Jobert de Lamballe, Antoine, Joseph

Biographie


Né le 17 décembre 1799 à Matignon (Côtes-du-Nord). Médecin, reçu le 16 février 1828 à la faculté de Paris. Chirurgien à l’hôpital Saint-Louis en 1830, professeur agrégé à l’Ecole de médecine. Il pratiqua plusieurs opérations sur des blessés de Juillet, par exemple l’amputation du bras de Drouard, Jean-Baptiste. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait l’ajournement de toute décision à son égard (sans doute parce quil était médecin et navait pas participé aux combats… ?). Dans sa séance du 14 avril 1831, le même comité des renseignements levait la mesure d’ajournement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le simple nom de Jobert, Antoine, Joseph sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Le 11 avril 1831, la Commission des récompenses nationales demandait au ministre de l’Intérieur en faveur de Dupuytren (voir ce nom), professeur à l’Ecole de médecine et officier de la Légion d’honneur, Boyer, professeur à l’Ecole de médecine et chevalier de la Légion d’honneur, Marjolain, professeur à l’Ecole de médecine et chevalier de la Légion d’honneur, Roux, professeur à l’Ecole de médecine et chevalier de la Légion d’honneur, Larrey, chirurgien en chef des armées, commandeur de la Légion d’honneur et décoré sur le champ de bataille d’Eylau, Jobert de Lamballe, professeur à l’Ecole de médecine, en récompense de « l’empressement avec lequel ces messieurs ont consenti à former un jury médical chargé de l’appréciation de la gravité des blessures reçues en juillet et couvrir ainsi de leurs noms bien connus la responsabilité de la Commission dans la répartition délicate des pensions à accorder en vertu de la loi du 13 décembre. Ce jury, qui s’est régulièrement assemblé trois fois par semaine depuis le mois de décembre, a, depuis cette époque consacré à chaque séance trois heures d’un temps précieux, et n’a pas encore terminé ses travaux, par suite du grand nombre de blessés soumis à ses décisions » un grade supérieur dans l’ordre de la Légion d’honneur pour ceux qui jouissaient déjà de cette décoration et la décoration pour celui qui ne l’avait pas encore obtenue. Il signa, le 6 mai 1831, le certificat suivant en faveur de Bonneville, Brutus : « Je, soussigné, chirurgien dudit hôpital, agrégé de la faculté de Paris, chevalier de la Légion d’honneur, etc., certifie que M. Brutus Bonneville a fait le service à l’hôpital Saint-Louis, en qualité d’élève interne et que pendant les journées de Juillet j’ai été témoin de son zèle et de son dévouement. » Il signa, le 15 juillet 1842, le certificat suivant en faveur d’Arnal, Jean-Louis : « Je, soussigné, chirurgien consultant du roi, chirurgien de l’hôpital Saint-Louis, membre de l’Académie royale de médecine, etc., déclare qu’ayant été désigné en 1830 pour diriger la maison de convalescence de Saint-Cloud pour les blessés de Juillet, j’ai trouvé dans la personne de M. Arnal, chargé dans la même maison du service de santé en qualité d’interne, un aide aussi habile que plein de zèle et de dévouement. J’atteste en outre que le docteur Arnal a passé là quatre mois consécutifs, sacrifiant ses propres intérêts aux pénibles devoirs de sa nouvelle tâche, se prodiguant la nuit et le jour au soulagement des blessés confiés à ses soins et que les services importants qu’il a rendus, dans cette circonstance, à la chose publique sont d’autant plus méritants qu’ils ont été complétement désintéressés. » En juin 1848, il était chirurgien en chef de l’hôpital Saint-Louis, selon le récit que fit Parent-Aubert, Philippe, Joseph (voir ce nom), en août 1848, pour justifier sa conduite, suite à son arrestation après les émeutes de juin, le passage le concernant étant ainsi rédigé : « […] [Le 25 juin] De là, il fut à l’hôpital Saint-Louis prier M. le docteur Jobert de Lamballe, chirurgien en chef de cet hôpital d’envoyer chercher huit blessés dans la maison de M. Antony-Béraud […]. » Après les journées de juin 1848, Trembley (ou Tremblay, El.), directeur de l’ambulance de la Chaussée-d’Antin, demanda pour lui un avancement dans les grades de l’ordre de la Légion d’honneur. Sa demande, qui comporte quelques indications biographiques, était ainsi rédigée : « Les nombreux travaux du docteur Jobert de Lamballe sont si connus qu’il peut paraître superflu de les rappeler ici. Chirurgien de l’hôpital Saint-Louis, agrégé à la faculté, membre de la Société anatomique, il a été élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur dès l’année 1833. Il a fait paraître successivement plus de dix ouvrages importants. Sa réputation européenne