Jauffret, Fortuné, Honoré
Biographie
Né vers 1800 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin d’obtenir la décoration : « A l’honneur de vous exposer qu’animé du même esprit qu’ont manifesté les braves Parisiens pour le triomphe de la liberté, il s’est rangé sous l’honorable drapeau tricolore et a combattu dans leurs rangs pendant les trois journées mémorables du mois de juillet dernier.
»Parmi les nombreuses positions qui ont été occupées par les libéraux, il croit devoir citer plus particulièrement celles où il se trouvait présent. D’abord sur le port au charbon où il soutint pendant deux heures le feu dirigé par les Suisses, action dont il pourrait citer tous les détails dans le cas où l’on exigerait de lui cette justification.
»Privé de munitions, il se rendit rue de l’Arbre-Sec, en retrouva et s’avança des premiers vers la rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; qu’il arriva également des premiers jusqu’à la rue Jean-Tison, au moment où le faubourien surnommé Cambronne était porteur d’un drapeau attaché au bout d’une perche ; qu’étant à ce poste, il essuya ainsi que ses co-combattants le feu de l’ennemi et vit tomber deux citoyens à ses côtés.
»Passant de là rue Saint-Germain-l’Auxerrois, il entra dans une porte ordinaire, dirigea son feu et le continua sur les portes du Louvre ; qu’il était accompagné d’un jeune homme qui se dit être commis rue des Bourdonnais et partagea avec lui les munitions dont il était pourvu. Il peut encore citer la présence d’un faubourien porteur d’un fusil crevé ; un autre fait, et qui peut être attesté par différents combattants, c’est la démarche qu’il fit pour faire avancer les libéraux qui, sans savoir, tiraient sur les derrières des leurs.
»Il doit encore ajouter à tous ces faits et à beaucoup d’autres auxquels il était présent sa participation à la prise du Louvre, par les différentes colonnes commandées par l’Ecole polytechnique. […] » Sa demande était apostillée par Janot, bombeur de verre, demeurant 65, rue Montorgueil, grenadier à la 1re compagnie du 4e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale, qui attestait les faits comme « s’étant passés sous ses yeux » ; Louvet, limonadier, demeurant 11, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Honoré, voltigeur à la 1re compagnie du 1er bataillon de la IVe légion de la garde nationale, qui attestait les faits ; Wiskeman, Joseph, demeurant 14, rue des Vieilles-Etuves, et Malmanche, demeurant 289, rue Saint-Honoré, qui certifiaient l’avoir vu « dans la journée du 29 juillet depuis 9 heures du matin jusqu’à ladite prise du Louvre et qui s’est défendu avec toute la bravoure d’un brave citoyen ». Jauffret demeurait 6, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830. Archives de Paris VD6 281 n° 1.