Jarry, Guillaume
Biographie
Né à Montbard (Côte-d’Or). Ancien sous-officier adjudant de l’Empire, ayant participé à treize campagnes, il retourna dans son pays natal, en 1815, après le licenciement de l’Armée de la Loire. Dénoncé à un régiment de hussards hongrois, comme étant celui qui avait tué le colonel de ce régiment et un maréchal des logis dans un engagement sur les frontières, il ne dut, selon un certificat signé d’un membre du conseil municipal de Montbard et d’une douzaine de « principaux habitants » de cette commune, « son salut qu’au dévouement de quelques amis et à sa grande présence d’esprit ; […] ensuite ayant été condamné à mort pour avoir fait partie des corps francs de la Côte-d’Or, il fut réduit à errer longtemps dans les forêts voisines de Montbard, où il fut poursuivi et exposé à chaque instant au danger d’être arrêté, danger auquel il échappa par son sang-froid et son courage ». Après avoir combattu dans les trois jours, il fut le premier que le commandant Combes demanda pour la formation des Lanciers d’Orléans. Il proposa de se monter et de s’équiper à ses propres frais. Il resta trois mois adjudant dans les Lanciers, puis, expliquait-il, « l’intrigue de certaines personnes à qui on n’a point demandé de certificats des trois journées de Juillet, plus, qui portaient les armes contre nous, fait que j’ai été renvoyé de ce régiment après fait une dépense de plus de cinq cents francs pour mon uniforme ». Pour tenter de faire réparer cette injustice, le colonel Auguste de Chambure, demeurant (16 ? 56 ? 76 ?) rue de Chaillot adressa, en décembre 1830, à la Commission des récompenses nationales, la lettre suivante : « J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint des pièces qui attestent que le brave adjudant sous-officier Jarry a combattu avec courage dans les journées de Juillet, comme dans toutes les affaires où il s’est trouvé devant l’ennemi. Ces pièces ne vous ont pas été adressées plus tôt, ce brave sous-officier ne croyant pas avoir à solliciter pour que justice lui soit rendue. Mais maintenant qu’il se trouve sans emploi par suite des adjudants que l’on a envoyés de la garde royale dans son régiment et qui lui ont été préférés, il s’adresse avec confiance à vous, messieurs, pour que vous le mettiez à même de rendre de nouveaux services à son pays. Veuillez, je vous prie, prendre connaissance de son dossier et il vous sera doux, j’en suis sûr, d’avoir à faire récompenser un brave homme qui, dans tous les temps, a fait sans balancer tous les sacrifices de fortune et de personne pour la cause nationale. Jarry était dans mon corps de partisans en 1815, il s’était monté et équipé à ses frais et ce dévouement lui a mérité quatre ans de persécution. Vous verrez dans son dossier, messieurs, des preuves non équivoques de son patriotisme et de l’estime qu’il a méritée de tous ses chefs. » Parmi les pièces jointes se trouvait l’attestation suivante, signée de Combes (voir ce nom) : « Je soussigné, chef d’escadron aux Lanciers d’Orléans, officier de la Légion d’honneur, ayant rempli les fonctions d’aide-de-camp de monsieur le maréchal Gérard pendant les journées des 28 et 29 juillet, certifie que le nommé Jarry, adjudant sous-officier, s’est battu pendant lesdites mémorables journées avec la bravoure qui le distingue et dont il lui a donné de nombreuses preuves pendant la campagne de Waterloo que ce militaire a faites sous ses ordres. » Et le certificat suivant : « Nous, soussignons, qu’il est à notre connaissance que le sieur Jarry, Guillaume, adjudant de l’ancienne armée, s’est battu dans les journées à jamais mémorables, que le 28 et 29 depuis la porte Saint-Denis jusqu’à la rue de Mont-Blanc, il s’est distingué en brave Parisien. » Ce certificat était signé de Guittard (ou Guillard), premier lieutenant au 4e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, demeurant 73, rue Sainte-Anne ; War… illisible, libraire, sergent des grenadiers du 3e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, demeurant (24 ? 29 ?) rue de la Sourdière ; Postansque, demeurant 101, rue Neuve-des-Petits-Champs. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut nommé, par ordonnance en date du 21 février 1831, sous-lieutenant, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté à l’Ecole de cavalerie de Saumur puis au 3e régiment de cuirassiers. Il sollicita son indemnité de 1re mise d’équipement et reçut trois cents francs auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Jarry demeurait 26, place de Vendôme, chez M. Spiegehalter, en 1830 ; caserné à Lunéville en 1831. Journal militaire officiel, année 1831, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 235, ordonnance du 21 février 1831 ; Annuaire de l’état militaire de France pour l’année 1831, chez Levrault, Paris, 1831, p. 388 (où il apparaît comme sous-lieutenant au 3e régiment ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et dossier sous-lieutenants ; Archives nationales F/1dIII/59.