le place au premier rang des opérateurs. Il a inventé plusieurs procédés opératoires et en a modifié un grand nombre. Dans toutes les occasions cet habile praticien a donné des preuves du plus grand dévouement. Pendant les déplorables journées de juin, l’hôpital Saint-Louis, placé au centre des quartiers insurgés, fut encombré de blessés. Il resta cinq jours et cinq nuits à son poste, sans prendre presque de repos. Voici quelques mots extraits d’un article du Siècle à la date du 28 juin : “Nous avons visité, aujourd’hui, l’hôpital Saint-Louis, où il y a plus de cinq cents blessés. Nous avons escorté dans toutes les salles le chirurgien en chef Jobert de Lamballe, qui depuis quatre jours n’a pas quitté son hôpital et qui a pansé lui-même et soigné la plus grande partie des blessés. Tous ses aides sont sur les dents et tombent de fatigue. Comme un vrai général, le chirurgien en chef est partout, il prodigue ses soins à tous sans distinction.” Des articles semblables ont paru dans plusieurs journaux, qui viennent de reproduire encore un article de l’Union médicale du 24 août dernier, signé Jean Raimond, dans lequel il est dit : “Je ne veux par terminer sans au moins une bonne nouvelle, un acte de justice : sur le rapport de M. Thierry, directeur des hôpitaux, M. Jobert de Lamballe serait élevé au grade de commandeur dans l’ordre de la Légion d’honneur.” Au milieu de ses occupations, M. Jobert de Lamballe, qui demeure en face de notre ambulance, rentrait chez lui, un matin, au moment où l’on nous apportait un jeune garde mobile, qui venait d’avoir la jambe fracassée accidentellement par un coup de feu. Il vint à l’instant s’offrir comme aide à nos docteurs et conjointement avec le docteur Cbarruan ils décidèrent que l’amputation était urgente. M. Jobert la pratiqua et les suites ont prouvé que leur prompte décision avait sauvé la vie du blessé. A dater de ce moment, le docteur Jobert est venu voir et panser chaque jour son malade et a fait plusieurs autres opérations dans notre ambulance. Puisse-t-il recevoir enfin une bien juste et déjà tardive récompense de ses travaux et de son dévouement à son pays et à l’humanité. » Le rapport de Thierry, directeur des hôpitaux, était ainsi rédigé, en date du 1er août 1848 et adressé au préfet de la Seine : « Je manquerais à mon mandat si je n’appelais l’attention du gouvernement sur plusieurs chirurgiens qui déjà par leurs travaux et leurs découvertes ont rendu de grands services à la science et qui ont rempli leurs fonctions, souvent périlleuses, avec un dévouement qui mérite d’être honoré. M. Jobert de Lamballe, chirurgien de l’hôpital Saint-Louis, s’est rendu à son poste en traversant l’insurrection au péril de sa vie. Il y est resté seul les deux premiers jours. Il y a couché plusieurs nuits et a fait face à toutes les urgences du service, avec un dévouement qui lui donne droit à une récompense. Il est officier de la Légion d’honnneur, je sollicite pour lui le grade de commandeur. » En octobre 1848, le ministre de l’Intérieur, regrettant que le grade élevé qu’il occupait dans l’ordre de la Légion d’honneur ne lui eût pas permis d’être promu davantage, lui transmit cependant, au nom du gouvernement, les sentiments de reconnaissance que sa conduite avait inspiré. Jobert de Lamballe demeurait 11, bd du Temple en 1831. Le Temps, 19 août 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusquau 31 mai 1833 (sous le nom de Jobert de Lamballe, Antoine, Joseph) ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831, séance du 14 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier récompenses de juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Drouard, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Fechoz, Pierre, François (pour lequel il signe un certificat médical qui expliquait les conditions de sa blessure et de son décès) ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Parent-Aubert, Philippe, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thérillon, Joseph (pour lequel il signe un certificat médical qui expliquait les conditions de sa blessure et de son décès) ; Archives nationales F 1dIV/J/2 Récompenses honorifiques Légion d’honneur ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Bonneville, Brutus ; Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Robert, Jacques, François (qui le cite comme une des personnes qu’on peut interroger sur sa conduite à l’hôpital Saint-Louis après l’émeute des 5 et 6 juin 1832, quand il aida à faire évader des insurgés blessés que la police voulait arrêter).

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