Jaudier, François
Biographie
Né en décembre 1795 à Paris. Compagnon maçon, travaillant depuis plusieurs années chez Chatenet, entrepreneur de bâtiments 17, rue des Vinaigriers, gagnant trois francs et soixante-quinze centimes par jour, comme étant « bon ouvrier » selon son patron. Il eut l’épaule fracturée par un coup de feu, le 29 juillet alors qu’il combattait dans la rue Saint-Honoré au coin de celle du Rempart à la suite de la prise du Louvre (mais à la caserne de Babylone in Archives nationales F/1dIII/33. Son beau-frère, Marchais, Charles, Henry, qui combattait à ses côtés, le recueillit dans ses bras et le conduisit à l’hôpital de la Charité. Il y mourut des suites de ses blessures le 12 août suivant à l’hôpital de la Charité. Sa veuve reçut un secours de quatre-vingts francs en août et de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 19 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Marchais, Charles, Henry (voir ce nom), carrossier, demeurant 14, rue du Petit-Vaugirard ; Noë, marchand boucher, demeurant 47, rue de Sèvres ; Cottrot, Victor, serrurier en voitures, demeurant 121, rue de Sèvres. Ils attestèrent avoir connu Jandier, François et savoir qu’il avait « été blessé en combattant le 29 juillet, d’un coup de feu et est mort à l’hospice de la Charité des suites de sa blessure ». Il laissait une veuve, Dantonie, Marie, Louise, Antoinette, née le 6 novembre 1791 à Paris, qui reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, puis fut pensionnée (sous le nom de Dantoine sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) de cinq cents francs. La veuve Jaudier, née Dantonce, sollicita, en 1832, l’autorisation du maire du (ancien) Xe arrondissement de vendre pour mille francs sur les quinze cents francs, la rente qu’elle avait obtenue à titre de récompense nationale. L’information suivante fut alors donnée sur son compte : « Les informations que j’ai recueillies sont toutes favorables à Mme Jaudier, qui jouit d’une bonne réputation et qui a pris à sa charge depuis seize ans une orpheline, et lui donne les soins d’une mère. Elle lui a fait apprendre l’état de blanchisseuse en fin. La maîtresse où elle travaille veut vendre son fonds avec sa clientèle. Mme Jaudier se propose de lui acheter pour l’exercer à son profit, connaissant cette partie et en même temps pour conserver l’établissement à sa jeune orpheline. Je vous propose de lui accorder sa demande pour un si bon emploi. » En 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize jeunes filles (une par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), filles de combattants soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotées de trois mille francs pour pouvoir se marier. La sœur de Jaudier fut l’une des candidates présentées par la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Elle se nommait Marie, Elisabeth, née le 8 juillet 1810 à Paris, ouvrière en linge, et devait épouser Bonnaire, Louis, Georges, né vers 1809 à Paris, cultivateur, demeurant à Guitrancourt (Seine-et-Oise) ; les parents de Bonnaire étaient eux-mêmes cultivateurs à Guitrancourt, et le général Heymes, aide-de-camp du roi attestait la moralité du jeune homme et le recommandait. Jaudier, Félix, frère de François et de Marie, Elisabeth, lieutenant en premier à la 3e compagnie des chasseurs du 2e bataillon de la Xe légion, présenta la candidature de sa sœur, en précisant les faits suivants : « Notre père, ouvrier maçon, mourut en juillet 1827, un an après la mort de notre mère ; nous étions alors huit enfants, dont deux encore fort jeunes. Notre frère aîné étant au service, le deuxième de nos frères, François Jaudier, […] se chargea de notre sœur, Marie, Elisabeth, et moi d’un jeune frère. Aux journées de Juillet 1830, François Jaudier (sans passion politique mais pour la défense des lois) prit les armes et fut blessé à mort, en combattant le 29 juillet rue Saint-Honoré au coin de celle du Rempart à la suite de la prise du Louvre. Il mourut des suites de sa blessure le 12 août suivant à l’hôpital de la Charité. Ma sœur, déjà orpheline, se trouvant privée de celui qui avait remplacé notre père, demeura avec moi depuis cette époque. J’ose vous dire que notre conduite à tous nous a mérité l’estime de ceux qui nous connaissent. Notre frère aîné, dont j’ai parlé plus haut, est entré au service le 1er mars 1812, est maintenant chevalier de la Légion d’honneur et lieutenant en premier dans un régiment du génie en garnison à Metz […]. » La mairie notait la candidature de Jaudier Marie, Elisabeth, de l’observation suivante : « Cette candidature est tout à fait en première ligne et hors pair. » Cette candidature fut celle finalement retenue. Le nom de Jaudier est sur une liste de personnes (trois décorés furent choisis, en plus de trois orphelins ou sans doute veuves, pour chacun des quatorze arrondissements) choisis pour participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. Jaudier demeurait 79, rue de Sèvres ; sa veuve, 14, rue du Petit-Vaugirard en 1831 ; sa sœur Marie, Elisabeth, 16, rue Traverse près de la rue de Sèvres, avec son frère en 1835-1840. Le nom de Jaudier (F. Jaudier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 29 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 36 ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1835, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, citoyens douteux (quant aux circonstances de la mort dans les combats et qui lui mériteraient son inscription sur les listes du Panthéon, N.D.A) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossiers individuels ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/59 (sous le nom de Jandier, François) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves (sous le nom de veuve Jaudier, née Dantoine, Marie-Louise, Antoinette) ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/94 in dossier Marchais, Charles, Henry ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.