis, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 394.