Jeramec, Raphaël
Biographie
Né vers 1803. Professeur de dessin et de peinture. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il retira les pièces qu’il avait déposées à la Commission, le 31 mars 1831. Seuls restent les indications inscrites sur son dossier : il s’illustra au Palais-Royal, rue de Richelieu et à Chaillot ; ses titres à l’appui précisaient « sa belle conduite pendant les trois journées de Juillet, les secours et soins qu’il a donnés aux blessés » ; sa demande concernait la médaille de Juillet et il ajoutait qu’il avait « donné pendant cinq ans des leçons de dessin gratuites à deux orphelines des trois journées, désignées par la Commission ». Dans une lettre qu’il adressa à la Commission des récompenses nationales, pour faire valoir ses propres droits à une récompense nationale, Denis, Lucien, Paul, Marie, le commissaire de police de Chaillot, rapportait à son sujet les faits suivants : « Les propriétaires et les marchands déposèrent les armes après le combat, ne voulant pas rester confondus avec les ouvriers, qui se réunirent autour de Destains qui faisait sentir un commandement qui n’avait pas pour eux une compensation convenable dans les barriques de vin qu’il faisait distribuer aux derniers. On sentit le besoin de les remplacer par la garde nationale et je m’entendis avec M. Raphaël Jéramec, artiste, demeurant quai de Billy n° 18, qui ce même jour 31 alla à la mairie solliciter l’ordre écrit de régulariser les opérations premières de la garde nationale. » Duban, Adrien, Louis, Sixte, dans le récit qu’il faisait de sa propre conduite pendant les journées de Juillet, nous laisse aussi des indications sur la conduite de Jéramec ; ce récit était ainsi rédigé : « Lors de nos mémorables journées, je me rendais au poste de Chaillot, pour y monter la garde quand je rencontrai M. Destains, propriétaire, que je n’avais pas l’avantage de connaître mais qui cependant m’invita à m’adjoindre à lui pour le seconder dans ses pénibles et fatigantes occupations. J’obtempérai d’autant plus volontiers à ses désirs que j’avais été à même d’admirer le dévouement qui a porté ce jeune homme à se mettre à la tête de la population armée ; dès ce moment, je ne le quittai plus et lui offris tous mes secours, faisant auprès de lui les fonctions de secrétaire, prenant ses ordres pour l’approvisionnement des subsistances, allant avec lui visiter les postes de nuit, etc. Au moment où je crus entrevoir que mes services ne lui étaient plus utiles, je revins chez moi et je m’occupai, de mon propre mouvement, d’un recensement pour arriver à l’établissement d’un contrôle de garde nationale à Chaillot. Je travaillais à ce recensement quand je fus accosté par M. Jéramec, Raphaël, qui m’exhiba une nomination qu’il s’était procuré à la mairie et d’après laquelle il était investi des fonctions de sergent-major provisoire. Je n’en continuai pas moins les travaux que j’avais entrepris et malgré la nomination de M. Jéramec, Raphaël, je puis avancer sans vanité que je fus plutôt aidé par lui que je ne l’aidai moi-même puisque tout le travail relatif à la garde nationale était fait et concentré chez moi. Ces faits, Messieurs, sont de la plus exacte vérité et ce qui, seul, pourrait servir à le prouver c’est que n’habitant Chaillot que depuis trois mois j’ai été honoré des suffrages de mes compatriotes, auxquels je dois de remplir les fonctions de sergent-major dans la compagnie de voltigeurs du 4e bataillon de la Ire légion. […] » Il demeurait 18, quai de Billy en 1830. Archives de Paris VD6 92, et in dossier Denis, Lucien, Paul, Marie ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Duban, Adrien. Il y a un Jeramec, Raphaël, caissier de l’administration des pompes funèbres en 1836, qui souscrira à une édition d’une nouvelle traduction de la Bible, avec l’hébreu en regard, parue en 1836 chez Cahen, 78, rue Vieille-du-Temple. Dans Les Juifs de Paris (1808-1840), la marche vers l’assimilation, parue aux Presses de l’université Laval, il y a un Jeramec, Raphaël ; et un électeur, secrétaire du consistoire de Paris en 1844 in Genami, l’association de la généalogie juive. Il serait enterré au cimetière de Montmartre, 3e division, dans la parcelle israélite selon Le Cimetière de Montmartre de Viey?